Culture, Géographie, Histoire

Je reviendrai à Montréal… (2024)

… « dans un grand Boeing bleu de mer… » (Robert Charlebois)

Une première en 47 ans de bourlingue autour du globe… Familiers du grand voisin du sud, nous nous étions gardé jusqu’alors de franchir cette frontière. Et pourtant bien des choses nous rapprocherait de ce ‘nouveau monde’ et particulièrement de sa province francophone. En fait, on se sent sans doute proche de par les liens qui unissent le Québec et nos terres de Normandie, Bretagne, pays de Loire, mais pourtant on en est résolument distant de par la culture, l’environnement, les attitudes et presque par la langue bien souvent hermétique à nos oreilles…

Si la découverte du Québec est généralement attribuée à Jacques Cartier en 1534 (né vers 1491 à Saint-Malo, mort le 1er septembre 1557 dans la même cité), il est hautement probable que nombre de pêcheurs, moines et autres navigateurs aient fréquenté les côtes de Terre Neuve avant lui. En quête d’une Asie regorgeant de richesses, c’est dans un Saint Laurent austère et mystérieux que Cartier pénètre en 1534 lors de sa première traversée.

Au cours du deuxième voyage (1535/36), il baptise une petite baie du nom du saint du jour, Saint Laurent, puis remonte le fleuve. Il s’installe temporairement au havre Sainte Croix, près d’un village indien dénommé Stadaconé, à proximité de l’endroit qui deviendra Québec. Poursuivant sa navigation fluviale, il nomme la montagne au pied de laquelle se trouve un autre village indigène, Mont Royal. Celle-ci domine aujourd’hui la ville de Montréal. François 1er, qui développe des velléités de s’installer plus solidement sur ce nouveau continent dans une concurrence acharnée avec d’autres royaumes européens, décide d’une troisième expédition en 1541. A partir de 1542, il passe le relais de la colonisation à Jean François de la Roque de Roberval, missionné par le roi de France. Son exploration des berges du St Laurent et du lac Saint Jean ne seront guère profitables et c’est la déception de n’avoir trouvé ni or, ni diamant qui l’emporte.

A partir des années 1580, ce sont les pêcheurs, les marchands, les trappeurs qui vont réellement investir ce nouveau territoire. Samuel de Champlain, navigateur et explorateur, (né vers 1567 à Brouage, mort le 25 décembre 1635 à Québec) remonte le St Laurent jusqu’à Trois-Rivières. Au cours de plusieurs expéditions successives, il débarque de nouveau en 1608 au pied du cap Diamant et fonde la ville de Québec. L’expérience a failli tourner court, car la colonie française est très vite décimée par le scorbut et la dysenterie. Les survivants se comptent sur les doits des 2 mains…

Champlain va alors guerroyer alors avec les Iroquois devenus alliés des Anglais, et aidé par les Algonquins et les Hurons amis de la France. Il sera blessé par une flèche lors d’une bataille sur la rivière Richelieu en 1610. Il rentre en France, se marie avec une jeune fille mineure de 12 ans, à laquelle il dédiera en son honneur une des îles du fleuve qu’il nomme Sainte Hélène. En 1614, il fonde la Compagnie des marchands de Rouen et de St Malo et la Compagnie de Champlain. Il remonte ensuite jusqu’au lac Ontario dans le pays des Outaouais (Ottawa).

Les escarmouches se poursuivent avec les Anglais à partir de 1628 et jusqu’à son décès en 1635. Si la Nouvelle France existe bien à sa mort, elle est alors une colonie fragile. En 1636, un nouveau gouverneur, Charles Jacques Huault de Montmagny (1583-1653), succède à Champlain, bat les Iroquois et leur concède la pais de Trois-Rivières en 1645. La Nouvelle France s’étend vers le nord et l’ouest. En 1642, Paul Chomedey de Maisonneuve (1612-1676) plante une croix au sommet du Mont Royal, fonde Ville-Marie. Les guerres avec les Iroquois reprennent de plus belle, ces derniers massacrant nombre de missionnaires jésuites. En 1651, Maisonneuve revient de France avec des renforts. La guerre avec les Indiens se poursuit. Né à Ormeaux, en France, Dollard arrive en Nouvelle France à la fin des années 1650 (vraisemblablement en 1658), et se fait offrir le commandement d’un petit fort près de Ville-Marie. Dollard des Ormeaux organise alors un groupe de jeunes hommes pour aller affronter les Iroquois ; sauvée par le sacrifice héroïque de Dollard et de ses amis, la Nouvelle France survit aux attaques des Iroquois. Louis XIV tente de poser les bases d’un établissement durable qui passe d’une colonie-comptoir à une colonie de peuplement. C’est vers les années 1750 qu’elle atteignit son apogée territorial. Elle regroupe alors cinq colonies possédant chacune sa propre administration régionale.

Louis XIV met en place une structure administrative similaire à celle instaurée dans les autres provinces et colonies du royaume. La Nouvelle-France passe sous l’autorité du Contrôleur général des Finances puis du Ministère de la Marine. La direction de la colonie est confiée à un Gouverneur responsable des questions militaires et des affaires extérieures. Un Intendant (Jean Talon – Gilles Hocquart) est responsable de la justice, de la police et des finances, en somme de tous les aspects civils de l’administration coloniale. Un Conseil souverain — devenu Conseil supérieur en 1717 — agit comme tribunal d’appel et enregistre les édits du roi.

La France estime cependant que la Nouvelle-France coûte cher et rapporte peu. La guerre de Sept Ans (1756-1763) met face à face la Grande-Bretagne, devenue une puissance maritime agressive, et une France acculée à la défensive. Le 13 septembre 1759, les troupes du général James Wolfe infligent une défaite à celles du Marquis de Montcalm sur les hauteurs d’Abraham, près de Québec. L’année suivante, Montréal tombe à son tour. Par le Traité de Paris (1763) la France cède sa colonie à l’Angleterre.


QUEBEC Cité est la ville fortifiée la mieux conservée au nord du continent américain. Jouxtant les fortifications, le quartier de Vieux Québec concentre l’activité commerciale très tournée vers le tourisme. La rue du Petit Champlain est en une expression vivante sur tous les plans : hôtelleries, restaurants, boutiques…Le quartier surplombe le port et ses activités nautiques et industrielles.

Toujours dans ce quartier, la place Royale et ses vielles façades de pierre blanche, un peu plus loin par la côte de la montagne, on arrive à la basilique-cathédrale Notre Dame de Québec. En surplomb, derrière les Postes, trône l’imposant Château (hôtel) Frontenac, le cliché le plus célèbre de la ville.

Construit par le Canadien Pacifique à partir de 1892, selon les plans de l’architecte new yorkais Bruce Price, le Château Frontenac est un bel exemple des hôtels de style château développés par les compagnies ferroviaires au Canada. Cet hôtel de prestige est nommé en l’honneur de Louis de Buade, comte de Frontenac. Ce dernier a été gouverneur de la colonie de la Nouvelle-France de 1672 à 1682, puis de nouveau de 1689 à 1698. Situé sur le cap Diamant, il surplombe le fleuve Saint-Laurent et la citadelle qui longe les célèbres plaines d’Abraham, lieu historique où le combat pour la conquête de Québec a eu lieu en 1759 pendant les sept années de guerre entre la Grande-Bretagne et la France.

Haut lieu historique, lors de la première Conférence de Québec tenue en août 1943 puis, lors de la seconde en septembre 1944, presque tous les membres des délégations alliées ont été logés au Château Frontenac. C’est en ses murs que Mackenzie King y rencontre le premier ministre britannique Winston Churchill et le président américain Franklin D. Roosevelt afin d’y préparer la capitulation de l’Italie. Ils se rencontreront à nouveau en 1944 afin de préparer la fin de la guerre.

Poursuivant le long du fleuve vers le nord-est, on découvre que les chutes du Niagara n’ont presque rien d’exceptionnel et que celles de Montmorency ont plutôt fière allure. C’est au cœur d’une zone urbanisée que la rivière éponyme se jette du haut de ses 83 mètres dans le St Laurent.

Afin de jouir d’une vue panoramique sur le Vieux Québec, la traversée du St Laurent s’impose jusqu’au village de Lévis. En visitant la maison Alphonse Desjardins, on se plonge dans la vie d’un personnage philanthrope , qui voulu aider ses contemporains.

Alphonse Desjardins, fondateur des caisses populaires, est né le 5 novembre 1854 à Lévis. Au cours de sa vie, il a été militaire, journaliste, éditeur des débats parlementaires du Québec, propriétaire de journal et sténographe français au Parlement canadien à Ottawa. S’appuyant sur ses expériences personnelles en matière d’association et de développement local à Lévis, il se met en quête d’une solution financière aux difficultés socio-économiques qu’affrontent ses compatriotes. En se faisant le promoteur de l’idée de la coopération, il cherche à enrayer l’usure, à améliorer la condition des classes populaires et à contribuer au relèvement économique des Canadiens français. Après de longues recherches, il fonde la première caisse populaire à Lévis, le 6 décembre 1900. À sa mort, survenue le 31 octobre 1920, il aura participé personnellement à la fondation de 163 caisses populaires, dont 136 au Québec, 18 en Ontario et au moins 9 aux États-Unis, sans compter quelques ‘credit unions’.

Un exemple de démocratie, le parlement du Québec se visite avec une facilité déconcertante. Guidée ou libre, la visite s’organise sur une simple réservation sur son site en ligne.

L‘édifice qui abrite l’Assemblée nationale se situe entre le bld R. Levesque et la Grande Allée, et se nomme l’« hôtel du Parlement ». Les archives de l’Assemblée nationale contiennent environ 2 kilomètres linéaires de documents textuels, iconographiques, sonores et visuels qui témoignent de façon éloquente des activités de l’institution depuis 1867. On y trouve des documents concernant les travaux parlementaires, la gestion de l’institution, les cérémonies protocolaires et les relations interparlementaires avec différents parlements. Il a été construit d’après les plans d’Eugène-Étienne Taché, architecte arpenteur québecquois entre 1877 et 1886.

Enfin une visite à Québec ne saurait être exhaustive sans se frotter à la gastronomie locale ; rue St Jean ou rue St Louis, on trouvera de quoi se sustenter généreusement et goûter aux spécialités du cru : tourtière, poutine, pâté chinois, cassoulard, guédille de matane et pour clore les débats, un pudding du chômeur.

Une simple adresse, La Buche une cabane à sucre au 49 de la rue Saint Louis.

TROIS RIVIERES : En amont du fleuve, on trouve la petite ville, un peu somnolente, de Trois-Rivières a mi-chemin entre Québec et Montréal. Fondée en 1634, elle est la deuxième plus ancienne ville du Québec et compte aujourd’hui environ 140 000 habitants. La ville occupe un emplacement connu des Français depuis 1535, lorsque Jacques Cartier, dans un voyage le long du Saint-Laurent, s’y arrête pour planter une croix sur l’île Saint-Quentin. Cependant, le nom « Trois-Rivières » n’est employé pour la première fois qu’en 1599, année durant laquelle François Gravé s’y rend, comme le relate Samuel de Champlain dans ses ‘Voyages’, lequel confirmera ce nom en 1603 dans sa brochure intitulée ‘Des Sauvages’.

Buste de Laviolette, considéré comme le fondateur de la ville.

Un terrible incendie ravage Trois-Rivières en 1908 détruit la majeure partie de la vieille ville, n’épargnant qu’une dizaine de bâtiments datant du Régime français. Le monastère des Ursulines (photo ci-dessous) et le manoir de Tonnancour sont heureusement épargnés. Cela entraînera un réaménagement de la ville, dont l’élargissement et le redressement des rues. La reconstruction du centre de la ville coïncide avec les débuts de l’utilisation d’une nouvelle ligne électrique de haute tension qui a favorisé l’avènement et le développement de nouvelles entreprises, dont celle du textile qui encourage la venue de nouveaux paysans.

MONTREAL, qui tire son nom de Mont Royal, un leg de J Cartier, est la deuxième ville du Canada. Afin d’embrasser la vue panoramique de cette vaste cité d’un coup d’œil circulaire, il convient sans doute de commencer sa visite par le sommet du susdit mont.

« Je me sens chez moi quand je suis à Montréal, d’une façon que je ne ressens nulle part ailleurs. Je ne sais pas de quoi il s’agit, mais c’est un sentiment qui est de plus en plus fort avec les années. » À l’instar des Montréalais, Leonard Cohen adorait les bagels, et il avait ses habitudes à St-Viateur Bagel (263 rue Saint-Viateur), la boulangerie ouverte en 1957 par Myer Lewkowicz, un survivant du camp de concentration allemand de Buchenwald. Cohen était ami avec le propriétaire actuel, Joe Morena, qui a commencé à travailler pour Lewkowicz en 1962, à l’âge de 14 ans.  Lors de ses études à l’Université McGill. Cohen aimait aller prendre un verre dans les établissements de la rue Bishop, au centre-ville, et de la rue Crescent, là où se trouve aujourd’hui le pub Sir Winston Churchill. En face de ce dernier, au 1420 rue Crescent, se trouve la gigantesque murale Tower of Songs, du portraitiste américain El Mac et du Montréalais Gene Pendon, qui lui est consacrée. Le mural de neuf étages à l’effigie de Cohen réalisée par Kevin Ledo se trouve, sur le côté de l’édifice Cooper, au 3981 boulevard Saint-Laurent.  

Que voir à Montréal ? Du belvédère Kondiaronk au sommet du mont Royal, le chemin est tout droit vers le renommé musée des Beaux Arts de Montréal, 1830 rue Sheerbrooke Ouest. Un peu plus loin, vers le centre ville, le musée d’art contemporain (MAC) est un complément du précédent. Sur le parcours, on rejoint la rue Ste Catherine, haut lieu du shopping local. Un peu plus loin, on se dirige vers la place d’Armes, dominée par la basilique Notre Dame. Le quartier historique du Vieux Montréal ouvre alors ses rues pavées bordées de cafés et de restaurants. On aboutit alors à la place Jacques Cartier, au château Ramezay (construit en 1705 et successivement demeure, quartier général, cour de justice, établissement d’éducation et finalement musée), à l’hôtel de ville (rendu célèbre par un certain Gal de Gaulle, qui prononçât un discours historique à son balcon).

Montréal est doté d’un vaste réseau piétonnier souterrain qui compte, pour être exact, 32 km de passages reliés. Pendant les mois d’hiver, environ 500 000 personnes y circulent chaque jour pour accéder à des bureaux, à des gares, à des boutiques et à des restaurants. Nommé ‘Réso’, ce système relie le centre de congrès de la ville, 10 grands hôtels et plusieurs centres commerciaux.

Dans le quartier du plateau, on va faire ses emplettes au marché Jean Talon, ou l’on va se restaurer en dinant à la Binerie (4167, rue St Denis) : soupe aux pois maison, ragoût de boulettes, tourtières, fèves au lard, purée de pommes de terre, légumes cuit vapeur, pouding chômeur ou blanc-mangé… Les rues avoisinantes fourmillent d’autres bonnes adresses, avenue du Mont Royal, avenue Duluth, rue St Denis, rue Rachel, etc…

La curiosité du quartier réside, un peu plus au sud, dans l’architecture et les couleurs des maisons du square Saint Louis et des rues avoisinantes.

Le quartier Hochelaga-Maisonneuve, situé dans l’est de Montréal, compte plusieurs attractions impressionnantes d’une autre nature — et toutes à distance de marche les unes des autres. Tout d’abord, le stade olympique est un rappel grandiose des jeux d’été de 1976, et sans doute la structure architecturale la plus reconnaissable dans toute la ville. Le jardin botanique de Montréal de renommée internationale, et enfin, le biodôme où se succèdent cinq écosystèmes abritant plus de 250 espèces différentes d’animaux .


Fondée en 1826 sous le nom de Bytown et incorporée sous le nom d’OTTAWA en 1855, la ville est choisie comme capitale de la province du Canada en 1857 par la reine Victoria, dans le but de résoudre un conflit opposant Montréal, Toronto, Québec & Kingston, toutes souhaitant alors devenir capitale de la colonie. Ottawa (état de l’Ontario) fut alors désignée capitale en raison de sa situation géographique, sur la frontière entre le Haut et le Bas-Canada (afin de ne favoriser ni les anglophones, ni les francophones) et de la distance qui la séparait de la frontière avec les États-Unis, la protégeant d’une éventuelle attaque américaine. De fait, Ottawa est bâtie sur la ligne de jonction linguistique étant mitoyenne de GATINEAU, ville québécoise et on y parle donc couramment les 2 langues.

Ville capitale, tranquille et provinciale, Ottawa compte néanmoins des bâtiments à l’architecture néogothique remarquable avec les locaux de l’administration gouvernementale, la chambre des communes, le parlement, le sénat.

Le ‘must’ d’une visite à Ottawa réside sans doute dans la visite de ses 2 deux musées qui se font face de part et d’autre de la rivière des Outaouais : le musée des Beaux Arts côté Ontario, le musée de l’histoire du Canada côté Québec (Gatineau).

En haut, le musée des Beaux Arts – En bas, le musée d’histoire du Canada.

A proximité directe de la capitale, se trouve le domaine Mackenzie-King, un endroit en pleine nature. Ce domaine est un legs inestimable de l’ancien premier ministre William Lyon Mackenzie King, à qui il a appartenu pendant près de 50 ans et qui nous replonge au début du 20° siècle. De magnifiques jardins anglais et français, des ruines historiques, des sentiers et des bâtiments d’habitation transformés en musée complètent une journée de visite dans le parc de la Gatineau.

D‘Ottawa à Toronto (env. 400 km), on peut profiter de la route 401 pour longer le lac Ontario, passer par la ville historique de KINGSTON et parcourir les routes de campagne du Comté du Prince Edouard. À cause de son emplacement stratégique, Kingston fut un lieu militaire d’importance. On y trouve notamment le Fort Henry, site patrimonial national.

TORONTO, capitale de l’Ontario, est aussi la plus grande ville canadienne. La cité aux allures américaines dotée de hauts buildings, de la tour CN (553,33 m construite par la Sté des Chemins de fer Canadien National), des sièges des plus importantes banques du pays et des grandes compagnies industrielles et financières, est aussi un pôle culturel mondialement reconnu avec un festival du cinéma renommé.

Le mot Toronto signifie « l’endroit où les racines des arbres trempent dans l’eau » dans un dialecte mohawk de l’est du Canada.

Au XIXe siècle, Toronto est la principale destination des immigrants au Canada et la croissance de la ville est particulièrement rapide. Un afflux de population particulièrement important a lieu au cours de la grande famine en Irlande (1845-1852). En 1851, la population d’origine irlandaise est le groupe ethnique le plus important de la ville. En 1904, un grand incendie détruit une partie importante du centre de Toronto. À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, la ville de Toronto accueille à nouveau de nombreux immigrants, principalement des Allemands, des Français, des Italiens et des Juifs venus de différents pays d’Europe de l’Est. Ils sont bientôt suivis par des Chinois, des Russes, des Polonais et des immigrants d’autres pays d’Europe de l’Est. C’est ainsi qu’elle devient l’une des villes les plus multiculturelles d’Amérique du nord.

A l’instar de celui de Montréal, le musée des Beaux Arts de l’Ontario est un édifice imposant (rénové par Frank Gehry) au cœur de la ville et crucial pour découvrir la culture canadienne au fil des siècles. Art contemporain, peinture canadienne au fil des ans, collection d’art inuit et « premières nations » , grands maîtres hollandais, français, italiens des 17 au 19°, collections privées Thompson et Malcolmson, photographies constituent un fond remarquable.

NIAGARA FALLS : Au delà de Mississauga, puis des vignobles (!) entre Hamilton et St Catharines, l’attraction majeure se situe à la frontière américano-canadienne. La route Queen Elizabeth Way (QEW) débouche sur une sorte de Disneyland aussi bruyant et lumineux, que dépourvu d’intérêt dans un affreux capharnaüm routier. C’est l’apanage du côté canadien, car passé aux USA on se retrouve dans un parc national plus respectueux de la majesté des lieux…

Les chutes du Niagara vues des 2 côtés de la frontière… Un rappel de géographie : les chutes sont constituées de 3 ensembles, les « chutes du Fer-à-Cheval » (Horseshoe Falls) ou « chutes canadiennes », les « chutes américaines » (American Falls), les « chutes du Voile de la Mariée » (Bridal Veil Falls). Pas très hautes (57m), elles sont néanmoins assez larges avec un débit conséquent de 2800 m3/s.


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Culture, Géographie

Palm Springs, le désert heureux… (2023)

Oasis surgie du désert de Californie, Palm Springs est une ville devenue mythique du comté de Riverside, un véritable écrin de verdure au cœur de la vallée de Coachella. 

Construite sur un sol hostile, le paysage a été transformé par l’homme en un camaïeu de vers entre allées de palmiers et pelouses immaculées. Seulement 170 kilomètres et environ deux heures de voiture la séparent de Los Angeles par l’Interstate I10. Cette proximité et les « 354 jours de soleil par an» enregistrés sans faillir ont attiré des années 20 aux années 60, la crème des stars Hollywoodiennes.

Au milieu de ce désert à la luminosité aveuglante, elles se faisaient construire des haciendas de style colonial espagnol et surtout des maisons modernistes par de jeunes architectes au nom alors inconnu : Lloyd Right, Frey, Neutra… Ces incroyables réalisations font aujourd’hui la richesse architecturale de la ville dont l’ambiance semble figée dans le temps.

Alors que les stars s’étaient envolées vers d’autres cieux, la mode du vintage qui avait déjà remis Miami sur le devant de la scène a lancé la réhabilitation de Palm Springs. Aujourd’hui, on explore Chino Canyon, un quartier accroché à flanc de colline qui fut le laboratoire d’expérimentation de cette aventure du modernisme. On visite les maisons des stars de l’architecture et surtout, on les loue ! « Twin Palms », par exemple, est celle où vécurent Frank Sinatra et Ava Gardner…

Plusieurs hôtels mid-century vous embarquent également pour ce voyage dans le temps. En plein centre-ville, ils arborent la rituelle piscine au milieu d’un patio et le mobilier coloré des années 50.

La géométrie de la ville est simple et il facile de la parcourir à pied. Toute l’activité se concentre autour des deux artères principales où pullulent les boutiques vintage, les galeries d’art et les antiquaires spécialisés. Les styles architecturaux de la ville sont multiples : même si le style le plus célèbre de la ville de Palm Springs est le modernisme du milieu du 20ème siècle qui a connu son essor dès 1945, la région rivalise de styles innovants et remarquables. 

La saison la plus touristique s’étale de janvier à mai, lorsque la température est la plus douce.

Les environs de la ville méritent aussi la visite, notamment les Indian Canyons, anciennes terres des Indiens. L’Agua Caliente Cultural Museum est l’occasion d’en apprendre plus sur les Indiens Cahuilla.

Le parc national de Joshua Tree offre un paysage lunaire unique où les arbres de Josué se dressent fièrement. On pourra explorer le jardin de cactus, une véritable oasis de verdure, et défier les rochers lors d’escalades palpitantes. L’Aerial Tramway permet d’atteindre le sommet du Mont San Jacinto en quelques minutes. Là-haut, un panorama offre une vue impressionnante sur cette mosaïque et sur les 120 parcours de golf manucurés dont le vert tranche avec le sable du désert et le pourpre des canyons. Accompagnés de guides amérindiens, on pourra découvrir  l’histoire de la région et les secrets de la faille de San Andreas. Chaque randonnée est une invitation à explorer des canyons aux paysages à couper le souffle.

Au cœur de la région des déserts de Greater Palm Springs, surfer est maintenant possible grâce au Palm Springs Surf Club. Passionné d’histoire, amoureux de la nature ou encore féru d’art, Greater Palm Springs offre une palette d’activités gratuites à découvrir. Des randonnées en pleine nature aux visites de musées, en passant par les événements culturels et les marchés locaux, il y en a pour tous les goûts et tous les âges. Parmi celles-ci, le Palm Springs Art Museum, le Cabazon Cultural Museum, le Cascade Lounge at Agua Caliente Palm Springs et le Sunnylands Center & Gardens.

La région propose tout au long de l’année un calendrier d’événements et d’expériences LGBTQ+ qui célèbrent la diversité. Des festivals de cinéma aux spectacles de dragsters, on trouve de nombreuses façons de faire flotter le drapeau arc-en-ciel. Le clou de la saison est le Greater Palm Springs Pride, un festival gratuit situé au centre-ville de Palm Springs et réunissant une communauté diversifiée. Connue pour célébrer la force, l’égalité et l’autodétermination de la communauté LGBTQ ! 

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California & Arizona (2022)

« Dean était heureux de nouveau. Tout ce qu’il lui fallait, c’était une roue dans les mains et quatre sur la route. » Jack Kerouac

Sunshine over Frisco – 9 2022

SAN FRANCISCO, CA

Ville tout « en bosses »… des hauts et des bas permanents à s’user les rotules… mais une vraie ville d’art (et d’artistes), de musique et de littérature (et d’auteurs), balisée par ses espaces verts et rafraichie par la brise marine… elle reste à taille humaine avec un vrai réseau de transport, un exploit certainement ici aux States… en résumé, une ville « cool », mais toujours suspendue aux fureurs des entrailles de la terre.

A voir / A faire : #CIVIC CENTER le centre administratif de la ville situé dans un triangle délimité par Van Ness Ave, Market St. et Mc Allister St. concentre musées et bâtiments administratifs dont le City Hall (aux faux airs de Capitole), le Federal Building, la SF Public Library et sans doute le clou du quartier étant l’Asian Art Museum. Le réseau social de triste réputation, Twitter, a son siège dans la zone. Pas très loin en remontant Market St., on découvrira 2 temples de la scène locale, L’Orpheum et le Golden Gate theatre. Plus au nord de Theatre district, on remontera au travers des rues assez tristes et délabrées du quartier Tenderloin (où la concentration de homeless est maximale) vers #UNION SQUARE. La place qui peut servir de point de repère pour marquer le centre de la ville est bordée par les principaux grands magasins américains : Saks 5th Ave, Neiman Marcus et Macy’s. C’est aussi le lieu de circulation de l’une des principales lignes de ‘cable car’ sur Powell St.

Au sud de Market St. le quartier en rénovation et développement de #SOMA (South of Market) devient un peu l’épicentre de la vie multi-culturelle moderne avec le Yerba Buena Center for the Arts, le SF Museum of Modern Art (voir expo Diego Riviera), le Mexican Museum, le Contemporary Jewish Museum, le Museum of African Diaspora.

Toujours plus au nord d’Union Square, on atteint #CHINATOWN qui s’ouvre par une porte monumentale, la Dragon Gate. De St Mary Square à Portsmouth Square, boutiques, restaurants, temples et lampions alternent avec quelques officines pro-gouvernementales taiwanaises. A l’est en levant les yeux vers le sommet des buildings, et notamment la Sales Force tower, c’est le financial district qui borde la baie.

Après Chinatown, on rejoint l’Italie sur #TELEGRAPH HILL en montant doucement et progressivement vers Coit Tower (et ses fresques murales qui racontent l’histoire de la ville). C’est aussi entre 2 pizzerias le quartier des beatniks célébrés dans la librairie City Lights Booksellers et le Beat Museum consacré en grande partie à Jack Kerouac. De Coit Tower, on a le choix cornélien de pousser droit vers l’ouest pour grimper vers #NOB HILL et Russian Hill, admirer le ballet tournoyant des véhicules qui descendent Lombard St. ou de redescendre vers le nord en direction de Fisherman’s Wharf. De là, la vue sur Alcatraz, le Golden Gate et Tiburon est assurée.

Point de répit : plus à l’ouest de la ville, ce sont les quartiers qui seront parcourus tantôt en bus, tantôt à pied : LOWER HAIGHT / #ALAMO et ses Painted Ladies. Juste à coté, #HAIGHT-ASHBURY a été le cœur du mouvement hippie des 60’s. On y découvre entre autres les immeubles où vécurent Janis Joplin, Jimi Hendrix, les groupes Grateful Dead et Jefferson Airplane, au hasard des boutiques d’encens et de babioles tibétaines dans la fumée des chiloms. Le quartier voisin de #CASTRO a les couleurs de la mouvance ‘lgbtq’. On y trouve aussi « la maison bleue adossée à la colline » chère à Maxime Leforestier (3841, 18th St.). Le Golden Gate Park donne enfin accès à l’océan pacifique. Un autre fleuron de la scène culturelle trône ici au milieu des jardins en fleurs, le De Young Museum. La visite, non exhaustive, se conclura par le parc #PRESIDIO, le Walt Disney Museum et une vue rapprochée sur le pont emblématique de la ville.

Au plan pratique (pour chaque lieu visité, nous citons quelques suggestions (hôtels, restaurants ou musées) sans aucune connexion commerciale) : 2 hôtels à SF, le premier sur Sutter St.: MAJESTIC Hotel pour sa façade art déco avec ses chambres ‘vintage’ et le second pour sa localisation proche d’Union Square, du Bart, etc… : HANDLERY Hotel.


« Les seuls gens vrais pour moi sont les fous, ceux qui sont fous d’envie de vivre, fous d’envie de parler, d’être sauvés, fous de désir pour tout à la fois, ceux qui ne baillent jamais et qui ne disent jamais de banalités, mais qui brûlent, brûlent comme des feux d’artifice extraordinaires, qui explosent comme des araignées dans les étoiles et en leur centre on peut voir la lueur bleue qui éclate et tout le monde fait « Waou » ! » Jack Kerouac


SALINAS, CA

Patrie de John Steinbeck, auteur prolifique, parti à la conquête du monde, mais toujours resté fidèle à ce bout de terre battu par les vents (Carmel-by-the-Sea, Monterey). https://www.steinbeck.org/

SAN LUIS OBISPO, CA

Changement d’époque et de style avec Henry Miller, à Big Sur entre Monterey & San Luis Obispo.

SANTA BARBARA, CA

Entre plages, résidences secondaires, série TV et El Camino Real, le charme de Santa Barbara demeure…

Au plan pratique : un motel impeccable en haut de State Street à 1.4 miles de la station Amtrak, du musée Moxi et 1.7 de l’océan...

LOS ANGELES, CA

La ville des Anges est aussi celle des migrations et nombreux sont ceux qui échouent sous ses ponts à ne goûter au rêve américain que de très, très loin… Un mirage !

On peine à lui trouver un charme : ville aux contours indéfinis, quartiers de misère, opulence de Beverly Hills et de Bel Air, désolation des collines de Mulholland Drive, toc du Walk of Fame, bout de la route à Santa Monica… pas de salut pour ceux qui ne roulent pas à tombeau ouvert sur ses autoroutes…

Au plan pratique : dans downtown, à 500 m de Union Station et avec quelques bons restaurants de ‘ramen’ juste en face (voir par exemple le Daikokuya

YORBA LINDA, CA

Au passage, faire le point sur la carrière du très controversé, Richard Nixon… entre avancées diplomatiques et schizophrénie anti-communiste… https://www.nixonlibrary.gov/

PALM SPRINGS, CA

Oasis improbable lovée entre 2 collines de rocaille ocre et grise, le refuge des stars d’Hollywood d’antan n’en a pas fini de surprendre au pied du pic San Jacinto en profitant au mieux de ses « 354 jours de soleil par an » !

Au plan pratique : un restaurant à prix (très) modeste pour une agglomération plutôt chic… chez John’s ; et juste à côté un motel de chaine (BW+) agréable, le Palm Desert Resort.

JOSHUA TREE Nat Park, CA

PIONEER TOWN, CA

Aux portes du désert, Pioneer Town fut un décor de cinéma à ciel ouvert pour les films de Gene Autry.

TWENTYNINE PALMS, CA

Porte d’entrée du parc de Joshua Tree, 29Palms c’est une ligne droite et une concentration militaro-industrielle. On y célèbre à longueur de « murals » la pénible campagne d’Irak…

Au plan pratique : un motel familial, fier d’avoir hébergé le groupe U2, à l’écart du centre du ‘village’ où sont regroupés les restaurants locaux (2 miles).

PARKER, AZ

Situé aux confins des états de Californie et d’Arizona, Parker concentre ses atouts sur les rives du fleuve Colorado qui irrigue la région sous un soleil de plomb.

Au plan pratique : la fierté des tribus locales (Mohave, Chemehuevi, Hopi & Navajo) s’exprime dans ce musée – boutique de Parker. Le motel Parker Inn est parfait au plan de son confort et de sa localisation au centre de cette ville de passage. Le restaurant Crossroad est à recommander.

PHOENIX, AZ

« Celui qui n’a pas traversé le désert ne sait pas qui il est. »

Effet frontalier immédiat ! Passer de Californie en Arizona représente un gain sur le gallon de ’87 octanes regular fuel’ de +/- 50% passant d’un pic autour de 6.40$ à un coût d’environ 3.40$ (valeur 09/2022) ?!

Le projet monumental de E.S. Curtis - les 20 volumes de "The North American Indian" - deviendra l'entreprise ethnographique la plus ambitieuse jamais entreprise aux États-Unis - et cela lui coûtera presque tout : sa santé, son mariage, sa célébrité et, à la fin, tous les droits sur l'œuvre de sa vie. Edward Curtis sombrera dans l'anonymat jusque dans les années 1970, lorsque le fruit de son travail reviendra à la lumière dans un entrepôt d'une librairie de Boston.

Phoenix est située à 410 km au sud-est de Las Vegas, à 556 km à l’ouest-nord-ouest d’El Paso et à 574 km à l’est de Los Angeles au cœur du désert de Sonora.

Au plan pratique :

TUCSON, AZ

Casa Grande : l’une des plus grandes et des plus mystérieuses structures préhistoriques jamais établies en Amérique du Nord.

Au plan pratique : le motel le plus original de la cité, le Mc Coy et 2 suggestions de restaurants mexicains de bonne facture : le Mi Nidito sur la 4ème avenue et El Charro pour complèter la visite de downtown.

TOMBSTONE, AZ

Dans cette rue, les frères Wyatt Earp, Morgan Earp, Virgil Earp, associés à Doc Holliday, s’écharpent le 26 octobre 1881 dans une fusillade célèbre d’une trentaine de secondes avec Frank McLaury *, Tom McLaury *, Billy Claiborne, Ike Clanton et Billy Clanton *. Certains s’enfuiront, d’autres seront blessés et on relèvera 3 morts (*).

SAGUARO Nat Pak, AZ

Le parc abrite les plus grands cactus du pays.

ORGAN PIPE CACTUS Nat Park

Au long de la frontière entre USA & Mexique…

GILA BEND, AZ

Une soirée-étape, une voie de chemin de fer et l’Interstate n° 8 pour décor essentiel.

Au plan pratique : simple et central, bon marché, le Palms Inn. A environ 0.7 miles, un restaurant italien Little Italy Pizzeria est recommandé.

YUMA, AZ

FELICITY, CA

Une église au centre du monde… https://www.mazeofhonor.com/

YUMA, AZ

La ville de Yuma, épargnée par le tourisme, est blottie dans le coin inférieur gauche de la carte de l’état de l’Arizona, cernée par la frontière avec le Mexique voisin. Elle cumule dans une douce torpeur les records d’ensoleillement mondiaux… ce qui se traduit par une activité réduite dans son centre ville entre 10 et 18 h les jours « chauds » ! L’influence amérindienne y est fortement palpable. L’un de ses hauts lieux est la prison territoriale, où la légende raconte que les esprits des condamnés à mort errent entre les murs de la prison. Des visiteurs ont même prétendu qu’ils avaient entendu et aperçu la silhouette d’une femme gémissante errant sur la rive du fleuve Colorado, à la recherche de sa fille qui s’est noyée… https://www.yumaprison.org/

BRAWLEY, CA

Dans l’Imperial Valley, l’irrigation du désert a fait pousser les initiatives de tous les migrants européens, moyen orientaux et asiatiques. Devenue un jardin de cocagne, l’histoire de la vallée aux couleurs verte et sable est résumée dans un fantastique musée géré par des bénévoles des différentes communautés, le Pioneers’ Museum. http://www.pioneersmuseum.net/

SALVATION MOUNTAIN, CA

Un site ‘inspiré’ né de la main et de l’imagination d’un humble pécheur, Léonard Knight.

SLAB City, CA

Réputée être la « dernière ville libre » des Etats Unis.. une communauté vieillissante nourrie de ganja et de bière.

SALTON SEA, CA

Un désastre écologique ; le plus grand lac de Californie qui se situe à une altitude de -90m est passé du rang de station balnéaire idyllique à celui de mer morte infestée de sel. Des projets de réhabilitation, des promesses, mais rien de tangible au fil des décennies…

SAN DIEGO, CA

Après avoir visité NYC, Miami, Seattle, San Francisco, LA, Chicago, Washington, Houston et d’autres capitales régionales, il n’est pas usurpé de décerner à San Diego une place sur le podium ; de quartier en presqu’île, de parc en plage, la découverte de San Diego pourrait durer indéfiniment. Sortis de la zone aride d’Anza-Borrego, on trouve ici une influence océanique presque fraîche, et les plages sont réservées aux plus téméraires. https://balboapark.org/arts-culture-type/museums/

Au plan pratique : Presque incontournable sur ‘hotel circle’, au milieu des établissements de chaînes, ce motel respire encore l »authenticité, le King’s Inn.

SAN CLEMENTE, CA

Au plan pratique : pour le très beau mural Bergman / Bogart … le Casablanca Inn motel.

A contrario de la côte nord (entre Santa Barbara et San Francisco) plus rude et sauvage, la portion de la route historique 101 qui longe l’océan pacifique au sud de LA suit une enfilade de lieux touristiques très fréquentés par les familles et les retraités californiens : La Jolla, Del Mar, Encinitas, Carlsbad, Oceanside, San Clemente et bien d’autres … jusqu’à Long Beach.

Le « Queen Mary » à quai…

Au total avec les détours, un périple d’environ 2735 miles (soit 4400 km), le retour de LA sur SF s’effectuant en train avec Amtrak via le « Coast Starlight ».

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Culture

Mon Amérique dans les livres…

Comme entrée en matière sur le parcours Est – Ouest (voir article traversée n°3):

3 romans – 3 états : « Sans Lendemain » de Jake Hinkson (Du Midwest vers l’Arkansas) ; « Désert solitaire » d’Edward Abbey (Utah) ; « Fausse piste » de James Crumley (Montana).

Toujours, Edward Abbey et son gang de ‘redresseurs de torts’ qui vont refuser la dénaturation des grands espaces de l’ouest et tenter de contrarier des projets industriels…

Puis le Wyoming (Craig Johnson vit à Ucross (25 habitants), comté de Sheridan, limitrophe du Montana au pied des Bighorn Mountains) avec les aventures du shérif Walt Longmire dans son fief d’Absaroka … (une bonne quinzaine de romans dont les 4/5 publiés en traduction française)… parmi lesquels :

Rencontre avec Craig Johnson à Toulon – 16 11 2019

A l’ouest, toujours du nouveau, du sublime, du lyrique avec « The big sky » (La captive aux yeux clairs en version française) d’A.B Guthrie (mis à l’écran par H. Hawks) ; « Terreur apache » de W.R Burnett (transposé à l’écran dans Le sorcier du Rio Grande par C.M Warren) ; « Des clairons dans l’après midi » de E. Haycox (adapté par R. Rowland sous le nom Les clairons sonnent la charge) … tous ces ouvrages sont pré / postfacés par B. Tavernier.

Jack Kerouac, dont le mythique « Sur la route » a été écrit d’un seul jet, en trois semaines (du 2 au 22 avril 1951), sur un rouleau de papier de 36,50 mètres de long, et le suivant « Clochards célestes » où la mystique envahit l’oeuvre.

Toujours dans la veine de Kerouac, des auteurs de la beat generation qui ont forgé l’Amérique des années 50 / 60 …

Et pour sûr, il faudra aussi faire une place sur l’étagère à Ernst Hemingway, John Steinbeck, Toni Morrison, Jim Harrison, Jack London, et pourquoi pas tous styles confondus à Philip Roth, Truman Capote, Henry Miller, Paul Auster, Jim Fergus, Paul Theroux

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Culture, Géographie, Histoire

Traversée 3 « East to West » (2019) .. ville par ville, jour après jour de Sioux Falls à Seattle…

CHAMBERLAIN. : ce sera peu ou prou l’étape à mi-chemin entre est et ouest…environ 1300 miles parcourus, restent 1400.  La cité fut créée à l’initiative d’un directeur de la Chicago, Milkwaukee & St Paul Railway, un signe annonciateur que la conquête de l’ouest prend corps. Sur la route à mi-chemin de Sioux Falls et de Chamberlain, dans la ville de Mitchell, les épis de blé du Midwest sont sanctifiés au « Corn Palace« , une « exclusivité » mondiale… (en centre ville, sortir de l’I-90).  

"Dignity" au Lewis & Clark interpretive center
« Dignity » au Lewis & Clark interpretive center

Dimanche 15 septembre 2019 : Le maïs reprend tous ses droits et connaîtra son apogée à Mitchell, la capitale de l’épi…La vénération pour cette céréale est totale dans ce gros bourg agricole du Midwest. Le « Corn Palace » est à la fois salle de spectacle, stade couvert, musée, exposition. Ses murs sont recouverts de tableaux muraux… faits d’épis de maïs décrivant la scénographie locale. Le bâtiment est aussi tout à la gloire de l’armée US dont les mérites sont vantés sur la façade principale. Bien sûr, cet extravagant palais est réputé être le plus emblématique au monde (c’est une habitude un peu redondante aux USA de recenser des records mondiaux à la pelle pour tout et n’importe quoi...). Second point d’orgue de la journée, l’arrivée dans la ville de Chamberlain (Dakota du Sud), qui descend vers la rivière Missouri en pente douce. La place fut investie par l’expédition de Lewis & Clark en 1804 ; les indiens Sioux Lakota étaient alors maîtres des lieux. La relation des américains ‘blancs’ aux « natives » est souvent très ambiguë…Exterminés sans vergogne pendant la conquête de l’ouest, il faudra attendre les années 70 au 20° siècle pour entrevoir une lueur de réparation morale… Depuis, parqués dans des réserves souvent inhospitalières, ils ne peuvent qu’observer avec beaucoup de flegme les hommages qui leur sont rendus. A Chamberlain, c’est la statue de Dignity (of Earth & Sky) qui rappelle leur souvenir, inspirée de 3 femmes Lakota, installée sur la colline qui domine le fleuve. Le second hommage leur est rendu au musée Akta Lakota où la proximité de l’école St Joseph apporte un éclairage très partisan sur leur intégration forcée au siècle chrétien. L’ambiance dans la petite ville se fait discrète le soir venu. Un nouveau venu dans la restauration, mexicain d’origine (« Mi Pueblo ») devient de fait l’adresse incontournable, sinon unique, mais cela vaut le détour. Pour l’hébergement, notre « logisticien-maison » avait prévu une chambre de l’autre coté du fleuve à Oacoma, au Baymont motel, l’un de ces établissements où « the ordinary american » aime à descendre avec sa glacière, son pack de Coors Light, ses paquets de Doritos, participer à la Cookies party de 19h et piquer une tête dans la piscine.



Note : 5 sur 5.

RAPID CITY : l’embarras du choix ! par où commencer la visite des environs de Rapid City ? en ville, l’Art Alley regroupe les artistes ‘muralistes’ locaux, Autour de la ville, le plus connu est bien sûr l’emblématique Mont Rushmore (https://www.nps.gov/moru/index.htm) et ses quatre présidents : George Washington, Thomas Jefferson, Theodore Roosevelt et Abraham Lincoln….un must to see parmi les parcs nationaux du pays (voir notre article intitulé « un tour des parcs de l’ouest – 1999 »). Mais on dénombre aussi parmi les sites à explorer – excusez du peu de choix : le parc national des Badlands (entre Chamberlain et Rapid C par une route alternative à l’ I90), le mémorial dédié à Crazy Horse (inachevé depuis le début de la construction en 1948), le monument national de Devils Tower, le parc d’état de Custer et ses troupeaux de bisons, les silos de missiles nucléaires du site historique national de Minuteman (à Philip sur l’I-90), et quelques autres…

de gauche à droite : Washington, Jefferson, Roosevelt, Lincoln

Lundi 16 septembre 2019 : Quitter Oacoma signifie que nous entrons dans la seconde partie de l’itinéraire et que, grosso modo, il reste 1400 miles à parcourir, soit un peu moins de la moitié du trajet programmé. C’est aussi ici que symboliquement on ressent que l’on passe dans un autre monde…celui des grands pâturages, des collines infinies et bientôt des forêts de pins, puis les Rocheuses qui barreront l’horizon. C’est aussi une région où l’on a le sentiment que l’influence de Washington s’émousse au fil que les fuseaux horaires défilent (-2 par rapport à New York). Au croisement de l’I 90 et de l’US 240, le site de « Minuteman » nous rappelle les errements de la guerre froide. L’Amérique enterrait des missiles intercontinentaux au milieu des champs pour répondre, le cas échéant, à une salve de missiles russes. L’explication fournie dans une vidéo au Visitor Center fait froid dans le dos, mais le public présent semble impassible et satisfait, tant il est convaincu de la justesse de cette stratégie et de la supposée supériorité technique des USA. Vitrifier le Dakota du Sud n’a pas eu lieu, et partant, les accords de dénucléarisation ont eu raison de certains sites de lancement, dont une bonne paire dans cette région. Ouf !

La route 240 mène ensuite aux « mauvaises terres », les Badlands. Ce sont encore des trappeurs francophones qui ont trouvé ce coin un peu ingrat et qui ont sans doute du le contourner pour pousser leur exploration plus avant. Le parc national de Badlands est parcouru par la « Badland Loop Road » qui sillonne ces paysages faits de collines, de ravins, de tumulus colorés, d’aiguilles rocheuses que les vents façonnent depuis des siècles. Cela devient un spectacle somptueux dans un univers aride et a priori pas très hospitalier. La route est parsemée de points de vue, toujours parfaitement aménagés pour réguler le flux de véhicules ; de là partent des sentiers (trails) sur lesquels on recommande simplement de se méfier des serpents à sonnettes (rattlesnake) ! et de prendre à boire en suffisance. Les ‘Badlands’ ont tantôt un air de ressemblance avec ‘Painted Desert’ (Arizona), tantôt avec un paysage lunaire vraiment peu engageant.


Mardi 17 septembre 2019 : « Les grands hommes font leur piédestal ; l’avenir se charge de la statue » Victor Hugo. L’un des grands instants à vivre dans ce voyage est la rencontre avec 4 grands hommes (voir un point de leurs biographies respectives ci-dessous). La montée vers le Mont Rushmore est l’une des plus agréables balades de la région. C’est la petite station de Keystone qui sert de porte d’accès à une route serpentant dans une forêt dense. L’arrivée au pied de la montagne Rushmore est précédé de quelques ouvertures entre les pins qui laissent entrevoir les 4 têtes sculptées dans la roche. Un immense parking aux 3/4 dissimulés en sous-sol est un passage obligé avant de rejoindre qui la plateforme et l’amphithéâtre situé au pied du mont, qui le « Presidential trail » qui se rapproche au mieux des éboulis et permet des points de vue multiples sur l’ouvrage. Initié par Doane Robinson, le début des travaux commence en 1927 sous la direction de John Gutzon de la Mothe Borglum, un américain d’origine danoise. Ils prirent fin en octobre 41 sous la houlette du fils Lincoln, Borglum étant décédé en mars.

Note : 5 sur 5.

Le projet était colossal. Il employa 400 femmes et hommes. 90% de la montagne a été excavé à la dynamite. La sculpture finale était réalisée au marteau-piqueur (jackhammer). Après cette étape qui ressemblait à un nid d’abeilles, les travailleurs ponçaient la surface des visages à l’aide d’un outil à main qui égalisait le granit, créant une surface lisse comme un trottoir. Suspendu dans le vide dans une chaise de mât (Bosun chair), les ouvriers présents sur le site n’eurent à dénombrer aucun accident mortel malgré les risques encourus dans des conditions météo qui pouvaient devenir extrêmes. Ce sera sans doute Alfred Hitchcock qui rendra le mont célèbre après avoir tourné « La Mort aux trousses » en 1959, (dont seuls les plans lointains ont été capturés sur le site… tous les autres ayant été reconstitué en studio).



Mercredi 18 septembre 2019 : La région à l’ouest de Rapid City s’appelle les « Black Hills » (Paha Sapa en langue Lakota) en raison de la couleur verte prononcée des pins de la région. C’est une vaste forêt qui a été un formidable terrain de jeu pour les chasseurs de pépite, à défaut d’être chasseur d’ours ou de prime…Les villages de Custer City, Hill City au sud, de Lead, de Deadwood crûrent sous la pression démographique de nouveaux arrivants, avant de retomber dans l’oubli, puis aujourd’hui de devenir des stations touristiques. Des personnages sulfureux, tantôt Marshall ou Shérif, tantôt simple détrousseur de casinos, banques et voleurs de chevaux s’installèrent dans la région. Aujourd’hui James Butler Hickok (alias Wild Bill), Calamity Jane sont enterrés au cimetière du Mont Moriah à Deadwood. D’autres comme Colorado Charley, Bloody Dick ont disparu sans laisser de traces par ici. La région est aussi connue pour le « Custer State Park » qui offre de magnifiques vues sur le Mt Rushmore, les lacs et prairies avoisinantes. Les routes ‘Needles Highway’ et ‘Wildlife Loop Road’ permettent deux voies d’accès à privilégier pour leur aspect bucolique au milieu d’une nature dessinée par les dieux des Lakota et dotées de superbes ouvrages d’art (les ponts en bois notamment).



Pour plus de lisibilité géographique, ci-dessous un plan de la région des ‘Badlands’ & des ‘Black Hills’ autour de Rapid City. Les sites remarquables pour ressentir l’ambiance de l’ouest sont Deadwood (son saloon historique, l’hôtel Bullock, l’Adams Museum et d’autres lieux à découvrir), Lead (et son musée de la mine).

  • George Washington : (1732 – 1799) père fondateur de la nation indépendante et 1er président américain (il est fait citoyen français par décret de l’assemblée de 1792),
  • Thomas Jefferson : (1743 – 1826) homme des Lumières, inspiré par Rousseau, l’un des auteurs de la Déclaration d’Indépendance : il fait 2 mandats (c’est sous sa présidence que la Louisiane est rachetée à la France – voir notre article Nouvelle France),
  • Theodore Roosevelt : (1858 – 1919) 26° président des Etats Unis (à ne pas confondre avec Franklin Delano Roosevelt qui sera le 32°) ; symbole du tournant économique du début du XX° siècle et du développement américain. Il semble néanmoins être le moins emblématique des 4 présents dans le monument en dépit de ses 2 mandats.
  • Abraham Lincoln : (1809 – 1865) il est élu à deux reprises, mais ne finira pas le second mandat assassiné par un sympathisant sudiste, alors qu’il a contribué à mettre un terme à la guerre de Sécession. C’est un partisan acharné de l’Union et il conteste l’esclavage tout en affirmant la supériorité de la race blanche… (n’est ce pas toujours actuel ?)
Mount Rushmore people.

A quelques miles de Custer City s’étend le mémorial indien dédié à ‘Crazy Horse’ (chef Sioux Lakota) et concédé à la communauté en compensation de la construction par les blancs des statues du Mt Rushmore sur une terre indienne… S’il revendique le titre de plus importante sculpture dans la roche au ‘monde’, il y a encore bien du travail pour la faire émerger de son bloc de granit. Débutée en 1948 sous la direction d’un sculpteur américain d’origine polonaise cette fois, Korczak Ziółkowski, seule la tête de Crazy Horse est vraiment reconnaissable, le corps sur son cheval reste à l’état de simple ébauche tracée dans la pierre. Est ce pour remplir les caisses de la fondation qui poursuit cette oeuvre ? toujours est il que le prix d’accès de 30 $ est parfaitement exorbitant.. On se contentera donc d’un 1/2 tour rapide devant les caisses et d’un cliché éloigné… dommage pour la mémoire du grand chef. Rapid City qui est la ville centrale d’où l’on peut rayonner aisément sur toutes ses destinations dispose d’un centre ville très particulier puisqu’il est « fléché » à tous les coins de rue par la statue d’un Président américain (jusqu’à celle de B. Obama posée en août 2019). L’endroit est agréable, organisé autour du grand hôtel Alex Johnson, ponctué de quelques bonnes adresses pour dîner comme le « Tally’s Silver Spoon » (le chef a fait ses armes en France !), la brasserie « Firehouse Brewing Co » (où l’ambiance est nettement moins retenue), le « Kathmandu Bistrot » (qui sert une étonnante cuisine authentiquement népalo-indienne). Les gens sont sympathiques et aimables dans ce coin d’Amérique…une raison de plus pour ne pas ignorer le Dakota (du Sud).

Crazy Horse… from far.
The next parties in Deadwood until mid-April 2020.


BUFFALO : une incursion au Wyoming (voir notre article intitulé « un tour au Wyoming – 2008« ) avec cette escale au nord-est de l’état. Nichée au pied des monts Big Horn, la ville est un point de passage entre 2 parcs des plus connus des USA : le Mont Rushmore & Yellowstone (US16). C’est aussi le lieu des enquêtes diligentées par le shérif Walt Longmire dans le comté proche d’Absaroka (fictif mais qui pourrait ressembler à celui de Johnson dont le siège est Buffalo – voir notre article « Mon Amérique dans les livres »). Pas très loin dans les Big Horn, un passage reculé, quasi inaccessible servait de repère à la célèbre bande de Butch Cassidy, le Kid de Sundance et ses gibiers de potence voleurs de bétail : le Hole-in-the-Wall… Rappelons que l’on en a retrouvé la trace tant du côté de Cody, de Cheyenne, de Grand Junction que de Fort Worth (tous lieux mythiques évoqués dans d’autres articles de ce blog) avant que de disparaître en Amérique du sud et de connaître un sort assez comparable à celui de Che Guevara en Bolivie, mais la trace de Butch s’est un peu perdue dans les méandres de sa renommée.. A elle seule, l’artère principale de Buffalo compte plus de douze bâtiments historiques dont le fameux Occidental Hotel http://www.occidentalwyoming.com/ – où furent tournés des scènes de « Le Virginien », série télévisée tiré du roman d’Owen Wister « The Virginian » et l’impressionnant Jim Gatchell Museum… http://www.jimgatchell.com

Walt Longmire « in action »
Old Trail Town – Cody (Butch seated at right)

Jeudi 19 septembre 2019 : Au sortir de notre sympathique motel Quality Inn coincé entre l’I 90 et le supermarché Walmart (ouvert 24/24 7/7 !), le route se fait forestière et boisée jusqu’à la limite du Wyoming, puis vallonnée jusqu’à « Devil’s Tower » et enfin industrieuse en traversant les mines de charbon autour de Wyodak et Gillette (le sol du nord-ouest du Wyoming recèle en surface d’importantes couches de charbon transportées dans tout l’ouest américain ; vu du ciel, le ‘Thunder Basin National Grassland’ n’a rien d’une prairie, mais tout d’une terre massacrée par les bulldozers et les excavatrices. Et ce n’est pas tout, car au milieu de nulle part, on produit aussi de l’électricité à des centaines de miles des premiers gros consommateurs… une hérésie climato-économico-industrielle…). Buffalo, un peu plus au nord en direction du Montana, est plus poétique, car on y retrouve l’âme des cow-boys. L’activité principale semble y être la pêche à la mouche et cela parait très bien ainsi pour la nature environnante. Le restaurant « The Virginian » quasi unique dans la ville est celui de l’hôtel Occidental, qui n’a guère changé depuis les années de sa création en 1880. Sundance Kid, Butch Cassidy y firent incursion ; Calamity Jane était une régulière, Buffalo Bill de passage comme Ernest Hemingway … et nous mêmes. Le village est aujourd’hui centré sur la publication du dernier ouvrage de Craig Johnson, rencontré un jour à Saint Malo (« Land of Wolfes« ). Craig installé à quelques kilomètres à Ucross (population : 25) fait le bonheur des habitants de Buffalo dont il a révélé l’existence au monde… avec les enquêtes du shérif Walt Longmire et de ses assistant(e)s Vic Moretti et Henry Standing Bear. La boutique consacré à Craig au centre du village est une mine d’or pour les passionné(e)s de l’Ouest ! (Chaudement recommandé …).

A few addresses between Rapid City & Buffalo.

BILLINGS : au cœur des montagnes au long de la rivière Yellowstone, la ville est devenue la cité la plus importante de l’état. Pays de ‘Yellowstone Kelly’ (militaire et aventurier), de ‘Calamity Jane’ (pocharde et aventurière), Frederick Billings (président de la Northern Pacific Railway, il donnera son nom à la ville reconnaissante…), Lewis & Clark (explorateurs et aventuriers passés par Billings en 1806…)

Babcock building in Billings.

Vendredi 20 Septembre 2019 : Billings semble avoir bien changé à première vue depuis la carte ‘vintage’ publiée ci-dessus. Fondée en 1880, la ville a subi des incendies importants en 1882 et 1886, mais son développement a repris activement autour du chemin de fer. Située en territoire indien, on pourrait croire que l’on a délibérément choisi ce coin pour y installer des raffineries, qui plus est dans un secteur où pétrole et gaz de schiste se feraient plutôt rares (1% des réserves US de pétrole brut et quelques puits de gaz dans la zone de Bakken à l’extrême nord-est). On annonce d’ailleurs ici et là dans la presse que ce « miracle » du ‘shale gas’ devrait connaître un retournement dans un avenir assez bref et presque aussi soudain que son éclosion… En tous les cas, Billings est ceinturé par les raffineries et installations chimiques au long de la rivière Yellowstone. 4/5 grands immeubles signalent le cœur de ville ; l’ambiance s’est rafraîchie de quelques degrés sous un ciel plutôt gris, une première depuis notre départ. Au centre, un cinéma historique, le « Babcock » qui organise un festival du cinéma du Montana (Mint), un surplus militaire imposant, un alignement de bistrots et de restaurants sur Montana avenue (Uberbrew, , la bien nommée, un ou deux musées dont le très captivant ‘Yellowstone Art Museum’, des motels et des casinos par dizaines sur une avenue imperturbablement rectiligne dénommée ‘Grand’. Samedi est jour de marché à Billings, largement alimenté en fruits et légumes par la communauté huttérite des environs (les Huttérites étant l’une des trois principales anciennes sectes anabaptistes chrétiennes existant encore aujourd’hui – l es deux autres étant les mennonites et les Amish – et la seule qui tienne rigoureusement à un mode de vie communautaire).

The best pizza (and more) in Billings.

Samedi 21 septembre 2019 : Il faut environ une heure de route pour se rendre du Boothill Inn, notre motel du moment, sur le site de la bataille de Little Big Horn. Cette bataille a créé un choc dans la mémoire américaine, puisque pour la première fois la cavalerie américaine sera défaite le 25 juin 1876 par les troupes de Sitting Bull et de Crazy Horse. Au désespoir de voir leurs terres spoliées et pillées par les compagnies de chemin de fer, puis par les chercheurs d’or, les indiens se rebiffent et traquent Custer et ses hommes sur la colline de Little Big Horn jusqu’à exterminer tout le détachement. Custer, le héros et aussi le tueur d’Indiens de la rivière Washita y laissera son scalp, ce qui n’est que justice. Si le site a tout d’abord fait l’impasse pour rendre l’hommage qu’il mérite aux Indiens, un monument spécialement attribué à ces derniers a été installé par la suite. Deux tombes rappellent aussi qu’une guerre fait souvent des victimes des 2 bords…Pas évident à entendre pour nombre d’américains.

Le cimetière de Little Big Horn.

HELENA : l’une des capitales les moins peuplées des USA, environ 29000 habitants dans ce coin central du Montana. Créée comme une base lors de la ruée vers l’or de la seconde moitié du XIX° siècle, le premier nom du lieu était  » Last Chance Gulch « . Peuplée d’aventurières et de prospecteurs de tous poils, la fortune sourit aux premiers arrivants qui transforment le campement en ville chic et victorienne. Helena semble avoir tourné la page de ses maisons closes et proxénètes célèbres : la précurseuse Josephine  » Chicago Joe  » Airey et la dernière de ligne  » Big Dorothy  » Baker. Aujourd’hui, ce sont les tours de la cathédrale Saint Hélène qui dominent la ville… changement d’époque !

Dimanche 22 septembre 2019 : Cap à l’ouest et retour sur l’I 90, en suivant le fleuve Yellowstone jusqu’à Livingston. Celui-ci bifurque ensuite obstinément vers le sud, vers le lac et le parc national Yellowstone, puis le parc de Grand Teton (voir notre tour au Wyoming en 2008 déjà dans un espace naturel à la luminosité parfaite). On roule vers la région de Bozeman, lieu de prédilection d’un certain Robert Redford qui y tourna deux de ses plus beaux films : « The Horse Whisperer » (au pied des monts Absaroka et de Beartooth tous proches), « A river runs through it » (entre les rivières Gallattin et Boulder, les villes de Bozeman et Livingston). Cette région est dotée de toutes les infrastructures qui permettent au ‘tout Hollywood’ de venir passer s’oxygéner le weekend. Après Three Forks, on quitte temporairement l’Interstate vers la droite pour Helena. La route longera alors un vieil ami, le Missouri, très élargi à cet endroit en amont du ‘Canyon Ferry Dam’ et dont la source est proche. En arrière plan, la chaîne des ‘Big Belt Mountains’ s’inscrit dans le paysage, sommets couverts de neige toute fraîche. Une brise tout aussi rafraîchissante rappelle que l’altitude entre Billings et Helena est comprise entre 950 et 1180 m. Soirée cool dans l’une des plus petites capitales d’état des USA : 32000 habitants, 1 gare, 1 motel ‘La Quinta’ pas terrible, 1 cathédrale plutôt flamboyante, 1 capitole à l’identique de beaucoup d’autres et 1 quartier neuf tout propre avec son cinéma et ses restaurants ultra proprets dont le ‘Silver Star Steak Company’, le bœuf du Montana rivalisant aisément avec celui du Texas ! Helena fut l’une des villes les plus riches des Etats Unis au 19° siècle lors de la ruée sur l’or, c’est aujourd’hui l’une des plus sages.

SPOKANE : toujours un peu plus à l’est, Spokane semble être entièrement dédiée à son environnement de bois, de forêts et de rivières. Sa devise est  » Near Nature, Near Perfect « … tout est dit…

Lundi 23 septembre 2019 : ‘Back on the I 90 and straight forward to the Pacific’…Il ne reste qu’à passer les Rocheuses, certes moins élevées dans cette région qu’au Wyoming, mais le ruban d’asphalte a perdu de son caractère rectiligne. Forêts, virages, montées et descentes s’enchaînent entre Bearmouth, Missoula jusqu’à Coeur d’Alène et la frontière entre les états de l’Idaho et de Washington. Avant cette limite d’état, l’autoroute surplombe la localité de Wallace (ID – population : 784) qui a vécu depuis 1884 et vit encore un peu de ses mines d’or et d’argent. Héritage d’un passé turbulent, le Bordello Museum, installé dans le saloon Oasis qui abritait les activités de prostituées, rappelle que le mineur ne faisait guère d’économie… La cité est un concentré de ce qui fondait une petite colonie au 19° siècle ; celle-ci n’est pas tombée en décrépitude, car du minerai d’argent continue d’en être extrait. Depuis, le cinéma d’Hollywood a contribué à en faire une halte touristique avec deux bons films (a) M. Cimino (Heaven’s Gate tourné en partie ici et beaucoup au Montana voisin) et (b) R. Donaldson (Dante’s Peak).

The friendliest bar in Wallace.

Après avoir longé le lac d’Alène, immense base de loisirs au nord de l’Idaho, la route traverse une zone fortement urbanisée de Coeur d’Alène à Spokane Valley, puis Spokane. Spokane a emprunté son nom à une tribu dénommée « fils du soleil »…Elle devint Spokane Falls en raison des chutes d’eau qui transforme la rivière Spokane en torrents impétueux au cœur de la ville. Dévastée en 1889 par un incendie, elle redevient une ville importante de l’état de Washington. Son centre ville vaut une visite. Mais Spokane connait aussi des problèmes de délinquance et ne se situe qu’à la 65ème place des villes américaines où il « ferait bon vivre » alors que ses voisines Portland (OR) et Seattle (WA) sont respectivement 8ème et 9ème…On fermera donc les portières de la voiture en traversant sa banlieue en direction de notre motel dans le nord de la ville. Quelques blocs ainsi traversés sont effectivement clairement appauvris, en témoigne les abords des pavillons de bois délabrés où s’entassent de vieilles bagnoles, des caddies, des canapés usagés etc…Quelques personnages semblent désespérément devoir tenir les poteaux électriques en restant appuyés dessus… Un coin moyennement engageant 😉 Par contre, la ‘Quinta by Wyndham Sp. North’ est l’une des meilleures adresses connues sur cette route, situé dans un ensemble commercial classique d’une ville moyenne américaine (quartier de Country Homes). On peut voir dans la juxtaposition des deux univers le paradoxe de la vie US dont nous avons largement hérité en Europe.. Pauvreté, chômage et consumérisme ne font pas bon ménage !

SEATTLE : la côte pacifique est atteinte. Berceau d’une frange de la musique pop, et ville de naissance de Jimi Hendrix, le musée de la Pop Culture et du Rock n’Roll est au coeur de l’activité culturelle de la ville, non loin de la Space Needle, http://www.mopop.org/

Space Needle tower

Mardi 24 septembre 2019 : L’état de Washington réserve de belles surprises pour cette ultime étape. Depuis la journée du 14/9, les 2 dernières étapes sont les plus longues, parce que les « must-see » intermédiaires sont parfois moins nombreux sur certains trajets. Helena / Spokane, 500 km ; Spokane / Seattle, 450 km sur une route exceptionnelle entre grandes plaines à blé (que l’on imaginait plus aisément dans le Midwest), superbes plateaux désertiques surplombant la rivière Columbia, forêts de pins de plus en denses à mesures que l’océan se rapproche, lacs…

Mercredi 25 septembre 2019 : L’étape ultime, le terminus… pas tout au fait au bord de la plage et du Pacifique, car le rivage est compliquée à Seattle… L’océan se fait désirer ; la ville est nichée au creux d’une baie (baie Elliot) accessible par le détroit de Puget et protégée par la péninsule de l’Olympic National Park. Seattle a une image de ville « branchée » et innovante : nouvelles technologies (Microsoft à son siège à Redmond), entreprises signe de consommation débridée (Amazon à son siège à Seattle entre la 6ème et la 8ème rue, Starbucks dont le premier établissement a vu le jour au Pike Place Market en 1971, Uber, Nordstrom...) et bien sûr, malgré ses déboires récents, l’aéronautique avec Boeing qui dispose de son propre aéroport au long de l’I 5 et de la plus grosse usine d’assemblage d’avions au monde à Everett. La signature de Seattle c’est sa géographie complexe faite d’îles et de presqu’îles… mais aussi sa scène musicale de laquelle ont émergé Jimi Hendrix, Pearl Jam et Nirvana avec son martyr de la cause grunge, Kurt Cobain. Le Mopop est là pour les rappeler à la mémoire des fans https://www.mopop.org/ Si le bâtiment imaginé par Frank Gerhy comme la déconstruction d’une guitare de J. Hendrix mérite une halte (elle est quasi obligatoire pour se rendre à ‘Space Needle‘), les expositions à l’intérieur laissent le spectateur sur sa faim pour le prix d’entrée exorbitant de 30 $/p. En fait, tout est cher à Seattle de la bouteille d’eau au litre de carburant (3.4 $ en comparaison de 2.7 le gallon partout ailleurs pour 87 octanes ?!) en passant par les chambres d’hôtel ou encore le ticket du monorail à 2.5 $ les 500 mètres ! On est tenté de croire que la gentrification produit des richesses, indéniables si l’on en juge par les maisons et flats entrevus sur la colline de Queen Anne et autour de Kerry Park, mais …. le nombre de ‘homeless’ autour de Pioneer Square est loin de donner le change. Deux mondes qui s’ignorent superbement ici comme ailleurs. ‘Space Needle’ charme néanmoins les passants de par son architecture légère (184 m de haut) digne d’un vaisseau interstellaire (inaugurée pour l’exposition universelle de 1962).

Our recommendations in Seattle for a short stay.
Seattle skyline.

Jeudi 26 septembre 2019 : Au terme de cette traversée (en d’autres temps, on aurait évoqué la ‘chevauchée infernale‘), le compteur marque 3739 miles, soit 6014 km. Le temps est venu de faire une pause et de relire quelques uns des romans d’Edward Abbey que nous avons emporté (voir article « Mon Amérique dans les livres »), mais n’avons pas eu le temps d’ouvrir trop accaparés par la découverte de ce grand pays.

Note : 5 sur 5.

Retour à NYC … pour de nouvelles aventures, cette fois par la voie des airs…

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Culture, Géographie, Histoire

Traversée 3 « East to West » (2019) .. ville par ville, jour après jour de NYC à Sioux Falls…

Dream !

Comme évoqué dans notre article [ « East to West » (2019) Introduction ], les premières étapes de ce « roadtrip » se superposent en partie avec celles de la Lincoln Highway ; (mais aussi avec l’I90 (Boston/Seattle) que l’on retrouvera à de nombreuses reprises, ou avec l’US 12 (Détroit /Grays Harbor), voire l’US 20 (Boston/Newport), toutes alignant plus de 4000 km). Première route transcontinentale ouverte dès 1913 aux véhicules à moteur, elle relie New York à San Francisco. Pour notre part, nous suivrons donc cet itinéraire durant nos 5 premières villes-étapes de NYC à Cedar Rapids, ensuite nous bifurquerons vers le nord de l’Iowa. Ce parcours traversera successivement les états de New York, du New Jersey, de Pennsylvanie, de l’Ohio, de l’Indiana, de l’Illinois et de l’Iowa. Abraham Lincoln, qui a donné son nom à la route, avait été la victime des guerres intestines américaines (assassiné en 1865 par un militant sudiste) est l’un des présidents américains les plus admirés pour diverses réalisations, dont les plus saillantes restent la loi du Homestead Act (revendication de la propriété privée -1862), la proclamation de l’émancipation des esclaves (1862-63, le XIIIème amendement a été voté après sa mort en Déc 65). Il fit 2 mandats dont le dernier fut interrompu par sa mort brutale une semaine à peine après la fin officielle de la guerre de Sécession. Nous avions croisé la route de cet homme illustre sur la 66 (car enterré à Springfield, Il), nous la retrouverons au Mont Rushmore et bien sûr … au quotidien sur les coupures de 5 $ !

Lettre du Président A. Lincoln à Mme Bixby qui perdit 5 fils au combat durant la guerre de Sécession…

NEW YORK city : la ville ‘martyr’ de la démesure architecturale de la pointe sud de Manhattan, de la prime aux migrants en transit à Ellis Island, du music-hall autour de Times Square, des ‘bobos avant-gardistes’ de Bowery, Tribeca et de Brooklyn, des tenues extravagantes et hallucinées, du communautarisme du Bronx, d’Harlem et de mid-town, des galeries et musées d’art de l’Upper East Side, des mafiosi « à fines rayures » de Little Italy et des joueurs de xiangqi à Chinatown et des taxis jaunes tout partout autour… notre quartier préféré de NYC reste néanmoins cet Upper West Side traversé en diagonale par Broadway, appuyé sur Central Park avec ses airs de province, ses terrasses envahissant les trottoirs, son atmosphère nonchalante entre Fairway market, Big Nicks, La Caridad 78 et Barnes & Noble…  

New York, New York… I want to wake up in that city … that never sleeps (F. Sinatra)

Dimanche 8 sept 2019 : Arrivée en fin d’après midi à JFK en provenance de Paris Orly. La location d’un véhicule est prévue dès l’aéroport pour pouvoir démarrer direction le New Jersey dès le lendemain au matin. La route jusqu’à Manhattan n’a pas de secret a priori car elle n’a guère changé depuis des décennies, mais elle réserve toujours des surprises quant au volume des bouchons des retours du weekend… Donc partis allègrement vers Van Wyck Expressway et passés Flushing Meadows, il nous faudra bifurquer sous la contrainte d’un trafic bloqué vers Jackson Heights, Woodside, Long Island city (25.A) pour arriver au tunnel de Queens – Midtown et déboucher au milieu de Manhattan à hauteur de la 37° rue. Droite toute, 5 blocs, puis à gauche dans la 42° pour croiser la 5°, la 7°, passer au pied du Chrysler Building, voir défiler Grand Central, Bryant Park, Madame Tussaud au milieu des néons de Times Square. Droite encore à l’orée de la route qui longe l’Hudson jusqu’à la sortie menant tout droit vers la 79°. Une première immersion dans ce trafic devenu soudain fluide et toujours agréable à suivre, tant la mécanique semble adaptée à ces rues larges à sens unique, où la seule préoccupation est d’anticiper un virage. Notre hôtel est situé dans ce quartier qui nous est devenu cher au fil des visites à NYC, l’Upper West Side avec sa dimension de quartier à taille humaine…Point de très hauts buildings par ici, entre le fleuve et Central Park, un intérêt touristique mineur (sinon à la rigueur pour son Beacon Theatre et son musée d’histoire naturelle, sans omettre une halte au pied du Dakota building et avoir une énième pensée pour John & Yoko), mais en contrepartie une vie de village avec ses bars, ses restaurants (certains ont néanmoins disparu récemment – signe des temps sans doute remplacés par des boutiques de mode ? mais Big Nicks, Viand, Fred’s, La Caridad 78, Nice Matin et tant d’autres sont présents autour et sur Amsterdam avenue), ses magasins d’alimentation aux horaires élastiques (Fairway Mkt, Citarella, Zabar’s). Arrivée tout en douceur devant l’hôtel Lucerne, un lieu quasi historique (le bâtiment datant de 1904, actuellement en profonds travaux de rénovation de la façade). Le service et les chambres sont à l’image de la ville : efficace et d’un kitsch désuet, mais l’immersion dans l’univers new-yorkais n’en est que plus rapide. La literie est moelleuse, cela ne fait aucun doute… mais l’ensemble est quelque part un peu suranné. https://www.thelucernehotel.com/fr . (*) Côté restauration, un solide repas dans un vrai « diner » de Broadway, au Viand Cafe à côté du ‘Beacon theater’, où l’atmosphère et les plats oscillent entre Grèce (le patron) et le Mexique (les employés)… La décoration ne crée par un choc assurément, mais la nourriture est solide et copieuse. A cette heure tardive, c’est une bonne option donc à prix modeste pour NYC, tout ou presque y est disponible : http://viandcafenyc.com/food-delivery-TW/viand-cafe-new-york-city.1953.r?QueryStringValue=FeYlzsiZczzMUeTzb5dWJQ== (*) Au retour à NYC (voir la 2sde partie du blog), changement radical pour loger à Chinatown. Le quartier est à proximité directe du siège du gouvernement de la ville de New York, ‘NY City Hall’ (dont le maire actuel subit à juste titre une volée de bois vert de la part des New-Yorkais quant à sa gestion… New York est sale, infestée de sans abris agressifs, et le retour d’une réelle insécurité a été notée ces derniers mois…). L’intérêt de cette localisation est de rayonner sur le sud et le milieu de Manhattan de Little Italy (dont le caractère authentique a cédé le pas devant l’afflux de touristes dans les pizzerias ; à éviter) à Tribeca, Soho, Greenwich et Chelsea, les quartiers ‘boboisant’ en remontant vers l’Hudson. Au coeur de Chinatown, on trouve quelques bonnes adresses : 1 hôtel qui a des chambres avec vue (c’est rare à NY), le ‘Mulberry’ au 52 de la rue éponyme, https://www.hotelmulberry.com, 1 cantine chinoise le ‘Wo Hop’ au 15 & 17 Mott St. (une rue célèbre à l’époque des Incorruptibles), 1 restaurant italien dissimulé derrière une façade terne et sans fard, le Forlini’s situé juste à l’écart du périmètre italien 93, Baxter St.

Last addresses in Chinatown…

Note : 5 sur 5.

LANCASTER : au carrefour des communautés Mennonite et Amish, au pays des calèches et des chapeaux noirs, au cœur du Dutch County…un pays somme toute assez curieux avec ses personnages habillés en blanc et noir, chapeaux à larges bords vissés sur la tête pour les hommes, coiffes blanches pour les femmes… un monde à part, comme à l’écart du temps. Des regards de défiance comme un ultime geste de préservation de la communauté… La ville au milieu des champs fait figure de petite agglomération tranquille (60 000 hab.) à la vie rythmée par le cliquetis des roues de calèche sur les pavés… A quelques encablures de Lancaster, il ne faut pas manquer le « Red Caboose Motel », créé par un original dont l’Amérique recèle de nombreux spécimen, M. Donald M. Denlinger, qui a racheté 19 wagons ‘N-5 Caboose’ lors d’une vente aux enchères des chemins de fer de Pennsylvanie pour les transformer en chambre de motel … sur roues, mais désespérément sédentaires.

Lundi 9 septembre 2019 : Départ tranquille après un petit déjeuner sur Amsterdam avenue .. à l’Amsterdam Cafe qui fait à la fois bar, épicerie, restaurant… « cheap & convenient for all »… Quitter Manhattan est aussi simple que d’y entrer, mais cette fois par le Lincoln tunnel côté nord vers le New Jersey… La traversée commence par des zones industrielles et franchit quelques anciens ponts métalliques dans la zone de Newark avant de rejoindre l’I 95, puis I 276/76 au nord de Philadelphie. Bird-in-hand dépassé, l’hôtel du jour nous tend les bras à une intersection avant le centre de Lancaster (‘Fulton Steamboat Inn’, une incongruité de voir un steamer au milieu des champs, mais semble-t-il le destin de Robert Fulton, un industriel né à quelques encablures et ayant fait sa renommée dans le transport fluvial expliquerait tout .. https://fultonsteamboatinn.com/ ). Le ‘Dutch county’ est une terre qui nous intrigue toujours un peu avec la présence de ces colons venus de Bavière et alentours et qui visiblement n’ont guère modifié leurs habitudes de vie depuis le 18° siècle. Les attelages tirant des calèches d’où dépassent chapeaux plats noirs et barbes drues ont fait la réputation de ces routes entre vallons et collines. Tout y est parfaitement soigné dans un paysage bucolique avec des fermes rutilantes nichées dans les escarpements. On y croise aussi ces femmes en voiture hippomobile allant « à la ville » dans leur jupes longues et bonnets à volants toutes empruntées par cette timidité reconnaissable entre mille. D’antiques engins agricoles tirés par des chevaux comme aux belles heures de l’agriculture d’avant guerre (celle de 1914 s’entend !). De facto, ces Amish et Memmonites sont à l’écart du monde et souhaiteraient y rester. (Nous rencontrerons plus tard des Hutterites du côté du Montana ; à peine dissemblables mais mieux ancrés dans la modernité). On contemple donc ici dans ces collines parfaitement dessinées et sur des petites routes sinueuses l’immobilisme séculaire à 160 miles seulement de la ville « qui ne dort jamais ».

Have a nice stay at « Fulton Steamboat Inn & Tavern ».

PITTSBURGH  : la ville de l’acier, florissante au XIX° siècle, elle connait le déclin des grandes cités industrielle au cours des années 1970 / 1980. Elle y perd 1/3 de ses habitants … et se regénère lentement à la confluence de ses deux rivières : Monongahela et Allegheny. L’intérêt premier réside dans sa vie culturelle riche de son mécène Andrew Carnegie et de l’enfant du pays, Andy Warhol.  « To be seen »  : https://carnegiemuseums.org/  ;  et surtout https://www.warhol.org/

Warhol au Whitney NYC

Mardi 10 septembre 2019 : Petit déjeuner « on the road » à 150 m de distance de l’hôtel au Waffle House, l’une de ces inénarrables chaines de fast food (Denny’s, Ihop, Golden Corral, Wendy’s, Craker Barrel, Starbucks…) qui jalonnent routes et sorties d’autoroutes pour le petit déjeuner et bien plus. Stéréotype parfait de l’univers américain : banquettes, serveuses et serveurs avec des uniformes parfois hérités d’Hollywood (référence à Pulp Fiction… à moins que ce ne soit l’inverse). Elles et ils sont incompréhensibles au premier abord prononçant à toute vitesse un « charabia typique de leur profession », mais auquel nous restons souvent hermétiques. C’est parti pour un café allongé (trop), du sucre à tous les niveaux sur les gaufres, les crêpes, pancakes arrosés de larges traînées de sirop d’érable, l’addition est vite déposée avant même d’avaler la dernière bouchée…La route à venir vers Pittsburgh est agréable, verte et bien éloignée des clichés industriels de la région, serpentant à travers bois et collines jusqu’à atteindre les faubourgs de l’ancien centre sidérurgique. Entourée de collines (dont certaines faites de charbon, le fameux « Pittsburgh seam »), cette cité est lovée au creux d’une vallée où coulent et se mélangent les rivières Monongahela et Allegheny. La trace des migrations de l’est européen est repérée de loin par les dômes de l’église orthodoxe de St Mary. Depuis Emerald View Park, la vue embrasse toute la ville. Nous avons établi notre campement d’un soir dans le quartier de Greentree orienté au sud ouest vers la route du départ pour le lendemain pour éviter les fastidieux et récurrents encombrements du centre ville. Rien de très original dans ce Hampton Inn, sinon son coté pratique : Id, carte de crédit pour l’enregistrement, clés magnétiques, espace « laundry », machine à glaçons, cookies « party » à 19h, facture glissée sous la porte dès potron-minet & pt déjeuner libre service avant de partir. Avant de dîner dans le même quartier qui possède tous les attributs nécessaires (ce soir là dans une brasserie sans signe distinctif à l’extérieur autre que son parking, dotée de 2 salles et d’un bar où règnent une pénombre qui nécessiterait une lampe de poche pour déchiffrer le menu..mais qui sert in fine une cuisine plutôt au dessus de la moyenne – l’Aracri Greentree Inn http://www.aracrisgreentreeinn.com), la visite du centre ville s’impose avec de jolis ponts à câbles peints en jaune sur fond de Skyline et son musée consacré au génie local, A. Warhol. Inutile de sortir du périmètre signalé comme étant Downtown, autour il n’y a rien. Mais notre curiosité est satisfaite pleinement le lendemain matin en parcourant ‘Grandview Avenue’ aux premières lueurs du matin..

Pittsburgh depuis Grandview Overlook

Note : 4 sur 5.

FORT WAYNE : que dire de Fort Wayne – Indiana – sinon que la cité n’a rien à voir avec les westerns, pas le moindre cowboy par ici, encore moins de relation directe avec John Wayne, et que si il y a bien un fort ici on le doit à un certain Jean-Baptiste Bissot, Sieur de Vincennes (1704). Le fort n’avait donc aucune vocation à protéger la colonie d’une attaque indienne venue on ne sait d’où, mais plutôt pour sécuriser un commerce de fourrures contre les appétits anglais qui tentèrent de se l’approprier. Le premier recensement de 1744 faisait état d’une population composée de 40 français et (d’environ) 1000 Miami (du nom de la tribu indigène qui vivait là). Pas de célébrité connue, peu de monuments emblématiques (hormis la Lincoln Tower ci-dessous, le plus haut building de l’Indiana en 1930, le théâtre Embassy – 1928 et quelques églises ), on entre ici dans le Midwest agricole, l’une des « Amériques profondes »… La ville de Fort Wayne faisait partie de la Rust Belt (ceinture de la rouille) synonyme de la désindustrialisation de ces états dans les années 80 ; elle s’est tournée aujourd’hui vers une économie de services.

Lincoln Tower

Mercredi 11 septembre 2019 : C’est une longue étape qui s’annonce aujourd’hui pour rejoindre Fort Wayne depuis Pittsburgh en longeant le lac Erie (> 500 km) ; la route commence à prendre une tournure plus monotone après les collines de Pennsylvanie. La ville est à mi-distance entre Cleveland et Chicago. C’est un prélude aux grandes plaines du Midwest. Ce mercredi est aussi un jour anniversaire dans toute l’Amérique, drapeaux en berne, réseaux d’information en boucle sur la commémoration sinistre et … malgré tout une indifférence quasi générale à l’arrivée dans cette ville-étape loin des soubresauts du monde et de l’actualité. A Fort Wayne, on recense quelques bâtiments anciens regroupés autour de la fameuse Lincoln Tower (banques, cour de justice) qui bénéficie d’un éclairage avantageux et rougeoyant le soir venu du au mérite de son grand âge, quelques rues et avenues disposées en damier autour, et pour faire bonne mesure, une touche artistique, la municipalité ayant donné libre cours à quelques peintres de rue pour s’exprimer et égayer une cité qui serait sinon pour le moins tristounette. L’activité du soir se concentre dans un quadrilatère formé de Main St au nord, Jefferson Blvd au sud et fermé à l’ouest par Broadway et à l’est par Lafayette St. Quelques bars et restaurants font scintiller leurs néons jusqu’à pas trop tard, car la vie ici est rythmée par la rigueur. Seuls quelques fumeurs isolés et autres buveurs de bière en terrasse dénotent un peu.. Les quartiers d’habitation sont situés au nord de la rivière St Joseph ; le Downtown se vide donc de sa population à la fermeture des bureaux. Un restaurant, ‘Proximo’, https://www.proximofw.com se distingue lui de par son aspect moderne et sa terrasse agréable lors de cette soirée automnale. On ressent ici la première brise d’ouest ; en témoigne ce bison monumental peint sur le mur d’un parking… Côté hébergement : le plus pratique est de résider au plus proche d’une entrée / sortie sur l’autoroute ; le « Wyndham Garden Fort Wayne » tout au nord de la ville est une option parmi d’autres similaires à la sortie directe de l’I 69.

JOLIET : ici, on croise la célèbre route 66 (voir notre article complet sur le déroulé du parcours… ) et c’est le bonheur de retrouver ces néons, ses personnages célèbres ou pas, ses motels et restaurants à spécialités pour motards et chauffeurs épris de grands espaces , … Joliet c’est – entre autres – un pont … levant, une prison historique, un musée et un centre ville attrayant. Les « Blues Brothers » ont laissé leur empreinte sur la ville…  

Iconic restaurant of the 66!

Jeudi 12 septembre 2019 : Etape plus courte aujourd’hui pour relier Joliet au sud de Chicago et faire l’expérience du trafic intense sur les axes du sud de la métropole des grands lacs. C’est aussi le plaisir de retrouver un endroit déjà parcouru… un souvenir de notre descente de la route 66 en 2012 et ainsi pouvoir apprécier les changements en ville : a priori, rien de nouveau côté « Historical Museum » où la conquête de l’espace côtoie toujours tranquillement l’arrivée des premiers pionniers et les vestiges de la ‘Mother Road’… un peu plus de laisser-aller, semble-t-il, au pénitencier (Old Joliet Prison) où les panneaux explicatifs, les portraits des Blues Brothers ont disparu (ce sont souvent des bénévoles qui gèrent « les bureaux de tourisme » et qui font du mieux qu’ils peuvent). Serait-ce aussi que la mémoire de cette route connaîtrait une désaffection de la part d’un plus jeune public moins sensible à l’évocation de ces périples migratoires qui tendaient vers un avenir plus radieux ? (Cf. les « Raisins de la colère« ). Difficile pour nous de rendre compte précisément de l’attrait de la Route 66 sur un seul point de chute comme Joliet. A priori, son centre parait toutefois fortement assoupi en ce début du mois de septembre : le « Rialto » trône fièrement sur N Chicago St, mais sans programmation récente affichée, le « Joliet Route 66 Diner » semble fermé, seul le « Chicago St. pub » (un vrai bistrot typiquement « country » avec ses soirées musicales), attire la clientèle des environs la plus colorée qui vient consommer quelques pintes devant un ‘bon’ match de baseball interminable en plein milieu d’après midi … Gare aux retours du soir ! La ville se situe à l’intersection de la ‘Route 66’ et de la ‘Lincoln Highway’ ce qui confère soudainement un sens particulier à notre voyage : le rappel d’une traversée heureuse en 2012 et l’espoir d’une route sereine en 2019. La profusion des signes particuliers à dénicher sur la route 66 doit être vaste, car d’une visite à l’autre on en découvre de nouveaux : peintures murales, affiches, panneaux signalétiques, etc… une vraie mine pour les amateurs… Pour dîner, le cuistot en chef du « Chicago Pub » ne nous inspirant pas plus que cela, il s’avère donc plus prudent de se rabattre sur une zone commerciale proche de notre hôtel en bordure de l’I 55 et avoir un choix plus varié ; c’est dans un véritable temple du steak que nous décrocherons le ‘seau de cacahuètes’ comme un trophée (voir ci-dessous), ceci en guise d’entrée en matière. La carte s’expose dans une vitrine réfrigérée à l’entrée où figurent le ‘US Choice Sirloin’, le ‘New York Strip’, le ‘Fort Worth Ribeye’, le ‘Bone-In Ribeye’, le ‘Porterhouse Ribeye ou encore le ‘Dallas Filet’ .. « Texas Roadhouse » est résolument une chaîne bruyante, animée, mais diablement drôle toute entière dédiée au culte du steak, cet emblème national, toute tendance ‘vegan’ étant ici considérée comme vulgairement impie 😉

Worth a visit…

CEDAR RAPIDS : qui connait Cedar Rapids, Iowa ? L’archétype de la ville fondée par des immigrants (a priori, tchèques et slovaques par ici…) qui se veut être le modèle de la cité heureuse et qui cumule les distinctions dans ce sens : http://www.cedar-rapids.org/discover_cedar_rapids/about_us/recognition_and_rankings.php  Allons donc vérifier en passant si cela est vrai ! Au delà de cette réputation ambitieuse, CR reste dans l’histoire récente de l’Iowa pour avoir été dévastée en partie par des inondations en 2008, la rivière Cedar étant sortie de son lit naturel, et la ville contribue à l’essor de l’industrie agro alimentaire avec sa production de ‘corn flakes’ de la firme célèbre Quaker Oats Cny (groupe PepsiCo). Néanmoins, la culture n’est pas absente de CR, où résida le peintre Grant Wood de 1924 à 1935 et dont le http://www.crma.org/Content/Grant-Wood/Gallery.aspx présente une série de peintures entre réalisme, austérité, ruralité et naïveté (il est connu plus particulièrement pour son tableau iconique « American Gothic » exposé à Chicago Art Institute).

« American Gothic » by Grant Wood – 1939

Vendredi 13 septembre 2019 : A chaque jour, son état et aujourd’hui c’est l’Iowa qui se découvre sous nos yeux. Le maïs devient « roi des prairies » et les champs s’étalent alors à perte de vue. Une remarque qui ne vaut toutefois pas pour une observation scientifique : jusqu’au Mississippi, aucune difficulté géographique ne vient entraver notre route, et cela a du en être de même pour les pionniers qui organisèrent leurs convois de charrettes pour aller toujours plus loin vers l’ouest. L’horizon est plan, la route est une ligne droite, jusqu’à atteindre Davenport, ou plutôt non, ….bifurquons un peu avant pour faire étape à LeClaire et franchissons le grand fleuve ! LeClaire est un gros village très résidentiel traversé par le chemin de fer qui longe le fleuve. La cité est avant tout réputée dans tout le pays pour avoir vu naître William Frederick Cody alias Buffalo Bill, pas encore maître de cirque. Bien sûr, et comme toujours aux USA, un musée lui est en partie consacrée, agrémenté de tout un bric-à-brac digne d’une véritable brocante où les objets hétéroclites dépassent largement le cadre de la carrière de notre héros du jour… Pourquoi faire étape à LeClaire au delà de la personne de Bill ? (a) pour le Mississipi et les récits de Mark Twain (Les Aventures de Tom Sawyer / Les Aventures de Huckleberry Finn) ; (b) pour se rendre compte sur place de l’influence des pionniers et trappeurs franco-canadiens qui ont exploré ces régions, souvent noué des relations avec les populations natives et qui ont laissé partout la trace de leur passage souvent éclairé. Antoine LeClaire a ainsi ardemment participé à l’installation de ces nouvelles cités et contribué à leur développement (Davenport, LeClaire, Moline..) ; (c) pour se restaurer enfin lors d’un pique-nique au bord du fleuve…Au bout de la route, il y aura Cedar Rapids, une ville qui s’est développée sur le fleuve éponyme et qui se jette dans l’Iowa River avant de rejoindre le Mississippi. Le paysage reste invariablement plat, constellé de silos en aluminium comme posés tel des obus au droit des fermes et qui scintillent de loin au soleil ; les champs s’étendent toujours à l’infini sans que l’on y voit quiconque y travailler en cette saison intermédiaire…La capacité d’attraction de Cedar Rapids est telle que nous avons choisi de faire escale dans un village proche, Mount Vernon, sympathique bourgade de quelques milliers d’habitants. Accueilli d’emblée par un chaleureux « Welcome in our town » au premier carrefour, où nous quémandons une information. Comme souvent aux USA, la ville se résume à sa Main St. ou 1st Street et à 2 ou 3 perpendiculaires. Tout ou presque y est concentré et c’est là que se passe la vie sociale autour d’un verre au bar après la journée de travail, ou d’un plat au restaurant du coin. L’adresse à ne pas ignorer ici est d’ailleurs le « Palisades Cafe », sympathique restaurant familial : http://www.cafepalisades.com où l’on dégustera des plats bien élaborés. Notre auberge pour la nuit se situe quant à elle un peu à l’écart sur l’US 30. Le cœur de ville autour d’un imposant collège a la quiétude tranquille de l’Amérique rurale. 21h, il s’éteint lentement…

Worth a visit too !


SIOUX FALLS : le Midwest s’étire en longueur, et cette fois du côté du Dakota du sud à la limite des états de l’Iowa et du Nebraska. Pas sûr que l’on y croise beaucoup plus d’indiens que de cowboys à Fort Wayne, mais… la présence de tribus amérindiennes semble avérée dans les environs et sur les bords de la rivière Big Sioux. On retrouve aussi la trace de la Nouvelle France dans cette région : ce sont ici aussi quelques colons français qui ont osé franchir les rapides les premiers au début du XVIII°… Amérique des traditions agricoles, le grenier à blé tient il toutes ses promesses de prospérité à l’écart des turbulences du monde ?  L’attractivité de Sioux Falls réside dans son relatif isolement qui en fait un centre commercial actif.. et ses chutes sur la rivière.

Samedi 14 septembre 2019 : Passé Cedar Rapids s’engage sans doute l’une des plus longues lignes droites du voyage sur l’US 20 au cœur des épis de maïs. A droite, à gauche sous un ciel un peu encombré, ce ne sont que des champs, des silos, des champs, des silos… Passé Sioux City on prend à droite sur l’I 29 et nous sommes ravis de descendre de notre carrosse au motel « La Quinta » qui surplombe un nœud d’autoroutes (il est toujours pratique de démarrer au matin depuis un motel proche d’un entrée de motorway afin d’éviter de s’égarer dans les artères de la ville, car notre Tom-Tom a quelquefois des réveils délicats et tardifs…). Le centre ville n’est guère distant que de 4/5 km et de toute façon, il est inconcevable aux USA en 2019 de se déplacer d’un lieu à l’autre sans voiture ; quelque fois même les trottoirs ont été purement et simplement ‘oubliés’… Donc le centre ville atteint, nous sommes plongés au sens premier comme figuré dans les rapides de la « Big Sioux River ». Le site à son charme avec le rugissement de l’eau entre 2 rives où le savoir-faire américain a été mis en oeuvre pour apprivoiser le côté sauvage des chutes en faire un lieu de balade ponctué de « perches à selfies ». La rivière était canalisée pour partie afin d’alimenter un moulin à farine, le ‘Queen Bee Mill’ (1881), dont il reste quelques vestiges. La centrale hydroélectrique a été reconvertie en tour d’observation qui surplombe le site. La partie active de la ville est située à faible distance entre les 9° et 13° rues et particulièrement le long de Main ou de Phillips avenues. On est ici entré au Dakota du sud… Le restaurant « McKenzie River Pizza » sert d’avantageuses pizzas qui seront la récompense d’une journée bien remplie. La nuit au motel « La Quinta Inn » bien localisé à l’entrée / sortie de l’ I 29 permet de préparer sereinement la suite de notre trajet et de reprendre la route du Dakota, vers l’ouest, toujours vers l’ouest… A suivre sur la seconde partie de l’itinéraire : https://usaontheroad.home.blog/2019/08/10/traversee-3-east-to-west-2019-ville-par-ville-jour-apres-jour-de-sioux-falls-a-seattle

Note : 4 sur 5.

Petit addendum en forme de réflexion macroéconomique : lorsque l’on est à l’étranger, et les US n’y échappent pas actuellement compte tenu des élucubrations économiques de ‘Potus’ ; on cherche donc à comprendre la nature des échanges entre le pays visité et la France, (voire l’Europe)… On a donc trouvé 3 traces de l’influence française aux « States » .. les voici, (le Perrier en sus, et ça ne fait pas franchement rêver…😉 :

Autre constat plus sérieux sur l’état des relations entre USA & Asie cette fois (Chine, Vietnam, Indonésie, Bangla Desh…), la totalité des vêtements proposés dans les magasins US et les chaines type Walmart sont importés de ces pays, la majorité des biens d’équipements aussi sans compter ce qui vient d’Amérique Centrale en moindre quantité… De facto, si ‘Potus’ met ses menaces de taxes à exécution, il met aussi ses compatriotes devant des rayons vides… Ça parait moins sensible pour le Bourgogne et le Roquefort, qui concernent une clientèle aisée, bien que les vins français perdront alors l’avantage qu’ils ont actuellement d’être souvent vendus moins chers que les US… A suivre donc … (Les olives seront aussi concernées par la hausse des droits de Douane, donc adieu les « nicioses » de ce coté de l’Atlantique…).

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Culture, Géographie, Histoire

Traversée 3, « East to West » (2019) introduction…

Tout a un début et la préparation d’une traversée de continent nécessite une ardente et précise attention à tous les détails. Au commencement, il y a un itinéraire …

Première option : une route « mythique » du passé, la Lincoln highway, 3400 miles de « côte à côte », imaginée par Carl Fisher (fondateur entre autres de l’Indianapolis Motor Speedway et de … Miami beach), elle relie New York à San Francisco de Times Square au Golden Gate… Il existe aussi une variante, la route 6 (Grand Army of the republic highway) qui relie Provincetown – Massachussets à Bishop – Californie). Inconvénient, elles passent toutes les deux un peu trop au centre-nord des USA et traverse nombre d’états et de régions que nous avons déjà parcourus (Illinois, Colorado, Wyoming, Utah, Nevada, Californie).

Deuxième option : une route non moins « hystérique » racontée dans divers ‘roadtrip books’, celle du grand sud entre Miami et San Diego, via New Orleans, Houston, El Paso, Tucson… Itinéraire a priori sympathique pour la découverte d’états sudistes inconnus jusqu’ici (Alabama, Mississipi, Louisiane) avec pour « fil conducteur » l’Interstate 10 sur une large partie du trajet.

Troisième option : les grandes plaines du Midwest (référence faite au documentaire de Wiseman « Monrovia, Indiana » https://www.youtube.com/watch?v=NsCy5dCHUiM ) et les étendues sauvages du nord Wyoming, Montana et Washington State… ? Par un itinéraire original concocté spécialement pour l’occasion… Après tirage et grattage, c’est cette dernière option qui recueille la majorité des avis ! Il ne reste donc qu’à ferrer les chevaux et à cercler les roues du chariot… Nous appellerons cette traversée « Lewis and Clark bis 2019 » !

Pour une vision différente, état par état :

Un aparté chronologique sur l’expédition originale démarrée en 1803 :

  • Summer 1803: Lewis oversees construction of big keelboat in Pittsburgh, then takes it down Ohio River, picking up Clark and some recruits along the way. With Lewis is a Newfoundland dog, Seaman, he has purchased for 20 dollars. Clark brings along York, a slave he has owned since childhood.
  • Winter 1803 / 1804: Expedition establishes Camp Wood (also called Camp Dubois) on east bank of Mississippi, upstream from St. Louis. More men recruited and trained.
  • March 10: Lewis and Clark attend ceremonies in St. Louis formally transferring Louisiana Territory from France to United States.
  • May 14: Expedition sets off from Camp Dubois “under a gentle breeze,” Clark writes. (Lewis is in St. Louis and joins group a few days later). Nearly four dozen men involved (the precise number is unknown). Members hail from every corner of the young nation. Reuben and Joseph Field are brothers. George Drouillard, Pierre Cruzatte, François Labiche are sons of French-Canadian fathers and Indian mothers. Besides captains, other diarists are John Ordway, a young soldier from New Hampshire; Patrick Gass, a carpenter of Irish stock from Pennsylvania; Joseph Whitehouse, a tailor from Virginia; and Charles Floyd of Kentucky, a “young man of much merit,” Lewis writes. They travel in big keelboat (55 long, 8 feet wide, capable of carrying 10 tons of supplies) and two smaller boats called pirogues. Proceeding up Missouri River involves sailing, rowing, using setting poles, and sometimes wading along the bank to pull the boats with cords. 14 miles is a good day’s progress.
  • May 25: Expedition passes La Charette, a cluster of seven dwellings less than 60 miles up the Missouri, but, as Floyd notes in his journal, “the last settlement of whites on this river.”
  • July 4: Expedition marks first Fourth of July ever celebrated west of the Mississippi by firing keelboat’s cannon, drinking extra ration of whiskey, and naming a creek (near what is now Atchinson, Kansas) Independence Creek.
  • August 3: First official council between representatives of United States and western Indians occurs north of present-day Omaha, when Corps of Discovery meets with small delegation of Oto and Missouri Indians. Captains establish routine for subsequent Indian councils: hand out peace medals, 15-star flags, and gifts; parade men and show off technology (magnets, compasses, telescopes, Lewis’s air gun); give speech saying Indians have new “great father” far to the east and promising future of peace and prosperity if tribes don’t make war on whites or other tribes.
  • August 20: Near what is now Sioux City, Iowa, Sergeant Charles Floyd becomes the expedition’s first casualty from what was probably a burst appendix. (Also becomes first United States soldier to die west of Mississippi.) Captains name hilltop where he is buried Floyd’s Bluff and nearby stream Floyd’s River.
  • August 30: Expedition holds friendly council with Yankton Sioux (near what is now Yankton, South Dakota). According to Yankton oral tradition, when a baby is born, Lewis wraps him in a United States flag and declares him “an American.”
  • September 7: Moving into the Great Plains, the expedition begins seeing animals unknown in the East: coyotes, antelope, mule deer, and others. On this particular day, all the men are employed drowning a prairie dog out of its hole for shipment back to Jefferson. In all, the captains would describe in their journals 178 plants and 122 animals that previously had not been recorded for science.
  • September 25: Near what is now Pierre, South Dakota, the Teton Sioux (the Lakota) demand one of the boats as a toll for moving farther upriver. A fight nearly ensues, but is defused by the diplomacy of a chief named Black Buffalo. For three more anxious days, the expedition stays with the tribe.
  • October 24: North of what is now Bismarck, North Dakota, the Corps of Discovery reaches the earth-lodge villages of the Mandans and Hidatsas. Some 4,500 people live there – more than live in St. Louis or even Washington, D.C. at the time. The captains decide to build Fort Mandan across the river from the main village.
  • November 4: The captains hire Toussaint Charbonneau, a French-Canadian fur trader living among the Hidatsas, as an interpreter. His young Shoshone wife, Sacagawea, had been captured by the Hidatsas several years earlier and then sold to Charbonneau (along with another Shoshone girl). Having been told that the Shoshones live at the headwaters of the Missouri and have many horses, the captains believe the two will be helpful when the expedition reaches the mountains.
  • December 17: Clark notes a temperature of 45 degrees below zero – “colder,” John Ordway adds, “than I ever knew it be in the States.” A week later, on Christmas Eve, Fort Mandan was considered complete and the expedition had moved in for the winter.
  • January 1805: The Mandans perform their sacred “buffalo calling” ceremony and a few days later, a herd shows up. The Indians and explorers hunt buffalo together. Several expedition members get frostbite, as does an Indian boy whose toes Lewis has to amputate, without anesthesia or a surgical saw.
  • February 11: Sacagawea gives birth to a baby boy, Jean Baptiste. Lewis assists in speeding the delivery by giving her a potion made by crushing the rings of a rattlesnake’s rattle into powder.
  • April 7: Lewis and Clark dispatch the big keelboat and roughly a dozen men back downriver, along with maps, reports, Indian artifacts, and boxes of scientific specimens for Jefferson (Indian corn, animal skins and skeletons, mineral samples, and five live animals including the prairie dog). The same day, the “permanent party” heads west, traveling in the two pirogues and six smaller dugout canoes. The expedition totals 33 now, including Charbonneau, Sacagawea, and her baby boy. “We were now about to penetrate a country at least two thousand miles in width, on which the foot of civilized man had never trodden,” Lewis wrote, adding that “I could but esteem this moment of my departure as among the most happy of my life.”
  • April 29: Proceeding into what is now Montana – farther west than any white men had ever gone on the Missouri – they are astounded by the wildlife: herds of buffalo numbering up to 10,000, and other game “so plenty and tame,” John Ordway writes, “that some of the party clubbed them out of their way.” (The men are eating 9 pounds of buffalo meat a day). This day, past the mouth of the Yellowstone River, Lewis and another hunter kill an enormous bear – a grizzly, never before described for science. At first, Lewis believes that Indian accounts of the bears’ ferocity were exaggerated, but in the days to come, as grizzly after grizzly chases the men across the Plains and prove nearly impossible to kill, he writes that the “curiosity of our party is pretty well satisfied with respect to this animal.”
  • May 20: The captains name a river “Sah-ca-gah-we-a or bird woman’s River, after our interpreter the Snake [Shoshone] woman.” As they map new territory, the captains eventually give the names of every expedition member to some landmark.
  • May 29: Clark comes across a stream he considers particularly clear and pretty, and names it the Judith River, in honor of a young girl back in Virginia he hopes will one day marry him.
  • May 31: The Corps of Discovery enters what are now called the White Cliffs of the Missouri – remarkable sandstone formations that the men compare to the ruins of an ancient city. (This section of the river is now protected by Congress and remains the most unspoiled section of the entire Lewis and Clark route.) “As we passed on,” Lewis writes, “it seemed as if those scenes of visionary enchantment would never have an end.”
  • June 2: The expedition comes to a stop at a fork in the river. All the men believe the northern fork is the true Missouri; Lewis and Clark think it’s the south fork. After several days of scouting, the captains are still convinced they’re right and name the other fork the Marias (after a cousin of Lewis in Virginia). The men still think otherwise but tell the captains “they were ready to follow us any where we thought proper to direct,” according to Lewis. Based on information gleaned from the Hidatsas, they know that if they find a big waterfall, they’re on the right track.
  • June 13: Scouting ahead of the rest of the expedition, Lewis comes across “the grandest sight I ever beheld” – the Great Falls of the Missouri, proof the captains had been correct. But then he discovers four more waterfalls immediately upriver. They will have to portage eighteen and a half miles to get around them all. When the rest of the expedition arrives, they make crude carts from cottonwoods, bury some of their cargo, and begin hauling the canoes and remaining supplies over the broken terrain. Broiling heat, hail storms, prickly pear cactus, and other obstacles mark the difficult portage, which instead of the half day the captains had planned the previous winter, takes nearly a month.
  • July 4: The party celebrates its second Independence Day on the trail (as well as the completion of the portage) by dancing late into the night and drinking the last of their supply of whiskey.
  • End of July: The expedition reaches the Three Forks of the Missouri, which the captains name the Gallatin (after the Secretary of the Treasury, Albert Gallatin), the Madison (after Secretary of State James Madison), and the Jefferson, “in honor of that illustrious personage Thomas Jefferson, the author of our enterprise ». Sacagawea begins recognizing familiar landmarks (up until now, the route has been as unknown to her as to the explorers) and points out the place where the Hidatsas had captured her five years earlier. The expedition heads southwest, up the Jefferson. The river is shallow and swift and difficult for the men to drag their canoes upstream.
  • August 8: Sacagawea recognizes another landmark – Beaverhead Rock, north of present-day Dillon, Montana – and says they are nearing the river’s headwaters and home of her people, the Shoshones. Desperate to find the Indians and their horses, Lewis decides to scout ahead with three men.
  • August 11: Lewis comes across a single, mounted Indian – the first the expedition had seen since leaving Fort Mandan – and tries to signal his friendly intentions, but the Indian rides off.
  • August 12: The shipment sent from Fort Mandan finally arrives in the East. Jefferson will plant the Indian corn in his Monticello garden, hang elk antlers in his foyer, and send the surviving animals – a magpie and the prairie dog – to a natural science museum located in Philadelphia’s Independence Hall. Reading Lewis’s confident letter, he would imagine the expedition having already reached the Pacific. That same day, Lewis ascends the final ridge toward the Continental Divide and “the most distant fountain of the waters of the Mighty Missouri, in search of which we have spent so many toilsome days and restless nights” and joyously drinks from an ice-cold spring. Climbing the rest of the ridge – Lemhi Pass, on the present-day border between Montana and Idaho – he expects to see from the summit a vast plain to the west, with a large river flowing to the Pacific: the Northwest Passage that had been the goal of explorers since the time of Columbus. Instead, all he sees are more mountains.
  • August 17: Having discovered a village of Shoshones, Lewis tries to negotiate for the horses he now knows are all-important to cross the daunting mountains. On this day, Clark and the rest of the expedition arrive and Sacagawea is brought in to help translate. Remarkably, the Shoshone chief, Cameahwait, turns out to be her brother. The captains name the spot Camp Fortunate.
  • August 18: Lewis’s 31s birthday. Though he has just become the first American citizen to reach the Continental Divide and has concluded successful negotiations for horses, in his journal entry he turns introspective, writing that “I had as yet done but little, very little indeed.” He vows “in future, to live for mankind, as I have heretofore lived for myself.”
  • August 31: With 29 horses, one mule, and a Shoshone guide called Old Toby, the expedition sets off overland. They head north, over a mountain pass and into the valley of a beautiful river, now called the Bitterroot.
  • September 9: They camp south of present-day Missoula, Montana, at a spot the captains call Travelers Rest, preparing for the mountain crossing. Indians tell them that by following the Missouri to its source, they missed a shortcut from the Great Falls which could have brought them here in 4 days. Instead, it has taken them 53.
  • September 11: The Corps of Discovery ascends into the Bitterroot Mountains, which Sergeant Patrick Gass calls “the most terrible mountains I ever beheld.” Old Toby loses the trail in the steep and heavily wooded mountains. They run short of provisions and butcher a horse for food; snows begin to fall; worst of all, John Ordway writes on September 18th, “the mountains continue as far as our eyes could extend. They extend much further than we expected.” Clark names a stream Hungry Creek to describe their condition. 11 days later, on the brink of starvation, the entire expedition staggers out of the Bitterroots near modern-day Weippe, Idaho.
  • End of September: After debating what to do about the strangers who have suddenly arrived in their homeland, the Nez Percé (on the advice of an old woman named Watkuweis) decide to befriend them. The men get sick from gorging themselves on salmon and camas roots. A chief named Twisted Hair shows them how to use fire to hollow out pine trees and make new canoes.
  • October 7: Near what is now Orofino, Idaho, the expedition pushes its five new canoes into the Clearwater River, and for the first time since leaving St. Louis has a river’s current at its back.
  • October 16: Having raced down the Clearwater, then the Snake rivers, they reach the Columbia. The river teems with salmon – Clark estimates 10,000 pounds of salmon drying in one village – but the men want meat to eat, so they buy dogs from the Indians.
  • October 18: Clark sees Mount Hood in the distance. Seen and named by a British sea captain in 1792, it is a fixed point on the expedition’s map, proof they are at last approaching the ocean. Soon they pass through the raging falls of the Columbia and into the Gorge, emerging from the arid semi-deserts of eastern Washington and Oregon into the dense rainforests of the Pacific Northwest.
  • November 7: Thinking he sees the end of land in the distance, Clark writes his most famous journal entry: “Ocean in view! O! the joy.” But they’re actually only at the eastern end of Gray’s Bay, still 20 miles from sea. Fierce Pacific storms, rolling waters, and high winds pin them down for nearly three weeks, “the most disagreeable time I have experienced,” according to Clark. Later, Clark estimates they have traveled 4,162 miles from the mouth of the Missouri to the Pacific. His estimate, based on dead reckoning, will turn out to be within 40 miles of the actual distance.
  • November 24: To make the crucial decision of where to spend the winter, the captains decide to put the matter to a vote. Significantly, in addition to the others, Clark’s slave, York, is allowed to vote – nearly 60 years before slaves in the U. S. would be emancipated and enfranchised. Sacagawea, the Indian woman, votes too – more than a century before either women or Indians are granted the full rights of citizenship. The majority decides to cross to the south side of the Columbia, near modern-day Astoria, Oregon, to build winter quarters.
  • December 25: An entire continent between them and home, the expedition celebrates Christmas in its new quarters, Fort Clatsop, named for a neighboring Indian tribe. The captains hand out handkerchiefs and the last of the expedition’s tobacco supply as presents.
  • January 1, 1806: In his journal entry, Lewis exhibits the homesickness that seems to afflict everyone during the rainy winter, during which there are only 12 days in which it doesn’t rain. “Nothing worthy of notice” soon replaces “we proceeded on” as the most common phrase used by the diarists.
  • January 4: In the East, President Jefferson welcomes a delegation of Missouri, Oto, Arikara, and Yankton Sioux chiefs who had met Lewis and Clark more than a year earlier. Jefferson thanks them for helping the expedition and tells them of his hope “that we may all live together as one household.” The chiefs respond with praise for the explorers, but doubts about whether Jefferson’s other “white children” will keep his word. (Source http://www.pbs.org – Public Broadcasting Services)
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Culture, Histoire

Nouvelle France !

Entre les 16° et 18° siècles, la France entreprend une vaste conquête des territoires du nord de l’Amérique… L’Empire colonial alors constitué s’étend du golfe du Saint Laurent au golfe du Mexique au sud et jusqu’aux Rocheuses à l’ouest. Paradoxalement, cet épisode de l’histoire de France est mal connu en métropole ; il est sans doute plus illustré aux Etats Unis dans la mesure où de nombreux noms de lieux révèlent cette histoire faite d’aventures et de personnages hauts en couleur. Il n’est en effet pas rare de suivre la trace d’un trappeur d’origine bretonne ou normande dans un territoire isolé des USA. (La même histoire est totalement ignorée des américains, sauf exceptions rares…on vous la raconte ici )…    

Jean de Verrazzane

Les premiers français qui fréquentent les côtes du continent nord américain sont des pécheurs terre-neuvas au début du 16ème siècle. C’est François 1er qui déclenche la première grande expédition sous pression de marchands lyonnais, rouennais et d’armateurs dieppois. Il missionne l’explorateur toscan Giovanni de Verrazzano pour découvrir un passage vers l’orient vers 1522 et naturellement ce dernier se heurte aux terres américaines. Il fait alors du cabotage entre l’actuelle côte de Caroline du nord et suivant le littoral il remonte jusqu’à l’estuaire de l’Hudson (qu’il baptise alors la « Nouvelle Angoulême« ). Le pont Verrazzano à New York qui relie Brooklyn à Staten Island commémore cette aventure. Il désigne ces territoires nouveaux sous le nom de « Nouvelle Gaulle ». (Son second voyage plus au sud vers les Caraïbes lui sera fatal, puisqu’il sera tué et dévoré par des indigènes anthropophages). Six ans après cette fin tragique, c’est Jacques Cartier, le malouin, qui lui succède en 1534 avec pour mission d’explorer l’estuaire du Saint Laurent qu’il remonte. Il découvre ainsi le village de Stadaconé, peuplé d’iroquois (à l’emplacement de l’actuelle ville de Québec) et ouvrira la voie vers l’intérieur des terres, vers le Mississippi à ses successeurs.

Jacques Cartier

Après le temps des Valois, c’est au tour des Bourbons et d’Henri IV de donner une nouvelle impulsion à la découverte de ces nouveaux territoires. Pierre Dugua de Mons et Samuel de Champlain, partent ainsi sillonner la province de Québec et fondent les premiers établissements français en Amérique du nord à partir de 1604. Ils installent des bases à l’île Sainte Croix puis à Port Royal, mais l’hiver canadien et le scorbut amoindrissent la résistance de occupants. Pour financer en partie ces expéditions, Henri IV confia à Dugua de Mons le monopole du commerce des fourrures avec les indiens. Champlain fait d’innombrables aller-retours avec la métropole, s’installe avec sa jeune épouse, prend parti (pour les Hurons et les Algonquins contre les Iroquois), guerroie et découvre de nouveaux espaces au long de la rivière des Outaouais jusqu’aux grands lacs. Il tente de convaincre Louis XIII de l’intérêt stratégique pour la France de s’enraciner en Nouvelle France : « Par la Nouvelle-France, on pourrait « parvenir facilement au Royaume de la Chine et Indes orientales, d’où l’on tirerait de grandes richesses » ; la douane que l’on percevrait à Québec sur toutes les marchandises en provenance ou à destination de l’Asie « surpasserait en prix dix fois au moins toutes celles qui se lèvent en France » ; on s’assurerait un pays de « près de dix-huit cents lieues de long, arrosé des plus beaux fleuves du monde ». Il décède à Quebec en 1635.

Samuel de Champlain

A la mort de Champlain, les explorations cessèrent. Les Hurons et les Outaouais se chargeaient alors d’amener les fourrures dans la colonie. Les missionnaires eux allaient à la rencontre des Indiens. C’est ainsi que les récits des pères Brébeuf, Chaumonot, Raymbaut et Jogues contribuèrent à faire connaître les grands lacs. Le père Jogues, en compagnie de l’ingénieur Jean Bourdon, en dressa une carte partielle. La colonie française se heurte néanmoins aux appétits coloniaux des autres puissances européennes, Espagne et Grande Bretagne. On voit apparaître des aventuriers au courage et à l’audace certains : les « coureurs des bois » (parmi lesquels Médard Chouart des Groseilliers et Pierre-Esprit Radisson, qui déclarent être allés jusqu’à la baie d’Husdon vers 1659, mais sans en apporter la certitude).

Pierre-Esprit Radisson

C’est à partir de 1672 que l’expédition Louis Jolliet – Jacques Marquette traverse le lac Michigan, remonte la rivière aux Renards et entre dans un pays inconnu aux Européens. Ils remontent le Mississippi jusqu’à la confluence du Missouri qu’ils décident de ne pas remonter. Ils descendent ensuite le Mississippi jusqu’à la confluence de l’Arkansas. Ils ont ouvert la route du sud… C’est en 1682 qu’un Rouennais Réné-Robert Cavelier de La Salle et ses hommes atteignent l’embouchure sud du Mississippi en descendant le fleuve et passant par l’actuelle Saint Louis. Le 9 avril, ayant revêtu un manteau écarlate, il prend officiellement possession du territoire découvert au nom du roi de France et le nomme « Louisiane » en l’honneur du roi Louis XIV. Les Français y fonderont des villes au cours des années suivantes, dont les plus importantes sont la Nouvelle-Orléans (fondée en 1718 par Jean-Baptiste Le Moyne, sieur de Bienville) et Bâton Rouge (où les français construisent un fort également en 1718). Lors d’une seconde expédition par voie maritime dans le golfe du Mexique en 1684, Cavelier de La Salle ne parvient pas à retrouver l’embouchure du Mississippi et les déboires de sa flottille (attaque de flibustiers espagnols, maladie, mauvaises routes, attaque des tribus amérindiennes sur la côte texane, défection d’une autre partie de la flotte) amèneront les hommes à se mutiner. Dans un geste vengeur, Cavelier sera tué d’un tir à bout portant dans la tête par l’un des marins survivant à Navasota au nord de Houston (19 mars 1687). L’expédition qui avait pour but premier de conforter l’installation d’un établissement à l’embouchure du Mississippi a tourné au fiasco.

Cavelier de La Salle

Si tous ces émérites navigateurs et explorateurs avaient néanmoins contribué à créer un vaste territoire en Amérique qui était sous la gouvernance de la couronne française, la réaction de Louis XIV à la prise de possession de la Louisiane suscite un questionnement sur l’intérêt que celui-ci manifeste alors pour cette colonie : « Cette découverte est fort inutile et qu’il faut dans la suite empêcher de pareilles découvertes« . Ceci parait dès lors prémonitoire de ce qui adviendra des territoires de la Nouvelle France :

Nouvelle France avant 1750

La Nouvelle-France ‘canadienne’ et la rive gauche du Mississippi ont été perdues au profit de l’Angleterre en 1763, à la fin de la guerre de Sept Ans (dont l’extension américaine s’appellera « French and Indian War » bien que mettant aux prises les puissances ennemies européennes). A la suite de la conquête britannique de l’Acadie en 1755, les Anglais vont procéder à la déportation des paysans français qui peuplaient cette région ; c’est le ‘grand dérangement’ qui se soldera par le départ des Acadiens dans des conditions de sauvagerie dignes des pogroms du XXème siècle et leur ré installation partielle en Louisiane. Le ministre de Louis XV, Choiseul, moquera même la défaite de la France face à l’Angleterre comme n’étant que la « perte de quelques arpents de neige« … La rive droite du Mississippi et la Nouvelle-Orléans ont été cédées en 1762 à l’Espagne lors du traité de Fontainebleau. En 1800, la France récupère cependant la Louisiane des Espagnols lors du traité (secret) de San Ildefonso. Le 18 décembre 1803, la Louisiane est finalement vendue aux États-Unis par Napoléon Bonaparte.

Louis Joseph de Montcalm-Gozon, marquis de Saint-Véran (mort durant le siège de Québec qui signe la défaite française en 1759)

En 1803, la France vendait aux Etats-Unis, pour la somme de 15 millions de dollars de l’époque (entre 60 et 80 millions de francs), la colonie française de Louisiane. Le traité de cession fut signé à Paris le 30 avril 1803, côté français par le ministre du Trésor, le marquis de Barbé-Marbois, au nom de Napoléon Bonaparte, Premier Consul, et côté américain, par James Monroe et Robert R. Livingston, envoyés du Président des Etats-Unis, Thomas Jefferson. Au départ, le Président Jefferson avait chargé ses 2 envoyés de négocier l’achat du port de La Nouvelle-Orléans et de la région de la côte septentrionale du golfe du Mexique connue sous le nom de Floride occidentale, pour la somme de 10 millions de dollars. Mais lorsque Napoléon Bonaparte leur proposa de leur vendre l’ensemble de la colonie française de Louisiane, les négociateurs américains s’empressèrent d’accepter. Pourquoi cette braderie ? En stratège sans doute mal avisé, Napoléon n’entend pas pouvoir défendre ce territoire contre les Anglais et préfère engranger un montant conséquent pour financer ses guerres européennes. On connait la suite…

Transaction franco américaine sur la Louisiane en 1803

Ce vaste territoire correspondait (aux limites néanmoins bien difficiles à établir) à plus de 2.144.476 km2, soit 22,3% de la superficie actuelle des États-Unis, soit bien plus que l’actuel Etat de Louisiane. En effet, il incluait ce qui constitue aujourd’hui l’Arkansas, le Missouri, l’Iowa, l’Oklahoma, le Kansas et le Nebraska ; une partie de la Louisiane, du Texas, du Nouveau Mexique, du Minnesota, du Dakota du nord, du Dakota du sud, du Montana, du Wyoming et du Colorado ; ainsi qu’une partie des provinces actuelles de l’Alberta et de la Saskatchewan au Canada.

T. Jefferson négociateur de l’achat de la Louisiane à Napoléon (honoré depuis au Mt Rushmore et sur le billet de 2 $)
François, marquis de Barbé-Marbois (debout), montant une carte à Robert Livingston (au centre) et James Monroe (à droite)

Aujourd’hui, c’est en parcourant les territoires américains de l’est à l’ouest que l’on prend conscience de la présence et de l’héritage laissé par les trappeurs, les chercheurs d’or, les découvreurs de nouveaux mondes, et tous ceux qui étaient guidés par leur bonne étoile…

Annexe : la littérature sur cette présence francophone, sinon française, en Amérique du Nord est limitée.. citons néanmoins un ouvrage récent qui relate le rôle prépondérant des coureurs de bois dans la colonisation du Grand Ouest, leurs rencontres et relations avec les indiens…

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Culture

Mon Amérique au cinéma…

  • En relation avec la Route 66 :
    • « FORREST GUMP » (Robert Zemeckis – 1994)
    • « LES RAISINS DE LA COLERE » (John Ford – 1940)
    • « LES BLUES BROTHERS » (John Landis -1980)
    • « BLUES BROTHERS 2000 » (John Landis – 1998)
    • « CARS » (Joe Ranft / John Lasseter – 2006)
    • « EASY RIDER » (Denis Hopper – 1969)
    • « LES INCORRUPTIBLES » (Brian de Palma – 1987)
    • « PARIS, TEXAS » (Wim Venders – 1984)
    • « BAGDAD CAFE » (Percy Adlon – 1987)
    • « THELMA & LOUISE » (Ridley Scott – 1991)
    • « ARIZONA DREAM » (Emir Kusturica – 1993)
  • par définition, toute sélection est forcément subjective, et celle ci le démontre sans doute…
    • « ERIN BROCKOVICH » (Steven Soderbergh – 2000) ; voir notre article sur la Route 66, l’étape à Barstow et Hinkley…
  • Avec des thèmes très divers :
    • « BONNIE & CLYDE » (Arthur Penn – 1968)
    • « CITIZEN KANE » (Orson Welles – 1946)
    • « LA MORT AUX TROUSSES » (Alfred Hitchcock – 1959)
    • « CHINATOWN » (Roman Polanski – 1974)
    • « LE PARRAIN » (Francis Ford Coppola – 1972)
    • « WITNESS » (Peter Weir – 1985) ; au coeur du pays Amish,
    • « LEAVING LAS VEGAS » (Mike Figgis – 1995)
    • « CASINO » (Martin Scorsese – 1996)
  • Mais encore :
    • « VALLEY OF LOVE » (Guillaume Nicloux – 2015) ; pour les vues de la Death Valley,
    • « SKY » (Fabienne Berthaud – 2016) ; un roadmovie plein de charme au Nevada,
    • « DANS LA BRUME ELECTRIQUE » (Bertrand Tavernier – 2009) ; pour l’atmosphère des bayous par un amoureux inconditionnel du cinéma américain,
    • « PULP FICTION » (Quentin Tarantino – 1994) ; la jungle à L.A,
    • « KILL BILL » (Quentin Tarantino – 2003) & épisodes suivants ; quelques paysages du Désert de Mojave,
    • « BLUE VELVET » (David Lynch – 1986) ; voyage initiatique au coeur d’une amérique typique,
    • MULHOLLAND DRIVE (David Lynch – 2001) ; sur les hauteurs de L.A, un film à voir et revoir pour tout appréhender,
    • « GRAN TORINO » (Clint Eastwood – 2009) ; la réintégration d’un GI dans la société mixte américaine,
    • « MYSTIC RIVER » (Clint Eastwood – 2003) ; destins tragiques dans la société de Boston,
    • « MINUIT DANS LE JARDIN DU BIEN ET DU MAL » (Clint Eastwood – 1997) ; surtout pour les vues de Savannah,
    • « JFK » (Oliver Stone – 1991) ; une version de l’attentat de Dealey Plaza qui est crédible,
    • « SUR LA ROUTE DE MADISON » (Clint Eastwood – 1995) ; un moment de bonheur que seul un photographe pouvait capter et une Meryl Streep ravageuse,
  • A ne mettre que sous les yeux des amoureux de L.A qui y dénicheront les fragments d’une histoire faite de pépites, de poudre d’or et d’exubérance :
    • « ONCE UPON A TIME IN HOLLYWOOD » (Quentin Tarantino – 2019)
  • Et du côté des Indiens et des Cow-Boys, on retiendra en faisant un choix (délicat) parmi les plus grands réalisateurs :
    • « LE CAVALIER DU DÉSERT » (William Wyler – 1940) ; retour sur les bords du Rio Pecos chez le juge Roy Bean avec Garry Cooper, »LA VALLÉE DE LA PEUR » (Raoul Walsh – 1947) ; du grand western avec Robert Mitchum, »LA CAPTIVE AUX YEUX CLAIRS » (Howard Hawks – 1952) ; avec Kirk Douglas,« OK CORRAL » (John Sturges – 1957) ; lorsque Wyatt Earp reprend du service, ça ‘canarde‘ à tout va… « LA PRISONNIÈRE DU DÉSERT » (John Ford – 1956) ; avec John Wayne tourné en partie dans l’Utah et à Monument Valley,
  • Une mention spéciale à Robert Redford, pour sa contribution dans la promotion du cinéma indépendant à Sundance, ses prises de position dans le domaine public et bien sûr ses interprétations :
    • « JEREMIAH JOHNSON » (Sydney Pollack – 1972) ; voir notre article sur le Wyoming / Cody où est inhumé le ‘mangeur de foie’,
    • « L’HOMME QUI MURMURAIT À L’OREILLE DES CHEVAUX » (Robert Redford – 1988) ; une belle romance avec deux acteurs exceptionnels,
    • « UNE VIE INACHEVEE » (Lasse Hallström – 2005) ; un mélo certes, mais autant pour les paysages du Wyoming que pour sa distribution remarquable,
  • Et pour finir en beauté :
    • « QUAND LA VILLE DORT » (John Huston – 1950) ; d’après Asphalt Jungle (de W. Burnett) titre qui résume bien à lui seul ce film noir,
    • « LA NUIT DU CHASSEUR » (Charles Laughton – 1955) ; quand un pasteur se révèle être un psychopathe,
    • « SEVEN » (David Fincher – 1996) ; à la limite du film ‘gore’, mais avec un grand Morgan Freeman,
    • « TAXI DRIVER » (Martin Scorsese – 1976) ; pour ne pas oublier Robert De Niro et l’ambiance de New York la nuit,
    • « VOL AU DESSUS D’UN NID DE COUCOU » (Milos Forman – 1976) ; pour la performance de Jack Nicholson,
    • « SCARFACE » (Brian de Palma – 1984) ; parce qu’il y a des gangsters aux USA, que Michelle Pfeiffer et Al Pacino donnent le meilleur et pour la musique de Giorgio Moroder,
    • « LE SILENCE DES AGNEAUX » (Jonathan Demme – 1991) ; suspens insoutenable dans ce face à face entre Antony Hopkins et Jodie Foster,
    • « LA DERNIÈRE MARCHE » (Tim Robbins – 1996) ; Susan Sarandon et Sean Penn dans un huis clos avant le prononcé d’une peine capitale, un film toujours actuel,
      • et pour conclure :
    • « IL ÉTAIT UNE FOIS L’AMÉRIQUE » (Sergio Leone – 1984) ; une fresque américaine (3h50) réalisée par un italien,
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