Culture, Géographie, Histoire

Traversée 1, « ROAD 66 » (2012)

  • CHICAGO, IL
  • SPRINGFIELD, IL
  • ST LOUIS, MO
  • LEBANON, MO
  • JOPLIN, MO
  • TULSA, OK
  • OKLAHOMA City, OK
  • ELK City, OK
  • AMARILLO, TX
  • TUCUMCARI, NM
  • ALBUQUERQUE, NM
  • GALLUP, NM
  • FLAGSTAFF, AZ
  • KINGMAN, AZ
  • NEEDLES, AZ
  • VICTORVILLE, CA
  • SANTA MONICA, CA
  • …soit un total de 2250 miles, éq. 3621 kilomètres

CHICAGO : le point de départ se situe près (en face) du musée d’art de Chicago (Art Institute of Chicago) et proche du Millers pub et du Berghoff restaurant, une institution de la gastronomie germano-américaine. Historiquement ce point de départ était sur Jackson blvd, mais en raison d’un changement de sens de circulation, il est passé sur E Adams street. Mais une tolérance existe pour concilier tout le monde et démarrer ce roadtrip chez Lou Mitchell sur W Jackson blvd au n° 565.

Quitter le somptueux « Lake Shore » de Chicago est un déchirement, mais l’attrait de la Route 66 intrigue ! Qu’allons nous y trouver au fil des étapes… et puis il faut partir à l’heure car la route sera longue…(environ 2280 miles, soit 3670 km) en 21 ou 22 jours et cela sans compter les écarts tolérés… Avant de quitter Chicago, si il y a une visite à faire, c’est pour le toit terrasse de l’une des tours de la ville, dont la ‘Sears tower’, le plus haut building de la 66. La vue vaut le détour !

SPRINGFIELD, 1ère étape dans l’Illinois : la route passe par Lyons, Willowbrook, Plainfield (old route 1930), Joliet, Elwood, Wilmington, Gardner, Dwight, Odell, Pontiac, Chenoa, Lexington, Bloomington, Mc Lean, Atlanta, Lincoln, Elkhart, Williamsville…

A Willowbrook, une halte au Dell Rhea’s Chicken Basket permettra de s’adapter à la gastronomie de la route 66 (tenter ainsi l’aventure avec un « Famous Fried Chicken basket » et clore celle-ci sur un « Key Lime Pie » le tout sur une nappe à carreaux vintage) ; vers Plainfield, il s’agit d’un itinéraire optionnel qui emprunte la Old Route de 1930 (c’est l’un des nombreux tronçons où la route originelle se perd un peu et qu’il convient alors de rechercher le nez sur les cartes) ; à Joliet, plusieurs lieux vous attendent du Joliet Area Historical Museum (pour une entrée en matière sur la région et bien au delà de la route) au Rialto Square Theatre (construit en 1926, la 66 naissait alors la même année) en passant par le célèbre Joliet Correctional Center (qui a servi lors du tournage des films ‘Les Blues Brothers – 1980 Blues Brothers 2000 – 1988, puis pour la série ‘Prison Breaken 90 épisodes de 43 minutes !). Un premier géant (ici avec son marteau piqueur) trône à la hauteur du ‘Silver Cross Field Ballpark’ (ce sera le 1er d’une série de marqueurs qui rythment l’itinéraire, à ne rater sous aucun prétexte...).

Seconde alerte aux géants à Wilmington, le Gemini Giant avec son look de cosmonaute (qui fait aussi la renommée du ‘Launching Pad Drive Inn’ voisin), la 1932 Standard Station est la pièce maîtresse d’Odell (impeccablement restaurée avec sa pompe unique rouge et ses pubs Miller Tires de part et d’autre) ; à Pontiac, le Old Log Cabin Restaurant date de 1926 et sert une authentique cuisine américaine (et prévenant, ils précisent : « This is not Burger King… »). Enfin, la visite du Route 66 Hall of Fame Museum est incontournable (ouvert du 1er/4 au 31/10, géré amoureusement par The Route 66 Association of Illinois http://www.il66assoc.org/ et rempli de centaines de souvenirs, dont le van VW de Bod Waldmire, un cartographe célèbre pour ses cartes et dessins de la route). Au nord de Lexington, on trouvera un bout de la route 66 abandonnée et dénommée Memory Lane (à parcourir à pied). Ensuite : on arrive à Bloomington (siège d’une usine de friandises Ferrero, ex Nestlé), Mc Lean (le Dixie Travel Plaza, auparavant Dixie Truckers Home – 1928 – est une halte incontournable pour les routiers entre autres : boutique, self service, toilettes…), Atlanta (voir bien sûr son Hot Dog Giant, la statue de Paul Bunyon, ses peintures murales, sa bibliothèque octogonale...), puis Lincoln (nouvelle alerte aux géants avec celui du président éponyme Giant Abe Lincoln). Avant Elkhart, à Broadwell une étape pour se souvenir du ‘Pig Hip Sandwich‘ désormais rangé au rang des vestiges du Pig Hip Museum, avant d’arriver à Williamsville (siège de deux endroits dédiés aux aficionados de la voiture : le Dream Car Museum et le Die Cast Auto Sales. Enfin Springfield pour la nuit, patrie de Lincoln (dont une statue – alerte Giant The Railsplitter – sensée le représenter jeune hache entre les mains est située près du Illinois State Fairground, ensuite non loin chercher la station Mahan’s Filling Station délicatement encastrée derrière le restaurant Fulgenzi’s Pizza & Pasta). Une adresse pour la restauration : le Cozy Dog Drive-In … ‘home of the famous hot dog on a stick’ ! Seconde alerte géant sur Springfield, celui là plus connu que le précédent car sur la route, le Lauterbach Giant (placé à dessein de devant le garage Lauterbach’s Tire & Auto Service et qui porte un drapeau US dans ses bras remplaçant le pneu initial… patriotisme oblige !). Arrêt au Route 66 Hotel & Conference center : certes pas le plus confortable car un peu vieillot, mais assurément le plus typique dans sa décoration : https://www.rt66hotel.com/

SAINT-LOUIS, 2ème étape ; arrivée dans le Missouri : la route se poursuit via Chatam, Auburn, Thayer, Waggoner, Litchfield, Staunton, Hamel, Mitchell…

Ici, vous aurez à faire un choix entre la route pré 1930 via Chatam, Auburn, Thayer, Virden, Girard, Nilwwod Carlinville, Gillepsie (entre Chatam & Auburn, vous trouverez une portion assez rare d’1,4 mile de chaussée pavée – Red Brick Road – … une vraie route de légende) et la route post 1930 via Waggoner, Lichtfield, Mt Olive. A Thayer, le monument Battle of Virden raconte une bataille sociale sanglante entre mineurs de charbon et la milice du patronat en 1898. A Girard, un arrêt ‘ice cream’ est recommandé au Doc’s Soda Fountain ou au Whirl-A-Whip Restaurant, tous deux a priori ressuscités d’un passé glorieux par de nouveaux propriétaires. A Benld, le Coliseum Ballroom (1924) n’est plus que ruine suite à un incendie en 2011. Waggoner est le lieu du recueillement auprès de la chapelle de Our Lady of the Highways, toujours bien utile avant de prendre la route… A Mt Olive, la Soulsby Service Station (Shell – 1926) a été restaurée par une association locale pour retrouver son lustre d’antan. Un peu après à Livingstone, un éléphant rose accompagne un surfeur géant « Surfer dude« . A Staunton, le Henry’s Rabbit Ranch est en fait une station service dédiée aux lapins… la loufoquerie n’est jamais très loin sur la 66. Une preuve de plus à Mitchell, juste avant St Louis, avec son Luna Cafe, où Al Capone fit des siennes dans la salle de jeu de l’établissement (baraquement en bois à l’enseigne remarquable). Passé la rivière Mississippi par le Chain of Rocks Bridge (décrivant un angle de 22°), on débouche sur l’état du Missouri et St Louis. Difficile de rater la Gateway Arch https://www.gatewayarch.com qui borde le fleuve, fait face aux bateaux à roue qui attendent les touristes et délimite le quartier des affaires. Passés sous l’arche, qui commémore l’expédition de Lewis & Clark, on est réputé passer résolument à l’ouest : cette ville agréable, siège de quelques sociétés minières mérite une étape ; l’hôtel Moonrise saura vous transporter dans l’espace pour une nuit https://moonrisehotel.com/ .

Stop for the night in St Louis and enjoy!

LEBANON, 3ème étape ; toujours au Missouri : avec la traversée entre autres de Eureka, Allenton, Pacific, St Clair, Stanton, Sullivan, Bourbon, Cuba, Rolla, Arlington, Waynesville, Hazelgreen…

La traversée du Missouri commence par un choix cornélien : Old route pre-1932 ou Route post-1932 ? Pas sûr que la première halte à Eureka apporte une réponse satisfaisante, mais à vous de voir… Le Route 66 State Park d’Eureka est surtout connu pour avoir été une zone vidée de ses habitants dans les années 80 (Times beach) en raison de la présence de dioxine. A Allenton, le Red Cedar Inn, ouvert après la prohibition en 1932, n’est plus qu’une façade, car il est fermé. Gray Summit abrite un jardin botanique Shaw Nature Reserve, où la biodiversité locale est expliquée aux visiteurs. De tels endroits sont rares aux US, où la préoccupation écologique reste une affaire presque marginale. Le Lewis Cafe est le point central de St Clair https://www.lewiscafe.net/, traditionnel bien dans la note de la route. A Stanton, on replonge dans l’histoire de l’ouest et de ses personnages mythiques : ici Jesse James dont la mort reste une énigme. Deux lieux particuliers à visiter, le Jesse James Wax Museum et les Meramec Caverns où le bandit se cachait avec son frère Frank… Cuba – the 66 Mural City – est une halte mémorable pour les amateurs de peintures murales. Le Wagon Wheel Motel, avec son enseigne néon, peut s’avérer être l’occasion d’une étape, sinon la route se poursuit vers Fanning, où le Giant Rocking Chair de l’US 66 Outpost est bien planté sur ses 4 pattes au bord de la chaussée. Près de l’échangeur Waynesville / Buckhorn sur l’I44, on note la présence d’un Giant Bowling Pin et d’un panonceau dans l’axe du premier pour un Adult Store. A Hazelgreen, un pont métallique (1923-Bridge) franchit la rivière Gasconade. Le prochain gros bourg, après Rolla, est Lebanon (rien de plus à voir avec le Liban que Cuba avec l’île du même nom 😉 , où le Munger Moss Motel (1946) est l’une des auberges emblématiques de la route. Restaurées en 1971, mais retombées dans leur jus historique, les chambres du motel sont réparties autour d’une piscine fraîche. On ne se lasse pas des reflets lumineux de l’enseigne la nuit venue… https://mungermoss.com. (Halte obligée, malgré une suspicion de ‘bedbugs’ dans ce lieu historique à tous points de vue). Lebanon s’est doté de son petit musée Route 66 Museum pour ne pas être en reste sur les villes-étapes voisines.

La longue route qui peut se parcourir en choissisant ses étapes en fonction de son rythme personnel, de ses centres d’intérêt (un peu toujours les mêmes néanmoins) et surtout la possibilité de s’arrêter pour une nuit dans l’un « homes away from home », à savoir l’un des motels mythiques de la route, bien que le confort soit quelquefois désuet et sommaire. (voir parmi les hôtels cités dans les articles avec (*). La R66 doit être suivie avec le maximum de précision ; elle a parfois disparu au profit d’une autre numérotation ; à d’autres moments, la route originale est impraticable et devient alors souvent parallèle à une route ou autoroute refaite plus récemment, elle se confond alors avec ces nouveaux tronçons ; quelquefois, on peut avoir aussi le choix entre 2 options de la 66 (selon les époques). Par contre des excursions proches sont possibles dès lors que l’on revient sur la route à l’endroit où on l’a quittée…(voir plus bas les outils indispensables pour suivre l’itinéraire en ne gâchant rien).

Rappel de l’itinéraire global..
https://www.historic66.com/

JOPLIN, 4ème étape et continuation au Missouri : via Strafford, Springfield (bis), Halltown, Phelps, Maxville, Carthage, Carterville, Webb city…

Il est des endroits sans cachet, ni intérêt sur cette route. Strafford, petite bourgade assoupie sur une ligne droite qui mène à Halltown en est un. Donc il faut savoir s’échapper et filer au plus vite vers d’autres horizons. A Springfield (Mo) l’enseigne du Rest Haven Court retient l’attention, pas les chambres…Halltown ne retient pas beaucoup plus l’attention, sauf par son Las Vegas Hotel & Restaurant, tout en bois, au charme désuet (pas certain que les chambres soient toujours à louer par contre…). A Paris Springs, la station renovée Gay Parita Sinclair Station ravira les amoureux des pompes à essence. Phelps n’a par contre pas grand chose à offrir. Passons… Carthage est connue mondialement pour l’architecture de son Boot’s Court Motel, aujourd’hui recyclé en location et surtout la délirante chapelle (et son parc attenant) Precious Moments Chapel, entièrement dévouée à Dieu (une débauche de figures enfantines, d’angelots et de petits personnages mi bande dessinée « Fripounet & Marisette », mi liturgie et bien sûr la divine boutique qui va avec …). Webb city est plus intéressante avec ces nombreux édifices : le Route 66 Middle West Hotel (un site déclaré ‘historique‘) le Route 66 Movie Theatre, la Bruner Pharmacy, la Aylor House et le Civic Theater. Il y subsiste également 2 stations-services : l’U.S. Filling Station (1920) et le Route 66 Welcome Center au sein d’une station des années 50. Arrêt à la Quinta Inn de Joplin, (un hôtel de chaîne tout à fait standard à tous les niveaux… du seau de glaçons aux cookies du soir et aux gaufres du petit déjeuner). En 1933, Bonnie Parker & Clyde Barrow se cachèrent dans une villa de Joplin sur W 34th. Peintures murales, stations-services, restaurants à néons colorés sont à découvrir ‘downtown’.

TULSA, 5ème étape dans l’Oklahoma après une courte incursion au Kansas : via Galena, Baxter Springs (Ks), Quapaw, Narcissa, Vinita, Chelsea, Foyil, Catoosa…

K comme Kansas ! Une originalité, sinon une anomalie que ces 13 miles (seulement) parcourus dans l’état du tournesol. 13 petits miles qui néanmoins permettent de découvrir la petite agglomération de Galena. La perle de Galena réside en son musée tenu par des bénévoles disponibles et diserts sur l’étendue de leurs trésors, y compris les locomotives, chars d’assaut et autres véhicules exposés à l’extérieur. Plus coquin s’avère être le Haunted Staffleback Bordello (aujourd’hui vidé de ses péripatéticiennes !), à proximité du Kan-O-Tex Service Station & Diner. Passé cet intermède au Kansas, l’Oklahoma s’ouvre devant nous. Le premier tronçon nous mène à Tulsa, via Quapaw (peintures murales liées à l’histoire des mineurs de charbon et à l’industrie locale), Miami (Waylan’s Ku Ku Burger), Vinita (seconde ville la plus vieille de l’état : motels et stations un peu délabrés se succèdent, y compris le plus grand Mc Do construit en 1957 !! et qui enjambe l’autoroute de toute son arche jaune – un ancètre des restoroutes…), Foyil (un must-to-see que constitue le World’s Largest Totem Pile, 27 m de haut sur 8 de diamètre, 28 tonnes de ciment, 6 d’acier et 100 d’agrégats et de sable), Claremore (et son mémorial, son boulevard, sa statue, son hôtel Will Rogers du nom de l’acteur et écrivain natif du lieu qui donna son nom à la 66 sous la formule Will Rogers Highway), Verdigris (baptisé ainsi par des trappeurs français sans doute égarés dans ce coin ; aujourd’hui connu pour ses ponts métalliques parmi lesquels le Bird Creek bridge) et finalement Catoosa (la baleine bleue – Blue Whale – souriante patauge dans son étang). Arrêt ce jour au Hyatt Place Southern Hills au centre de cette ville, moderne avec son ‘skyline’, lovée le long de la rivière Arkansas. Alerte ‘géant’ à Tulsa, en hommage aux découvreurs de l’or noir, le Golden Driller. En ville, l’art déco a été plus qu’un style architectural, il a essaimé sur le 11th St. Une autre attraction est le Coleman Theater qui lui est extérieurement tout de stuc espagnol.

Parmi les diverses publications, guides et albums dédiés à la route 66, le « EZ66 Route 66Guide for Travelers » de Jerry Mc Clanahan fait autorité sanctionnant la moindre curiosité et détaillant la route mieux qu’un Garmin ou Tomtom.

Un guide – un vrai – n’est pas superflu.
Consulter le site « Historic Route 66 » à l’onglet Books & Maps
« The » guide!

OKLAHOMA City, 6ème étape et capitale meurtrie (attentat de l’extrème droite de 1995) de l’état éponyme : via Red Fork, Oakhurst, Bristow, Stroud, Davenport, Warwick, Wellston, Arcadia…

Toujours plus à l’ouest, le ruban d’asphalte se déroule sur une longue ligne droite sur l’I 44 entre les 2 principales villes de l’état Tulsa & Oklahoma City. Chez Ollie’s Station Restaurant à Red Fork, on peut « jouer au petit train » tout en déjeunant ; le Santa Fe Railway est toujours à l’heure. Oakhurst est une ville quasi fantôme… Bristow s’honore d’avoir transformé astucieusement sa gare de chemin de fer en musée en préservant la charpente (Bristow Train Depot and Museum). Sapulpa honore son industrie et ses ouvriers par une bouteille de coke « Giant Coke Bottle » à l’entrée de la ville ; le stand Happy Burger est ouvert depuis 1957 ! A Stroud, le fameux Rock Cafe n’était plus qu’un souvenir lors de l’incendie qui l’a ravagé en 2008. Une reconstruction a été entreprise sur les murs existants ; son enseigne rouge est visible de loin. Chandler dispose de son Route 66 Interpretive Center où l’on peut s’installer confortablement sur un siège de Cadillac pour regarder les vidéos. L’auteur du guide EZ66, Jerry McClanahan tient boutique dans ce bled et expose dessins, etc dans sa galerie McJerry’s Route 66 Gallery (tél avant d’arriver pour savoir s’il est ouvert !). Wellston a un joli pont surplombant Captain Creek, le 1933 Iron Bridge. La pièce maitresse d’Arcadia est sa grange ronde, 1898 Round Barn. Une petite soif s’étanche au Pop Bottle at Pops, qui propose plus de 400 sortes de sodas, le plus grand choix au monde ! http://www.pops66.com/ Vous avez ensuite le choix des itinéraires pour pénétrer à Oklahoma City, soit par la vieille route (Beltline Option), soit par Capitol Option. Cette dernière mène droit au Capitole et à son derrick, symbole de l’importance du pétrole dans le développement de l’état. Une visite commémorative au https://oklahomacitynationalmemorial.org/ rafraichit la mémoire sur l’existence d’une extrême droite suprémaciste, raciste et fasciste dans ce pays. Halte confortable proche de l’I 40 au Staybridge Suites Oklahoma City. Une visite dans l’excellent National Cowboy & Western Heritage Museum semble incontournable pour appréhender l’ouest profond à venir… https://nationalcowboymuseum.org/

Waylan’s Hamburger, the Ku-Ku, Miami OK

ELK CITY, 7ème étape ; toujours en Oklahoma aux confins du Texas : via Yukon, El Reno, Geary, Weatherford, Clinton, Canute…

Yukon est – parait-il – la capitale tchèque de l’Oklahoma, les bohèmes ayant émigrés en masse par ici. Ils contribuent quelque part au mythe des Oakies cherchant un avenir meilleur vers l’ouest. Ici, l’horizon est néanmoins barré par les silos de la Yukon Mill & Grain Company « Yukon’s best flour« . Impossible de citer bien sûr tous les néons des motels, commerces situés sur le parcours depuis Okl. City, mais cela fait partie de la surprise de la route « Oh ! regarde à gauche, tu as vu à droite… » On se rapproche peu à peu des terres d’élevage et les ‘vegans’ peuvent passer leur chemin devant l’enseigne « Watch your curves, eat more beef« . Passé El Reno, une voie alternative mène sur la route pré-1933 via Calumet et Geary (deux noms biens français, le second dérivé de Edmond Gasseau Choteau Le Guerrier)… ca se termine sur une piste en cul de sac ! Weatherford est sur la terre des indiens Cheyenne et Arapaho. Alerte ‘géant’ (Giant Indian) sur le bord de route au croisement de 4th et Locust, il s’agit effectivement d’un indien, le bras levé.. Clinton est célèbre pour son Oklahoma Route 66 Museum https://www.okhistory.org/sites/route66.php. Canute fait partie de ces cités où fourmillent les signes de vieux commerces, motels, cafés, garages aujourd’hui abandonnés pour les 4/5° et aux néons déglingués. Un avion Lockheed T33 marque l’entrée dans Elk City, lieu de notre étape du soir. Bienvenue au Hampton Inn & Suites Elk City.

AMARILLO, 8ème étape ; ‘l’étable’ du Texas : en passant par Shamrock, Lela, McLean, Alanreed, Jericho, Groom, Conway…

La frontière texane est proche… cet état fier qui fut autonome de manière éphémère accueille les visiteurs avec ses pancartes souvent perforées par les cowboys de pacotille des environs.

Avant la frontière, on traverse plusieurs petites bourgades, Sayre (et son Western Motel, sa peinture murale sur le Route 66 Bar, le Beckham Co Courthouse fut filmé dans une scène des Raisins de la Colère), Erick patrie de Roger Miller, auteur du fameux tube King of the Road https://www.youtube.com/watch?v=Qk_hPTN50UE. (Un musée lui est consacré, le Roger Miller Museum). D’autres doux dingues du même village ont pris le relais, applaudissez Harley & Annabelle : https://www.youtube.com/watch?v=hra52C2avDo. Passé le dernier bled avant la ligne d’état, Texola siège d’une minuscule prison, la route s’annonce droite comme le manche d’une poële (traduisez « Panhandle » ;-)

Shamrock est le lieu d’une casse automobile fournie en épaves de la route ; quelques modèles détonnent un peu et feraient les beaux jours des amoureux de la conduite auto. Au prochain carrefour de l’US 83, la superbe station U-Drop Inn / Tower Conoco a été restaurée et, propriété de la ville, sert à la Chambre de Commerce locale. Mc Lean abrite un confidentiel Old Route 66 Museum / Devil’s Rope https://www.barbwiremuseum.com/ . Pas très loin, le Cactus Inn Motel est photogénique. La nature se fait plus aride à l’ouest de Mc Lean. Alanreed dispose de 3 itinéraires pour suivre la 66, rien que çà : une piste au sud, une 2 voies pavées sur la 3ème rue et une 4 voies baptisée I40. En 1907, la ville possédait une banque, un hôtel, deux églises, un salon, deux épiceries, une quincaillerie, une écurie et une forge, pas certain qu’il y ait plus aujourd’hui… Jericho est pire encore, puisqu’il s’agit d’une cité fantôme. Tout juste quelques plaques autrement dénommées « Historic Marker » signalent tel ou tel édifice ou monument disparu. Groom se fait remarquer par son chateau d’eau penché (intentionnellement ; Leaning Tower of Groom) et sa croix la plus haute … du Texas, voire de l’Ouest (Cross of our Lord Jesus Christ57 m). A Conway, un humoriste a enterré des coccinelles VW (Bug Ranch) comme une réponse amusée au Cadillac Ranch plus connu et à voir après Amarillo. On entre dans cette dernière par l’I 40 access road et on aperçoit de très loin le Giant Big Texan, qui signe l’entrée du complexe du même nom : maison-mère du « Free 72 Oz Steak Diner » (le diner d’une table est offert, si le steak est englouti en moins de 60 minutes…), des pitchers de bière, etc… Pas grand chose à voir en ville et de fait, un choix opportun de séjourner à l’ouest de la ville, prêts à redémarrer le lendemain : Holiday Inn – Amarillo West.

TUCUMCARI, 9ème étape et première halte au Nouveau Mexique ; la ligne droite historique : via Vega, Adrian (le point médian de la route), San Jon…

Sortis d’Amarillo par l’I40 (parallèle à la 66), on longe le Cadillac Ranch (1974) un peu éloigné de la route ce qui tend à diminuer la première impression du lieu d’exhibition. Passé une clôture, il faut se munir d’une bombe de peinture pour ajouter sa touche à l’ouvrage (des bombes plus ou moins vides trainent ici et là au pied des 10 cadillacs). Vega a vu sa Magnolia Gas Station restaurée en pierres grises un peu austères. Le prochain stop est un moment important de la route, puisqu’il s’agit précisément du point médian géographique de la route 66, Adrian avec son panneau symbolique entre West Tucumcari / East Amarillo, son Mid-Point Cafe (et ses tartes aux fruits). La localité frontalière s’appelle Glenrio, déserte… Le Nouveau Mexique devient notre nouveau terrain d’exploration. San Jon est aussi délabrée. Il faut filer vers Tucumcari pour retrouver l’esprit et les signes extérieurs de la 66. Tee Pee Curios, Motel Safari, Tucumcari Historical Museum, Del’s Restaurant sont des endroits reconnus de la cité, mais c’est le Blue Swallow Motel qui remporte la palme (et qui doit figurer en bonne place sur tous les albums consacrés à R66), avec ses chambres cosy pas très grandes, dans un style assez kitsch, mais sonores (24h/24 roadtrucks obligent) et suspectes de ‘bedbugs’ vivant en colonies serrées… La ville qui peut connaitre des journées (très) chaudes en été dispose d’un lac à proximité pour s’aérer et se rafraîchir.

Tucumcari

ALBUQUERQUE, 10ème arrêt (avec possibilité de faire un complément de visites à Santa Fe et Taos) ; via Montoya, Newkirk, Cuervo, Santa Rosa, Milagro, Clines Corner (US 285 pour le Santa Fe loop), Moriarty, Tijeras, Carnuel…

A la sortie de la ville, une sculpture stylisée signifie que le chemin est bien le bon vers Montoya (Historic Richardson Store délabré), Newkirk (Route 66 Service Station abandonnée), puis Cuervo (Frontier Bar en ruine). Le Route 66 Auto Museum est un peu plus pimpant à Santa Rosa. Autre signe que nous dérivons calmement, mais résolument vers l’ouest « sauvage », la route franchit le Rio Pecos après Santa Rosa et la loi sera désormais celle du Juge Roy Bean (voir notre article « Un tour au Texas & Nouveau Mexique – 2009 »). Moriarty s’enorgueillit de maintenir vivant quelques vestiges de la route, comme le Sunset Motel, la Whiting Bros Gas Station, le El Comedor de Anayas Restaurant. C’est un peu avant cette localité que l’on tourne à droite direction Santa Fe pour celles et ceux qui veulent tester l’ambiance de cette ville hautement ‘bobo’ et pas du tout ‘hobo’. Ce ‘Santa Fe Loop‘ comme il se nomme était en fait la voie initiale et le passage via Albuquerque n’a été décidé qu’en 1937. Donc in fine, passer ou non par Santa Fe est affaire de goût…le principal est sauf : rester sur l’itinéraire…Albuquerque, c’est la ville des chapeaux, chez Man’s Hat Shop installé depuis plus de 70 ans sur Central Av. C’est aussi et surtout le Aztec Motel (1932), le KiMo Theater, le magasin Maisel’s Indian Jewelry (1939) et le Route 66 Diner. Notre halte se situe un peu à l’écart près des monts Sandia et du fleuve Rio Grande : Hyatt Regency Tamaya 1300 Tuyuna Trail, Santa Ana Pueblo.

GALLUP, dernière étape au Nouveau Mexique, la 11ème : via Rio Puerco, Mesita, Laguna, San Fidel, Grants, Bluewater, Prewitt, Coolidge…

Rio Puerco, un pont (Rio Puerco Bridge 1933) désaffecté, mais un casino flambant neuf. Vers Mesita, la route ondule de Owl Rock à Dead Man’s Curve, puis descend vers Laguna. A Budville, le Budville Trading Co existe depuis 1928. A Cubero, Hemingway aurait écrit partie de son « vieil homme et la mer » au Villa Cubero Trading Post, mais cela reste sujet à caution, car il semble l’avoir déjà écrit en d’autres lieux… A Mc Cartys, la Santa Maria Mission est perchée sur le bord de la route. L’uranium était extrait du sous sol de Grants et le New Mexico Mining Museum est là pour le rappeler. Prewitt abrite le Tomahawk Bar à la façade rose. La marque du Continental Divide (entre Pacifique et Golfe du Mexique) est signalée entre Thoreau et Coolidge. La voie de chemin de fer, qui suit la route, procure un spectacle insolite lorsque les trains lourds sont en compétition avec les routiers. Gallup, l’indienne : il y a ici profusion de trading posts, de galleries, des néons, des peintures murales dont une réalisée avec des néons sous le titre « Here We are On Route 66, Gallup NM ». Alerte ‘géant’ avec le Giant Kachina célébrant la nation indienne. Celui-ci est contrebalancé par le Giant Muffler-Man Cowboy… pour ne pas faire de jaloux. Il n’y a que l’embarras du choix pour dormir à Gallup et avec des $$, le El Rancho hotel vous embarque à Hollywood. Les célébrités se sont succédées dans cet établissement, Errol Flynn venant à cheval commander à boire au 49er Lounge Bar et une galerie à l’étage vous font parcourir le bottin mondain des USA. Pour notre part, ce sera le temps d’une visite avant de rejoindre notre home (tout aussi décent) : La Quinta Inn & Suites.

FLAGSTAFF, la 12ème étape au cœur de la forêt rafraichissante de l’Arizona : via Lupton, Allantown, Chambers, Navajo, (arrêts conseillés à Painted Desert & Petrified Forest de part et d’autre de la I-40 / 66), Holbrook, Winslow, (arrêt conseillé à Meteor Crater – exit 239 I-40), Winona…

Après cette avalanche de signes (très) distinctifs de la Route 66 dans une seule et même ville, on reprend le 4×4 avec une espèce de « gueule de bois » ayant le sentiment de quitter un endroit un peu délirant faisant une synthèse entre la conquête de l’ouest, la magie de la route, l’espoir d’une vie meilleure. Defiance, Manuelito, on égrène des noms ‘exotiques’ sur cette portion qui longe le Rio Puerco en dehors de l’I 40. Le trajet grimpe doucement au travers de Devil’s Cliff. On est ici en pays Navajo et on entre en Arizona : Lupton (Geodesic dome at Ortega’s indian market), Houck (Fort Courage), Sanders, Chambers, Navajo (la limite d’état est marquée par un ‘Giant Tee Pee‘ planté au sein d’un trading post devant une barrière rocheuse ; business indien oblige). Avant Holbrook (nombreux motels historiques rénovés ou non dont le Wigwam Motel – 1950 – unique en son genre, fait de Tee Pees alignés devant lesquels trône une « old vintage car » différente), côté droit on entre dans le « Painted Desert« , (El Desierto Pintado) ainsi nommé par son premier visiteur, un explorateur espagnol (en fait une partie du Petrified Forest National Park) ; une route serpente au travers de collines dont les couleurs changent avec les lumières successives du jour. De l’autre côté de l’I 40, la « Petrified Forest » recèle ces fameux troncs d’arbre pétrifiés, fossilisés, transformés en roches aux couleurs chaudes ; gisant çà et là dans la rocaille au détour de chaque virage. Epoustouflant paysage brûlé par le soleil ( au demeurant, c’est l’unique parc national traversé par la Mother Road : https://www.nps.gov/pefo/index.htm – faire le Blue Mesa Trail – 1 mile – pour découvrir la nature d’un peu plus près et avoir la chance de croiser la route de quelques Collared Lizards…).

Holbrook est à équidistance de Gallup, notre dernière étape et de Flagstaff, la prochaine. Alerte ‘géant’ au Rainbow Rock Shop avec ses dinosaures alignés sur le trottoir. Ensuite à Joseph City, plus vieux campement de Mormons en Arizona (1876), vous serez accueilli par un lapin au Jack Rabbit Trading Post : « If you haven’t been to the Jackrabbit, you haven’t been to the southwest« . Dans la ville suivante de Winslow, c’est un hommage aux Eagles et à leur chanson ‘Take it easy » qui se trouve à l’angle de Kinsley/2nd sous le panneau indiquant « Standing on the corner« . Les motels abondent dans la cité, dont La Posada hotel, un vénérable établissement de 1928. Stations-services, trading posts, un théâtre et autres restaurants typiques ne sont pas en reste, ce qui fait de Winslow une halte impérative pour le photographe, si ce n’est pour le gastronome :-). Meteor City qui n’est plus ni une ville, ni même un village signale cependant que vous être proche d’un autre site mémorable, le Meteor (ou Barringer) Crater. Il s’agit d’un cratère d’impact d’une météorite de 300 000 tonnes et de 50 mètres de diamètre qui a laissé une cavité de 1400 mètres de diamètre sur 190 de profondeur. Two Guns est une ville fantôme, Twin Arrows sont 2 flèches plantées dans le sol et dernier vestige d’un établissement disparu lui aussi. Winona n’a guère à offrir d’autre que son vieil Old Iron Bridge. Il apparait que la végétation change un peu à mesure que la route s’élève et que l’on entre dans la Coconino National Forest. Devant nous, la ville / carrefour de Flagstaff nichée au pied des San Francisco Peaks : l’I 17 au sud mène à Phoenix, l’I 40 (R66) traverse la ville d’est en ouest, vers le nord et Page et l’Utah, on peut emprunter la route 89, vers le Grand Canyon (South Rim), il faudra prendre la 180. La température soudain fraîchit à 2106 m et la ville prend des airs de station alpine. Alerte ‘géant’ au Granny’s Closet avec une réplique d’un Muffler Man à la hache. Le centre ville agréable de Flagstaff recèle d’autres curiosités, telle que le Monte Vista Hotel et son enseigne sur le toit, l’hôtel Weatherford (1897), le Museum Club et sa guitare géante. Halte nocturne au Little America Hotel niché dans une pinède de ponderosas le long de l’I 40, un établissement distingué avec piscine, restaurant…

Cliché daté de 2012

KINGMAN, 13ème étape et deuxième en Arizona : via Parks, Williams (avec une bifurcation sur la droite par la route 64 pour le Grand Canyon), Ash Fork, Seligman, Peach Spring, Hackberry…

Si vous décidez de continuer vers le South Rim, inutile de revenir sur vos pas par la 180, mais rejoindre l’I 40 / R66 à Williams par l’US 64 (en suivant le train à vapeur qui fait la jonction avec le Grand Canyon) et ainsi reprendre le cours de la Mother Road à cet endroit qui regorge de motels et de restaurants (tourisme de masse s’entend..) : Rod’s Steak House au néon de bœuf géant, Twisters 50’s Soda Fountain, Old Smokey’s Restaurant sont des adresses sûres. Puis, la route défile en passant via Ash Fork (Desoto’s Beauty and Barber Shop, Hi-Line Motel, Copper State Motel), Seligman (Aztec Motel, Supai Motel, Route 66 Motel), Truxton (Frontier Motel & Cafe), Hackberry (et son fameux Hackberry General Store), Antares (connu principalement pour son Ranchero Motel et sa tête de Moai, Giganticus Headicus ; pourquoi un tiki ici ? on vous répondra immanquablement « and why not ? »)… tout ceci avant d’aboutir en fin de journée fourbus par les stops multiples à Kingman. Etape classique : confort d’une chaîne reconnue et sans surprise avec son petit déjeuner standardisé, sa salle de bain moulée d’une pièce ;-), sa ‘laundry room’ et sa machine à glaçon obligatoire… Holiday Inn Express Hotel & Suites. Kingman est le siège de l’ Historic Route 66 Association of AZ dans son Powerhouse Visitor Center ; un musée est situé au 1er étage. Autres découvertes à faire : le Trovatore Motel, le Kingsman’s Landmark Steakhouse, Mr. D’z Route 66 Diner, les réservoirs du Kingman Water Tank, l’AT&SF Railroad Depot (ou s’arrête quotidiennement l’Amtrak SouthWest Chief – L.A / Chicago), le Hill Top Motel (Best view in Kingman…).

NEEDLES, 14ème étape et l’Arizona se referme derrière nous : via Oatman (et sa route historique en lacets, la ‘Oatman highway’), Topock…

Sur la trace de l’or ! En direction de Oatman, la route devient lacets, virages en épingle ; depuis Cool Springs et jusqu’à Golden Shores on s’éloigne temporairement de l’I 40 pour suivre l’une des sections les plus authentiques : l’Oatman Highway à travers les Blacks Mountains. Au col de Sitgreaves, l’altitude n’est que de 3,595 ft (1.096 m), mais offre un excellent point de vue. Goldroad fut un lieu de recherche effrénée d’espoir et d’utopie. Oatman et ses ânes (‘wild burros‘) qui flânent en rue a connu les riches heures de la ruée vers l’or ; elle se contente aujourd’hui de la manne des touristes. Son Oatman Hotel & Café (1902) est le joyau de la petite cité. On n’entend plus siffler les balles dans le vieux Glory Hole Saloon et ses murs tiennent encore debout miraculeusement. Le retour sur l’I 40 à hauteur de Topock signifie aussi que nous quittons l’Arizona pour entrer (ô moment d’histoire !) dans le dernier état à traverser, la Californie ! La limite d’état est gravée dans le sol par la rivière Colorado. Ce sera le lieu de notre étape du jour : BW Colorado River Inn. Needles est annoncée par son 66 Motel et le Welcome Wagon ; c’est une ville importante pour le chemin de fer.

VICTORVILLE, 15ème arrêt en Californie : via Chambless, Amboy, (arrêt obligatoire au Bagdad Café), Ludlow, Newberry Springs, Barstow (voir notre récit d’une visite à Hinkley sur l’article « Un itinéraire sur les routes de l’ouest »), Helendale, Oro Grande…

Needles sert aussi de base pour une excursion dans le Mojave National Preserve, qui est coincé entre les I 15 et I 40 et a la beauté dure et singulière d’une terre désolée, aride, inhospitalière : https://www.nps.gov/moja/index.htm. C’est aussi l’occasion de faire un détour par Las Vegas, la cité du jeu, du mariage ‘factice’ et accessoirement des tueries de masse sans motif apparent (1er octobre 2017). [Avertissement : Ce ‘détour’ autorisé par les puristes ne doit pas être l’occasion de ‘déserter’ la Route 66 et donc doit se concevoir comme un simple aller retour via l’US 95 et non pas en récupérant la I 15 au départ de Las Vegas, car alors le trajet sur la 66 serait tronqué…]. A l’ouest de Needles, la 66 prend 2 itinéraires possibles : (a) post 1931 désormais confondue avec l’I 40 via les Sacramento Mountains, (b) via Goffs à la limite du désert de Mojave. La jonction de cette dernière portion avec l’I 40 se fait à Fenner. Il fait chaud et sec … la station service Hi Sahara Oasis semble un mirage dans ce bout de désert. Le « Route 66 Public Art Corridor » dans les environs de Chambless perpétue une solide tradition de la 66 depuis des décennies, une forme d’art ‘participatif’ qui invite chacun à s’approprier – ou à initier – une partie d’oeuvre ; les uns accrochent leurs chaussures sur des fils barbelés ou taguent leurs noms et d’autres slogans variés sur un corridor de plusieurs miles entre Essex et Amboy. Attention toutefois aux « snakes » qui rôdent dans les environs… L’arrêt suivant est à la fois dédié aux cinéphiles et aux assoiffés de tous bords, car il s’agit sur un bout de route annexe de se rafraîchir la gorge au Bagdad Café à Newberry Springs (ex Sidewinder Café)… Quelques personnages dignes du long métrage le hantent à longueur d’année en cultivant le mythe. Passé Daggett, on aborde Barstow et on ne quitte pas le 7ème art, puisqu’on arrive au croisement de l’I 40 (laquelle s’arrête curieusement ici) et I 15 (qui prend le relais direction LA). Barstow est à quelques miles de Hinkley et sa trop fameuse usine de la PG&E … la pollution au chrome VI a eu raison de la vie à Hinkley, où les maisons se vident autour du site industriel. Les champs et cultures alentours replantés par la compagnie d’énergie pour donner le change et absorber la contamination dans les sols et la nappe phréatique ne font qu’illusion… Erin Brockovich (voir notre article « Mon Amérique au cinéma ») a certes gagné un combat juridique et médiatique, mais les habitants de la zone ont tout perdu… santé, biens immobiliers, exploitations agricoles… et sans doute gagné quelques indemnisations sur les 300 millions de $ auxquels a été condamnée la PG&E. (La visite de la zone contaminée a quelque chose de réellement surréaliste, car on est replongé immédiatement dans ce film avec ces maisons murées par du contreplaqué, ces panneaux de protestation dérisoires, et cette usine – pas très grosse avec ses bassins de traitement des eaux – gardée par des vigiles suspicieux et immédiatement en alerte dès qu’un véhicule s’approche…). De Barstow à Victorville, le trafic se fait plus soutenu avec les retours de Las Vegas : à Helendale, un perroquet signale la Old Polly Gasoline qui était vendue chez Newton’s Towing (en d’autres temps) ; le tintement sonore des bouteilles de verre multicolores attirera votre oreille en passant devant le Bottle Tree Ranch d’un artiste prénommé Elmer. Victorville, cité épargnée par les foules qui cinglent vers L.V ou L.A mérite un arrêt tant ses curiosités sont nombreuses : Emma’s cafe, New Corral Motel, Green Tree Inn, California Route 66 Museum (un de plus, jusqu’à l’overdose…). Un arrêt prolongé au Hilton Garden Inn Victorville a zone ont tout perdu… santé, biens immobiliers, exploitations agricoles… et sans doute gagné quelques indemnisations sur les 300 millions de $ auxquels a été condamnée la PG&E. (La visite de la zone contaminée a quelque chose de réellement surréaliste, car on est replongé immédiatement dans ce film avec ces maisons murées par du contreplaqué, ces panneaux de protestation dérisoires, et cette usine – pas très grosse avec ses bassins de traitement des eaux – gardée par des vigiles suspicieux et immédiatement en alerte dès qu’un véhicule s’approche…). De Barstow à Victorville, le trafic se fait plus soutenu avec les retours de Las Vegas : à Helendale, un perroquet signale la Old Polly Gasoline qui était vendue chez Newton’s Towing (en d’autres temps) ; le tintement sonore des bouteilles de verre multicolores attirera votre oreille en passant devant le Bottle Tree Ranch d’un artiste prénommé Elmer. Victorville, cité épargnée par les foules qui cinglent vers L.V ou L.A mérite un arrêt tant ses curiosités sont nombreuses : Emma’s cafe, New Corral Motel, Green Tree Inn, California Route 66 Museum (un de plus, jusqu’à l’overdose…). Un arrêt prolongé au Hilton Garden Inn Victorville est donc amplement justifié, juste avant de plonger vers San Bernardino et Los Angeles….

SANTA MONICA, 16ème étape et dernière ligne (presque) droite vers l’objectif final : via Cajon Summit, San Bernardino, La Verne, Pasadena, Hollywood (Santa Monica blvd), Beverly Hills…

La Der des Der, l’étape ultime, la 16ème et … déjà un pincement au cœur que l’océan soit une barrière infranchissable avec ce satané 4×4 devenu une seconde maison à défaut d’une seconde peau…

Ford SUV

Dans la descente de la Cajon Pass vers la grande banlieue de L.A, on revoit défiler les kilomètres et on se remémore quelques images gravées au terme de ces 21 jours de route… San Bernardino était une ville sinistrée lors de notre passage, en faillite comme quoi cela arrive même aux meilleurs (la Californie serait à elle seule la 5 ou 6ème puissance économique mondiale..!). La route 66 prend des allures de voie de grande banlieue alternant feux rouges et arrêts de bus… (Rialto dispose de son Wigwam Motel tout rénové ; les « Route 66 memories » se succèdent à un rythme soutenu, mais la magie n’est plus la même dans ce trafic infernal de la mégalopole. Il faut ici être attentif à tous instants ; pas le temps de peaufiner les détails. Ce sont les noms qui se succèdent qui font rêver : Rancho Cucamonga, Claremont, Glendora, Arcadia, Monrovia, Pasadena, puis on pénètre dans le saint des saints par Sunset Boulevard, puis bifurcation à gauche par Santa Monica Blvd jusqu’à l’océan, à gauche toujours sur Ocean Avenue pour stopper net à la hauteur du Santa Monica Pier ! Si le point d’arrivée a été légèrement déplacé pour des raisons logistiques, la fin de la route est signalée à la fois sur le ponton et dans la pelouse proche de Palisades Park par le Will Roger Highway Marker. C’est aussi l’endroit où les beatniks s’apercevaient qu’après L.A c’était la mer, puissante, et à vrai dire pas très pacifique et que définitivement la route s’arrêtait là !

Après un temps légitime d’émotions entremêlées, la dernière ligne droite nous emmène vers ce petit bijou de Mr. C Hotel sur Beverly Drive à Beverly Hills, son bar vintage, ses fauteuils et canapés, son cocktail Bellini : un autre mythe du cinéma vient de tomber tout près avec Pretty Woman !

The End ! Pincement au cœur en découvrant la plaque commémorative « Will Rogers Highway » et le panneau « End of the trail » sur le ponton de bois blanc qui abrite toujours une fête foraine. Les images se bousculent un peu et il faudra mettre tout cela à plat pour (re) dérouler le long tapis d’asphalte.. et revoir l’aventure de la famille Joad partie d’Oklahoma vers un avenir meilleur (« Les raisins de la colère », E. Hemingway).

Papa Cristo’s : « the best Greek food in L.A »
  • Récapitulatif : nos suggestions d’hébergement :
    • Chicago : hôtel BURNHAM (*)
    • Chicago : hôtel HAMPTON Inn & Suites Downtown
    • Springfield : ROUTE 66 hôtel (*)
    • Saint Louis : MOONRISE  hôtel (*)
    • Lebanon : MUNGER MOSS hôtel (*)
    • Joplin: La QUINTA Inn
    • Tulsa : HYATT Place Southern Hills
    • Oklahoma city : STAYBRIDGE Suites
    • Elk city : HAMPTON Inn & Suites
    • Amarillo : HOLIDAY Inn
    • Tucumcari : BLUE SWALLOW motel (*)
    • Albuquerque : HYATT Regency Tamaya  Santa Ana Pueblo
    • Gallup : La QUINTA Inn
    • Kingman : HOLIDAY Inn Express
    • Needles : BW Colorado River Inn
    • Victorville : HILTON Garden Inn
    • Beverly Hills : Mr C Beverly Hills (*)
    • Renseignements sur demande…

Et plus encore / and many more !

Des hôtels sur le parcours…

Et parce qu’il est parfois compliqué, voire moralement indécent, de refermer un pareil périple sur un simple billet d’avion, il est hautement suggéré de revivre une partie de la Route en sens inverse, le Southwest Chief d’Amtrak y pourvoira. Départ de la superbe, presque désuète mais iconique gare de L.A au style purement hispanique (Union station fête ses 80 ans en mai 2019) https://www.unionstationla.com/ et arrivée à Chicago après 46 heures de trajet via Barstow, Flagstaff, Gallup, Albuquerque, La Junta, Topeka, Kansas City… Juste le temps de recoller les morceaux et de mettre les bonnes images dans les bonnes cases de l’album de la 66 !

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Un tour des parcs de l’Ouest (1999)

Via NYC & Salt Lake City … Go West ! Utah et Arizona.

Canyonlands
  • Etapes :
    • Salt Lake City
    • Moab
    • Arches Nat’ Park
    • Canyonlands Nat’ Park ; Horseshoe canyon
    • Monument Valley
    • Canyon de Chelly
    • Petrified forest ; Painted desert
    • Gallup
    • Jerome
    • Flagstaff & Grand Canyon
    • Glen Canyon & Lake Powell
    • Zion Nat’ Park
    • Bryce Canyon
    • Salt Lake City
Go West, Go Straight !

SALT LAKE City (voir article « Un tour au Wyoming ») ; accessoirement la ville du temple et siège de l’église des Mormons et surtout un bon point de départ pour explorer les parcs de la région centre ouest. Prévoir cependant un 4×4 robuste pour palier à certaines surprises sur les pistes de la région ..

Moab est la porte d’entrée pour le parc d’Arches. Elle concentre motels, restaurants, boutiques d’équipements divers. (A noter entre autres un petit restaurant mexicain, le Charro Loco, très bon… découvert en 2015 lors d’un second passage à Moab )

Arches Nat’ Park ne mérite aucun commentaire ; chacun reconnaitra le travail du vent et de l’érosion et partant la raison de cette dénomination.

Canyonlands Nat’ Park, voisin du précédent un peu au sud de Moab (Arches est au nord) est le premier parc où l’on suit le Colorado dans sa progression compliquée à travers des paysages dantesques décrivant des boucles en épingle à cheveu.

Passé Monticello, Blanding, Mexican Hat (prendre à droite), la lente descente vers Monument Valley fait rejaillir tous les westerns tournés en décor naturel autour des mesas. Paysage grandiose s’il en est !

Canyon de Chelly, sans doute l’un des plus beaux paysages de l’ouest. Vu du haut ci-dessous, on peut être saisi par la majesté de cette gorge creusée dans le gré et s’étendant sur plus de 40 km. On est en pleine réserve Navajo.

Détour par l’Arizona …Petrified forest & Painted desert occupent chacun une partie de la zone désertique de part et d’autre de l’I-40. On a troqué ici l’Utah pour l’état voisin, qui est traversé par cette autoroute, synonyme aussi de Route 66.

Gallup (voir article sur la « Route 66 ») est une étape importante de la 66. C’est l’Amérique des Indiens : Zuni, Hopi, Acoma, Laguna Pueblo et Navajo. Aujourd’hui, un peu bousculé par l’arrivée des migrants d’Amérique du sud, le métissage apparent de la ville sinon des cultures est en marche. A côté de Gallup, une autre étape emblématique sur la route…Holbrook.

A quelque modeste distance, Jerome (AZ) a connu des heures plus glorieuses lors de la conquête de l’ouest et de ses richesses minières. Aujourd’hui, retombée au rang des villes fantômes qui attirent autant qu’elles intriguent les visiteurs par leur côté mystérieux et parfois lugubre.

Retour sur la 66 et au frais à l’altitude bienfaisante de Flagstaff (2106 m), ville étape de la route, du rail, ville charnière entre nord/sud et est/ouest (son hôtel Weatherford, sa gare, son musée de la country…).

Le Grand Canyon, dans sa partie la plus spectaculaire (South Rim), mais les paysages plus en amont vers Page valent aussi le détour (voir article « Traversée 2, the Rockies » § Horseshoe Bend).

Rare dégradé de couleur…

Glen Canyon, et le Colorado coule toujours sous nos yeux ébahis dans des paysages moins rugueux, arrondis, polis. Celui-ci est né de la main de l’homme, puisqu’un barrage a laissé l’eau envahir la vallée et formé le Lake Powell. Le lac est long de 300 km et ne couvre néanmoins que 13% du parc Glen Canyon !

La remontée vers le nord est amorcée à partir de Glen Canyon avec pour prochaine étape le Zion Nat’ Park, célèbre pour ses profonds canyons creusés par la rivière Virgin et ses affluents dans des roches colorées âgées de dizaines de millions d’années. Le parc est située sur la route UT 9 à proximité de l’I-15 (San Diego – frontière canadienne au Montana).

Bryce Canyon dernier parc de cette tournée exceptionnelle est une dentelle de pierre plantée de multiples pics sculptés par le vent, les Hoodoos, auxquels les populations locales prêtent des pouvoirs magiques.. A bon entendeur, c’est sans doute là la magie du Grand Ouest.

Avant le retour final à Salt Lake City, une escapade au « Little Sahara national recreation area » complète le tableau d’une géographie et d’une géologie tout à fait singulières.

Derniers kilomètres d’un tour exceptionnel dans 2 états magiques des USA et contemplation des territoires parcourus depuis les hauts de SLC avant le retour vers NYC et … Paris.

« SLC at dusk »
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Le tour de Porto Rico (2006)

Porto Rico, ancienne colonie espagnole, située dans le prolongement de la Rép. Dominicaine et 1ère île des grandes Antilles, est devenu « territoire » américain, sans avoir le statut d’un état. Etat libre associé, il doit choisir son futur statut au delà de pseudo référendums qui valident a priori le souhait de devenir un état des EU, mais avec des taux de participation si étriqués que cela en devient « louche »… passez moi l’expression. Dans l’immédiat, Porto Rico se débat dans des difficultés économiques dont semble se moquer son tuteur historique.

L’arrivée se fait par San Juan la capitale, aéroport Luis Munos Marin (celui qui voulut donner un semblant d’indépendance à l’île en 1945 après de premières élections libres) en provenance de NYC par American Airlines.

San Juan : Partagée entre le monde américain et l’héritage hispanique, la ville connait tout autant le modernisme de son bord de mer hérissé de tours et l’attrait du passé de la vieille ville. Vieille, elle l’est assurément, puisque San Juan a été créée au XVI° siècle (plus vieille ville après Cuzco au Pérou et un peu avant La Havane).

Le tour commence ainsi dans le sens des aiguilles d’une montre par Fajardo petite localité connue pour son église rouge et son hôtel surplombant la mer, tout un programme. A noter que l’île fait un peu plus de 100 km dans sa plus grande longueur.. inutile de forcer le rythme 😉

LAS CASITAS village

El Yunque, la seule vraie forêt tropicale des USA ! Le mont El Yunque culmine à 1065 mètres et est entouré d’une flore riche de 400 espèces d’arbres et de fougères. La météo étant propice à la croissance de toutes ces plantes avec des averses tropicales puissantes pendant les mois d’été.

Ponce : 2ème ville de l’île, où l’on y retrouve la trace de Ponce de Léon (voir article Floride) ; Guanica : c’est par cette localité que les Américains envahirent l’île en 1898. Construite au fond d’une baie, l’endroit était sans doute propice à une opération de cette nature.

Mayaguez : la caserne de pompiers la plus flamboyante des Caraïbes (voir photo ci-dessus) ; Rincon : la ville de l’ouest qui fait sa renommée pour … ses couchers de soleil. Entre Rincon et San Juan, la route agréable traverse des villages aussi typiques que colorés avec de petits points de ravitaillement toujours remplis d’une hospitalité chaleureuse.

Royaume du fruit tropical dans ses diverses déclinaisons !

La poursuite du tour de cette île reposante se complète par des excursions entre mer et montagne dans des villages tel que San German ou Patillas toujours fortement imprégnés de la culture catholique traditionnelle des colons espagnols.

Et la mer et la plage ne sont jamais loin …

  • Quelques suggestions d’hébergement à PUERTO RICO :
    • San Juan : Holiday Inn Carolina
    • San Juan : At Wind Chimes Inn
    • Guanica : Copamarina Beach Resort
    • Fajardo : Las Casitas Village (à El Conquistador avenue)
    • Rincon : Dos Angeles del Mar B&B
    • Rincon : The Lazy Parrot Inn
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Un tour au Nouveau Mexique et au Texas (2009)

  • Etapes :
    • Houston, TX
    • San Antonio, TX
    • Del Rio / Langtry, TX
    • Lajitas / Terlingua, TX
    • Big Bend, TX
    • Fort Davis, TX
    • Roswell, NM
    • Albuquerque, NM
    • Santa Fe, NM
    • Taos, NM
    • Amarillo, TX (voir également l’article Traversée 1 : Road 66)
    • Henrietta, TX
    • Fort Worth, TX
    • Houston, TX
1ère partie du trajet, de Houston à Albuquerque
2ème partie du trajet, d’Albuquerque à Houston

Paris C. de Gaulle – Houston G. Bush ; vol AF 636 / 639 direct.

Moments marquants de ce tour sudiste :

Houston, 4ème plus grande ville des USA, et siège de la Nasa, au centre ville assez restreint en rénovation active, mais aux banlieues non épargnées par les problèmes de pauvreté, de délinquance…

San Antonio, la ville fière de ses racines hispaniques et connue dans le monde entier pour l’histoire de la Mission Alamo et du siège sanglant de Fort Alamo en 1836.

Del Rio, la frontière avec le Mexique séparée de Ciudad d’Acuna par le Rio Grande : deux mondes face-à-face.

Ciudad d’Acuna, entre mythe et réalité de la zone frontalière mexicaine, ville assoupie, restaurants corrects, bars à filles, bars à bières et lieu de tournage du film Desesperado (1995 – A. Banderas, S. Hayek) et finalement …rien de spécial à l’horizon en dépit des avertissements de l’Osac (Bureau of diplomatic security) quant à la supposée dangerosité de franchir le Rio.

Langtry, là où le juge Roy Bean faisait la loi à l’ouest du Pecos … assis au fond du ‘Jersey Lilly saloon’ !

Lajitas, (et Terlingua) une ville fantôme, un hôtel reconstituant un bourg type de l’ouest, une rivière (le Rio Grande), des mexicains qui naviguent d’une rive à l’autre, des « border patrol(s) », une ambiance en somme…

Big Bend National Park est un univers hostile, aride, s’étendant sur 3200 km 2 avec divers sentiers et chemins serpentant entre cactus et yuccas géants dans les Chisos mountains, le long du Rio Grande et dans le désert de Chihuahuan. https://www.nps.gov/bibe/learn/news/upload/2019-Big-Bend-Paisano-Visitor-Guide.pdf

Marfa, ville d’artistes au milieu de nulle part. Entre galeries, hôtel historique (« Paisano » hôtel, où a été tourné ‘Giant’ avec J. Dean, Elisabeth Taylor, Rock Hudson) et avenues vidées par le soleil.

Fort Davis est une reconstitution assez parfaite d’un fort avancé dans l’ouest du pays qui avait connu sa période de gloire lors des ‘guerres indiennes’.

Roswell, changement d’état et d’univers, car le site est envahit par les petits hommes verts… Un peu avant le 8 juillet 1947, le fermier William « Mac » Brazel remarque des débris qu’il trouve étranges alors qu’il travaille dans un ranch à une centaine de kilomètres de Roswell. Ainsi commence l’affaire de Roswell qui reste aujourd’hui une légende pour tous ceux qui croient à la visite des extra terrestres sur terre.

On renoue ici à Albuquerque avec les traditions de la route 66 : motels, néons, hamburgers, chapeaux de cow-boy (une adresse sur Central Ave : https://www.themanshatshop.com/ ) et défilé de Harley Davidson.

Santa Fe, la ville voisine d’Albuquerque, l’embourgeoisée …perchée dans les contreforts des monts Sangre de Christo.

Taos, ville d’artistes bohèmes, semble vivre un peu hors du temps. Le village voisin (Pueblo de Taos) construit en pisé fait office de lieu d’histoire ; 1000 ans d’existence et un semblant d’authenticité de la communauté amérindienne qui en commercialise les atouts.

Tucumcari, ville étape incontournable de la route 66.

Amarillo à l’est par la I-40 (doublée de Road 66) et c’est le retour au Texas. La ville du ‘Longhorn Cattle Drive’ annuel et des steaks géants de 72 Oz.

Cadillac ranch
Adrian sur la route entre Tucumcari et Amarillo

Henrietta, sur l’US 287, est un gros bourg de 3000 habitants, mais l’un des premiers à être installé par les colons dans cette région. C’est une simple étape dans tous les sens du terme avant de rejoindre la capitale de l’état.

Fort Worth, mais aussi Dallas, toutes deux situées dans un mouchoir de poche et pas très loin de Waco (on se remémore le siège de Waco et de la secte des Dravidiens) ; la capitale de l’état, Austin est voisine. Fort Worth et Dallas sont aussi des lieux d’histoire bien sûr, la première pour avoir été l’un 7 forts défendant la frontière américaine après la guerre du Mexique (1846-48) ; la seconde pour avoir été le théâtre de l’assassinat de JFK le 22 novembre 1963.

Dallas : un pan d’histoire de l’Amérique qui intrigue et n’a jamais pu être vraiment refermé …Dealey Plaza est le second site le plus visité du Texas après Fort Alamo, d’où une curiosité que les différentes versions servies au public sur l’attentat n’arrivent pas à tarir. Mais au fait n’était-ce pas le but que de partir dans toutes les directions pour mieux flouter la réalité du crime ? Relire : https://www.lemonde.fr/m-actu/article/2013/11/08/jfk-le-fantome-de-dallas_3509690_4497186.html

Back to Houston : « allo la lune, ici la terre » !

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Géographie

Un tour au Wyoming (2008)

Avec extensions (très partielles) en Utah et au Colorado…

Depuis 2008, Delta Air Lines assure un vol direct vers la capitale de l’Utah, ce qui permet de rejoindre l’ouest américain en son (presque) centre sans passer par les grandes cités de la côte californienne… Pratique et utile (Houston Texas peut etre une autre option pour la partie sud). Salt Lake City affiche le visage d’une « petite ville de campagne tranquille », le centre tenant en quelques rues autour du Capitole et des nombreuses églises « of Jesus Christ of latter-day Saints » (la plus renommée étant le temple de la 630 E 100 S). Si par hasard, la généalogie de votre ascendance familiale est un mystère, la ‘Family History Library’ sur North West Temple pourrait être d’une aide précieuse pour retrouver vos ancêtres.. Mais Salt Lake, ce sont aussi le désert (du lac salé) et les montagnes proches. La route vers l’état voisin du Wyoming au nord suit la I-80 et franchit la limite entre les 2 états au niveau d’Evanston. Pour mieux embrasser Salt Lake du regard, une route mène à un point de vue au dessus de la ville… Il est conseillé de s’y rendre à la tombée du jour pour profiter pleinement des variations de couleurs. Pour l’instant, notre itinéraire nous mène un peu à l’écart dans la montagne d’Aspen Grove, proche du Deer Creek Reservoir.

Le Wyoming, c’est l’état le moins peuplé des Etats Unis avec environ 600 000 habitants. Sa capitale Cheyenne fait figure de grosse bourgade perdue dans les grandes plaines de l’est de l’état. Au nord de Cheyenne, les plaines ont une vocation plus industrielle avec les grandes mines à ciel ouvert de l’état. (Le Powder River Basin au nord est est l’une des mines découvertes les plus importantes des USA et le Wyoming trone comme sur la première place des états producteurs aux US. Son avenir dépendra de la tournure prise par la politique environnementale et énergétique du pays). La population est en majorité blanche au Wyoming avec une croissance de la population issue de l’immigration mexicaine, et sud américaine. Les Indiens Arapaho et Shoshone gèrent la réserve de Wind River. Au plan de la topographie, l’état est partagé entre les grandes plaines à l’est et la chaine des hautes montagnes qui forme une barrière naturelle à l’ouest.

Salt Lake City

En 1968, Robert Redford faisait l’acquisition de terres, puis d’un ensemble hôtelier à proximité de Provo. Il rebaptisait alors la propriété du nom de Sundance en référence au film qu’il tournât en 1969 : « Butch Cassidy and the Sundance Kid« . L’ensemble est devenu un hôtel confortable dédié aux activités de montagne qui respecte le site et la nature avec des chalets disséminés dans la forêt. (On peut y rencontrer des ours…) Redford a aussi souhaité accroitre la fréquentation et la renommée de l’endroit en y créant un festival de cinéma devenu célèbre car mettant en avant des films indépendants. Le festival de Sundance, premier de son genre aux USA pour le cinéma d’auteur, est né en 1989. Le lieu du festival est à environ 50 miles du resort, à Park City. https://www.sundance.org/

  • Les étapes à suivre :
    • ROCK SPRINGS, WY
    • JACKSON HOLE, WY
    • TETON VILLAGE, WY
    • YELLOWSTONE East, WY
    • CODY, WY
    • THERMOPOLIS, WY
    • DOUGLAS, WY
    • LARAMIE, WY
    • BOULDER, CO
    • CRAIG, CO
  • et retour sur SALT LAKE City

Rock Springs : la ville s’est surtout distingué en 1885 par son massacre anti immigrants (qui opposât blancs et chinois sur leurs lieux de travail à la mine) ; sur la route, un arrêt s’impose à Fort Bridger, poste avancé sur la piste de l’Oregon. http://wyoparks.state.wy.us/index.php/places-to-go/fort-bridger

La route américaine (ici l’US-80) ce sont des motels et souvent des poids lourds… les longues lignes droites et la monotonie des paysages du sud du Wyoming nécessitent une attention de tous les instants lorsque ces « monstres » qui roulent rarement à la vitesse autorisée arrivent à grande vitesse dans votre rétroviseur.

De Rock Springs, l’autoroute I-80 mène droit vers Cheyenne, puis l’état voisin du Nebraska, ou… bifurquant à 90° par l’US 191 / 189, on roule vers le parc national du Grand Teton. La route quitte alors la plaine pour entrer dans une vallée entre Bridger Wilderness et Bridger forest. Le but est d’atteindre Jackson Hole, portée d’entrée du grand parc national. La vallée tire son nom de David Edward Jackson un montagnard et trappeur de castors du début du XIXe siècle. Rappelons que la première expédition visant à trouver une voie d’accès vers l’ouest entre 1804 et 1806 (Expedition de Lewis & Clark) avait suivi la rivière Yellowstone et suivi une voie plus au nord dans l’actuel Montana en contournant la chaine de montagne. Les Rocheuses prennent ici des noms presque exotiques : Gros Ventre Range, Teton Range avec Grand, Middle et South Teton qui révèlent la nationalité des découvreurs de l’époque. Ce sont effectivement des trappeurs et coureurs des bois canadiens (d’origine souvent française) qui découvrirent et baptisèrent ces sommets ou les populations amérindiennes qui y vivaient (les « Atsinas » devinrent ainsi des « Gros Ventres » vivant au cœur des monts éponymes). Le parc de Grand Teton s’étend tout le long de la limite entre les deux états du Wyoming et de l’Idaho.

Jackson Hole
La distraction favorite du samedi soir !

Entre Jackson Hole et le parc de Yellowstone, la route longe le lac Jackson, puis le plus petit lac Lewis avant de déboucher sur l’intersection qui mène au lac Yellowstone à droite, ou la route des geysers à gauche.

Teton range

On traverse alors une série de splendides paysages, moins arides que les parcs du sud (Utah, Nouveau Mexique), plus paisibles aussi… Les dénominations des geysers parlent souvent d’elles-mêmes : Lone Star geyser, Old Faithfull, Giantess, Giant, Great Fountain, Imperial, Steamboat. Ils alternent avec les chutes d’eau tout au long de la Norris Canyon Road : Firehole falls, Gibbon, Beryl Spring, Lower & Upper falls. Au croisement entre Norris Canyon et Grand Loop Road, on a le choix de continuer soit vers le nord et le Montana via Tower Junction et Mammoth hot springs, ou soit de contourner le lac Yellowstone vers l’est en direction de Cody.

Ambiance Western à Teton Village
https://www.nps.gov/yell/index.htm

Cody, la ville fondée par William Frédéric Cody, alias Buffalo Bill. En fait, lorsque l’on entend le nom de Buffalo Bill, on imagine souvent un fier cow boy chevauchant dans les collines ou poursuivant une bande d’indiens. Mais, en fait, nous avons affaire ici à un personnage d’une tout autre ampleur : certes éclaireur durant les guerres indiennes, puis chasseur de bison, il deviendra surtout un entrepreneur de spectacle et un tourneur infatigable promenant sa troupe au delà des mers en Europe et il se produira à Paris, Lyon, Marseille avec son show, le « Buffalo Bill Wild West »… Plus que de le vivre intensément, William Cody a mis en scène le Far West…Mais on était déjà au tournant du 20° siècle à ce moment et sans doute les pires instants de la conquête étaient déjà derrière lui. Bill mit alors en scène « les héroïnes et héros » du Far West qui avaient exercé leurs talents dans la dernière partie du 19° tels que Calamity Jane (1852/1903), Billy the Kid (1859/1881), Jesse James (1847/1882), Wyatt Earp (1848/1929), Doc Holiday (1851/1887), Charlie Bowdre (1848/1880) et autres Gal Custer (1839:1876), Sitting Bull (1831/1890)… (Ce dernier participera en personne au Wild West show lors de représentations au Canada et aux USA ; il fut interdit de voyager en Europe…). En arrivant à Cody en provenance de Yellowstone, une reconstitution « à l’américaine » d’un village de l’ouest (c’est à dire faite avec minutie) est un must à parcourir : the Old Trail Town http://www.oldtrailtown.org/. On y trouvera une évocation de la bande de Butch Cassidy et Sundance Kid (dans le Hole in the Whole cabin) ou diverses tombes dont celle de Jeremiah Johnson, interprété au cinéma par R. Redford.

Au centre de la ville de Cody, sur Sheridan Avenue, l’hôtel « Irma » rappelle à chaque endroit que Buffalo Bill fut aussi un entrepreneur hôtelier. Le « Buffalo Bill Center of the West » complète le mythe…

Thermopolis, la prochaine étape mène jusqu’à des sources chaudes et sulfureuses. Alors attention à tous vos bijoux en argent, si vous ne souhaitez pas les voir s’oxyder et noircir aussi rapidement que souffle le vent des plaines.

Casper, puis Douglas, ce sont des villes que l’on traverse… par des routes qui réservent toutefois de belles surprises.

Le Fort Laramie était au XIXe siècle un important comptoir pour le commerce de fourrure puis un avant-poste militaire des États-Unis. Ce fort fut un centre de commandement important lors des guerres indiennes. En 1851, un premier traité y fut signé avec certaines tribus indiennes assurant la sécurité des colons contre des compensations financières et des garanties territoriales. Ce traité ouvrit une période d’accalmie entre ces tribus et l’armée américaine, le fort servit alors essentiellement de point de ravitaillement pour les colons.

De Douglas, la I-75 mène à Cheyenne la capitale. Cette dernière n’a pas le cachet de sa voisine Laramie et donc nous avons jeté notre dévolu sur cette ville au demeurant créée par un trappeur d’origine française, Jacques La Ramée (ou Laramie) vers 1810. La Ramée a connu un sort terrible peu après en ayant disparu dans les montagnes avoisinantes. Laramie est ville universitaire ; elle est traversée par la voie ferrée de l’Union Pacific. Un autre personnage a fait pour la renommée de la ville dans un autre style, Butch Cassidy (Robert LeRoy Parker) qui purgeât une peine de 2 années au pénitencier local entre 1894 & 96 pour une histoire de chevaux volés…

Quelques adresses en cours de route…

Quittons le Wyoming pour l’état voisin du Colorado et trouver une route parallèle à la I-80 qui nous ramène vers SLC. Plutôt que de pénétrer dans Denver, le choix de l’étape s’est porté sur la principale ville universitaire du Colorado, Boulder.

La boucle se termine par l’US 40 via Craig au coeur d’un pays de forêts, de mines en passant par le Dinosaur National Monument, un site paléontologique forcément riche en fossiles de dinosaures.

Arrêt défintif de la route à Salt Lake City pour retrouver un vol vers Paris, mais via New York cette fois….

Une bonne option d hébergement à SLC, le Kimpton hôtel Monaco, 15 W 200 S
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Un itinéraire sur les routes de l’ouest (2000)

  1. LOS ANGELES, CA
  2. LAS VEGAS, NV
  3. DEATH VALLEY, NV
  4. LONE PINE, CA
  5. YOSEMITE NATIONAL PARK, CA
  6. BODIE GHOST TOWN, CA
  7. MURPHYS, CA
  8. LAKE TAHOE, NV
  9. STOCKTON, CA
  10. MONTEREY, CA
  11. BIG SUR, CA
  12. CARMEL, CA
  13. TIBURON, CA
  14. SONOMA, CA
  15. SAN FRANCISCO

« Je jette un coup d’oeil rapide sur le passé. Je me revois en Californie. Je suis seul et je travaille comme un esclave dans l’orangerie de Chula Vista (…) Tout le jour durant je suis debout ou me traîne entre les deux bourriques attelées au tombereau. Sans idée, ni rêve, ni désir. Aussi parfaitement vide qu’en parfaite santé. Plus rien ni personne. Si parfaitement vif et bien portant que je ressemble à ces fruits succulents et trompeurs qui pendent aux arbres de Californie. Encore un coup de soleil et je serai blet. Pourri avant d’être mur ! » Henry Miller – Tropique du Capricorne.

Si Henry Miller avait quelquefois la dent dure sur le mode de vie à l’américaine et ce que l’on commençait par appeler le « consumérisme de masse », il n’en était pas moins un citoyen assumé de feu « la République du Drapeau à l’Ours ». (Voir son roman « Big Sur et les Oranges de Jérôme Bosch »).

LA, c’est forcément Hollywood et Hollywood c’est de manière incontournable le cinéma, les studios, l’industrie du numérique. Universal studios est un parc qui rappelle de grands moments du cinéma américain, de King Kong à Jurassic Park en passant par le monde du Western. En 2008, l’attraction King Kong sera l’objet d’un incendie a priori criminel qui a détruit de nombreuses archives de séries classiques de la télé.

Quelques films qui ont une relation avec L.A : L.A Confidential, Mulholland Drive, Citizen Kane, Spider-man, Fast & furious, Pretty Woman, Boulevard du Crépuscule, La mort en prime, L’Echange, le Dahlia noir, Chinatown, Pulp fiction…

450 km à l’est, Las Vegas ville du désert est reliée à la métropole californienne par 2 tronçons d’Interstate I-10, puis I-15, via San Bernardino, Helendale, Victorville, Barstow (ici on quitte la route 66), Baker. La « state line » entre Californie & Nevada marque avec force enseignes de casinos… on entre ici dans le monde du jeu et de la prostitution (légale dans cet état).

Las Vegas, située au coeur du désert de Mojave, est à l’origine un simple lieux-dit marécageux, parce que alimenté par des sources artésiennes. Les Mormons fondèrent la ville vers 1855 et d’un gros bourg agricole, elle deviendra par étapes successives la capitale mondiale du jeu. Bien que relativement peu étendue dans ce désert hostile, elle n’en devient pas moins la ville principale du Nevada et accueille annuellement plusieurs dizaines de millions de joueurs, de fêtards, de touristes, de curieux. L’aéroport Mc Carran de Las Vegas se trouve en pleine ville en face des hôtels Mandalay, Luxor & Tropicana.

Ambiance Leaving Las Vegas…

Le parc national de la Vallée de la Mort s’étend entre la Sierra Nevada californienne et le désert du Nevada. C’est la région la plus basse, chaude et sèche des USA.

https://www.nps.gov/deva/index.htm
Température extérieure 116 °F (ou 48 °C)

En venant de Las Vegas, on entre dans la vallée par l’est ou le sud et l’on en sort par l’US 190 après avoir sillonné le parc sur ses différents circuits. Au sortir de la vallée, on peut être heureux de retrouver une atmosphère moins brûlante, de faire reposer et refroidir le moteur. Face à la route 190, en direction de Lone Pine, on est saisi par la chaine montagneuse qui barre l’horizon et le Mt Whitney

Lone Pine est un village en ligne droite traversé par l’US-395 et doté de quelques motels et restaurants, où il est agréable de stationner pour la soirée après avoir profiter de la vallée de la mort durant une journée entière. Rien à voir, rien à faire d’autre que de contempler la montagne juste en face. L’US 395 suit une direction sud nord (ou inversement) du désert de Mojave vers la frontière canadienne. Elle est parallèle à la route côtière (101) et à l’Interstate I-5 qui relie LA & Frisco, séparée par la chaine montagneuse dans un couloir assez peu habité. A la hauteur du lac Mono, la route bifurque à gauche vers le parc de Yosemite, qui impressionne surtout par d’imposants blocs granitiques.

En reprenant l’US 395, un peu après le lac Mono, une route mène à la ville fantôme de Bodie, un paysage très scénographique. Bodie, aujourd’hui State Historic Park, est une ancienne ville minière d’altitude (2550 m) qui connut son apogée durant la ruée sur l’or entre 1880 et 1890. Incendiée par deux fois, la ville fut ensuite abandonnée. À son apogée soixante-cinq saloons ouvraient leurs portes sur la rue principale longue d’environ deux kilomètres. Les règlements de compte, les meurtres, les bagarres, les hold-ups étaient monnaie courante, mais la ville avait connu un vrai développement avec sa centrale électrique, son chemin de fer, etc. Elle recèle encore aujourd’hui tous les atouts d’une vraie et authentique ville fantôme.

Peinture de l’auteur

Murphys est une petite ville proche des terres viticoles, à la fois tout à fait charmante et authentique avec ses façades traditionnelles à balcons.

Lake Tahoe, l’étape bucolique, à cheval entre Californie et Nevada sur la route de Reno, offre un paysage de lac de montagne.

Stockton occupe une position centrale à l’est de San Francisco. Il est presque évident de devoir passer par Stockton d’où que l’on vienne et où que l’on aille en Californie.

Sacramento, ville capitale, a existé grâce à la ruée sur l’or du XIX° siècle. Elle est provinciale en regard des 2 phares que sont LA et Frisco.

La côte est bordée par une route sauvage entre San Simeon & Carmel ; les hautes falaises de Big Sur tombent dans la mer. Carmel (by-the-Sea) est célèbre pour avoir Clint Eastwood parmi ses concitoyens. Propriétaire de l’historique Mission Ranch, Clint Eastwood s’est impliqué dans la politique municipale. Plus au nord, Monterey est un port de pêche qui concentrait l’activité sardinière de Californie. Cette activité étant un peu sur le déclin, Monterey s’est résolument tournée vers le tourisme. Elle est aussi célèbre pour 2 raisons sans rapport aucun : elle a donné son nom à un fromage produit localement à l’origine par des moines, le Monterey Jack et elle fut le lieu d’un festival de musique pop en 1967, premier du genre avec Jimmy Hendrix, Janis Joplin et les Who.

Lorsque l’on pense San Francisco ou Frisco reviennent immédiatement les notes de la chanson éponyme de Scott Mc Kenzie : « Be sure to wear some flowers in your hair » … le mouvement beatnik né à San Francisco en 1955 verra sa traduction littéraire se concrétiser alors avec Allen Ginsberg (Howl), William S. Burroughs (le Festin nu) et Jack Kerouac (Sur la route). Il fallait bien une ville à la fois aussi poétique que fragile comme Frisco pour servir de nid à ce mouvement.

Bien sur, San Francisco ce n’est pas que l’expression de la révolution sexuelle des beat(s) et de leurs disciples, l’histoire du pénitencier d’Alcatraz à la réputation particulièrement rigide témoigne d’une autre aventure que celle des hippies qui essaimèrent de Goa, Vancouver, Ibiza, jusqu’à Kathmandou. Néanmoins, on se rappelera que de l’autre côté du Bay bridge, l’université de Berkeley (UCB) fut le fer de lance du ‘Free Speech Movement’ et de la contestation contre la guerre du Vietnam. Pour rejoindre la rive nord du Golden Gate, on emprunte le pont du même nom à la couleur ‘anti-rouille’ caractéristique.
Ce sont alors les villages tranquilles des bords de mer abrités de la houle et du vent du pacifique dans la baie de Richardson, Sausalito et Tiburon (devenus des spots à touristes) ; ce sont les vallées de Sonoma et de Nappa aux vins désormais presque financièrement inaccessibles ; ce sont les sequoias de Muir Woods et le nouveau pénitencier de San Quentin (serais-ce que la Californie généra son lot important de voyous, taulards et autres brigands… ? un juste retour à la conquête de l’Ouest en somme.

Quelques lieux, quelques atmosphères du cru..

Sonoma, le théatre Sebastiani
https://www.sebastianitheatre.com/
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Traversée 2, « THE ROCKIES » (2015)

Traverser les Etats Unis, c’est un peu refaire la route des pionniers.. mais il ne faut rien exagérer car cette fois c’est tout confort dans une « américaine », sans risque de croiser des Indiens chasseurs de scalps derrière le moindre sequoia.. C’est néanmoins toujours marcher (rouler) dans les traces de la conquête… Alors tout bien pesé, cela ne serait qu’une affaire de kilomètres et il faut profiter au mieux des paysages traversés. Le choix d’un itinéraire n’est pas si évident au premier abord : la Lincoln highway au nord ? (Times Square, New York à Lincoln Square, San Francisco), la Route 66 au centre ? (cf. notre article Traversée 1, Road 66 (2012), trouver un nouvel axe qui nous fasse basculer d’un monde à l’autre : du nord au sud, Boston / Miami, Seattle / San Diego ou de l’est à l’ouest, Miami / San Diego ? Eh bien, cette fois ce sera un remix de voyages passés entre NYC et LA !

Etape 1 – New York, la magique cité dont on ne se lasse pas de parcourir les avenues le regard en l’air à scruter les facades de verre dans un éternel étonnement devant autant d’audace de la part des bâtisseurs. (Remember the picture « Lunch atop a skyscraper » de C. Ebbets où l’on voit une rangée d’ouvrier perchés sur une poutre en train de prendre leur casse-croûte). Big Apple n’est pas ville à saturer la soif de découverte de ses admirateurs …

Détour par le Whitney museum, épicentre de l’art du 20° siècle et contemporain aux USA (99 Gansevoort Street, NY) pour une exposition intitulée « America is hard to see » ; Hopper, Ruscha, de Kooning, Basquiat et tant d’autres : 23000 oeuvres répertoriées, 3500 artistes dans la base de données…

https://whitney.org/

Dans un pays tout entièrement tourné vers le ciel, il est bon de temps en temps de prendre la mesure des heures en voyageant différemment. Le train aux Etats Unis est parfois incongru, souvent confortable et joyeux. La clientèle différente de celles des aéroports : retraités, familles, Amish (qui ne prennent pas l’avion par superstition), réfractaires au modernisme de tous poils… Le « Lake Shore Limited » d’Amtrak relie New York Central à Chicago en 18 heures…

Etape 2 – Chicago, ville d’architectes, Vénise de l’Illinois, terre contrastée de jazz et de sidérurgie. Ville meurtrie par une jeunesse de banlieue désespérée de ne pas trouver sa place dans l’eldorado de Downtown, du Loop, de Lakeview ou de Northside. Invraisemblable melting pot de populations attirées alors par la Manufacturing Belt : irlandais, italiens, polonais, allemands, estoniens, coréens, espagnols, portugais, grecs, vietnamiens, juifs, ukrainiens, turcs, chinois, la ville est aussi le point 0 de la route 66 et de l’ouverture vers les grands espaces.

Etape 3 – Fini les grands lacs, bienvenue dans les montagnes du Colorado (ou si proche), car Denver se blottit au creux des Rocheuses des Indian Peaks au Mount Evans. Le « California Zephyr » d’Amtrac fait escale à Denver sur sa longue trace vers San Francisco.

Denver est une ville pas très grande à l’aune des USA (env. 700 000 h dont un nombre important de homeless à en juger par les enjambées sur les trottoirs ; on y retrouve des « clochards célestes » bloqués dans leur avancée vers l’ouest par la barrière des Rocheuses). Ancienne ville d’éleveurs et de mineurs, Denver constitue un point de départ idéal pour ‘attaquer’ les Rocky Mountains. Au rayon des « things to do », la ville a un bilan plutôt limité.. : entre le tour des brasseries (Denver est le siège de la marque Coors et de quelques autres Rock Bottom, Wynkoop..) et le Denver Art district.

Mais tout se déroule dans une ambiance assez ‘cool’.. on est à l’ouest et c’est le moment de rompre avec le rail et de retrouver la route.

On sent déjà avec insistance que l’on glisse assurément vers l’ouest…

Un Colorado coloré et fleuri ; une ville où les artistes laissent libres cours à leur inspiration…

Quelques adresses à Denver et à Estes Park (au pied des Rocky Mountains)

Les Rocky Mountains (ou Rockies) s’étendent sur 4800 km de la Colombie britannique (Canada) jusqu’au Nouveau Mexique. Leur point culminant (Mt Elbert 4401 m) se situe au sud-ouest de Denver. Partant de Estes Park, nous allons traverser cette chaine pour redescendre ensuite vers Grand Junction et Moab avant de suivre la vallée du fleuve Colorado jusqu’au lac Powell et au delà.

Direction Grand Junction par la route des sommets, Trail Ridge road (US34), qui serpente au dessus des nuages, culmine à 12183 ft (3713 m) et redescend vers les lacs de Shadow Mountain et Granby.

Grand Junction est située sur le versant ouest du Colorado. La ville est sur le tracé du train et est desservie par le California Zephyr d’Amtrak. Elle surplombe le Colorado National Monument qui est une vallée encaissée digne du Grand Canyon. Il s’agit à l’évidence d’une ville étape.

La descente au long du fleuve Colorado réserve de belles surprises en termes de paysages dans une vallée encaissée de roches rouges encadrant une rivière alanguie.

Les Mesas sont des tours de guet au milieu de terres hostiles ; quelques buissons d’épineux parsèment ici et là la terre rougie par les oxydes de fer. L’état du Colorado laisse place à l’Utah, paradis des parcs nationaux (5 au total : Arches, Canyonlands, Bryce Canyon, Zion, Capitol Reef) sans omettre le parc de Monument Valley, qui n’est pas géré par l’état, mais par la communauté Navajo. L’ouest est là, avec ses mirages…

Arches comprend plus de 2000 arches rocheuses naturelles en grès rouge, dont la fameuse Delicate Arch. (Pour les autres parcs, voir l’article intitulé « Un itinéraire sur les routes de l’ouest » (2000).

L’étape suivante est donc Monument Valley, UT sur l’US-163. L’approche de la zone est grandiose avec des monolithes et des buttes posés sur l’horizon. On reconnait ici les silhouettes d’Henri Fonda (La poursuite infernale, la conquête de l’ouest), de John Wayne (La chevauchée fantastique, la prisonnière du désert, les Comancheros & du massacre de Fort Apache), des 2 réunis (La charge héroïque), de Dennis Hopper (Easy rider), de Susan Sarandon et Geena Davis (Thelma et Louise).

Peinture de l’auteur

La « vallée des rocs » méritent une halte prolongée et si possible en dehors des heures d’affluence. La meilleure option qui n’est certes pas la plus économique consiste à prendre une chambre au « The view » dont la vue est imprenable au couchant sur la vallée. « The view » est géré par la tribut navajo qui sert un repas simple le soir dans une cantine sans charme.

Manger & dormir autour de Monument Valley.

Au matin, les feux de camp sont éteints et les Indiens s’adonnent à quelques rituels. Il est temps de monter en selle et de rejoindre la prochaine étape : Page en Arizona. Le village s’étend au pied du barrage de Glenn Canyon ; il dis dispose d’une centrale thermique énorme eu égard au relatif faible de potentiels de clients sur la zone. Hors de cet édifice industriel au cachet douteux, il n’émane pas grand chose de cette bourgade, mais ses atouts dans un périmètre proche sont :

Horseshoe bend, pour sa vue vertigineuse. On est ici au tout début du grand canyon et le spectacle est d’ores et déjà « amazing ; oh my gosh » !

Antelope Canyon, pour ses effets lumineux.

Les gorges du Lower et de l’Upper Antelope sont creusées dans la roche, façonnée par l’érosion due aux intempéries dans une région des plus sèches des USA. Autant dire le temps qu’il a fallu pour parfaire le site, découvert par une jeune navajo en quête des ses moutons égarés. Aujourd’hui, les gorges font la fortune de la même communauté qui veille jalousement sur l’organisation des visites. L’accès est notamment strictement contrôlé en raison d’une possible montée des eaux lors d’une pluie d’orage. Plus en aval, Marble Canyon offre une vue différente de celle que l’on peut avoir du Gd Canyon, car les rives sont facilement accessibles.


« J’étais à mi-chemin de la traversée de l’Amérique, sur la ligne de partage entre l’Est de ma jeunesse et l’Ouest de mon avenir. » Jack Kerouac, ‘sur la route’

De Page, la route vers l’ouest passe soit par Flagstaff (parallèle au South Rim), puis l’I-40 mène à Kingman. Une alternative consiste à partir vers le nord ouest et à alterner les passages en Utah et en Arizona jusqu’à Saint Georges, petite ville sympathique où vit une importante communauté mormone. Par cet itinéraire, on rejoint l’I-15 qui rejoint Las Vegas.

Avec le temple mormon qui domine la cité… (interdit aux gens extérieurs à la communauté).

Las Vegas est droit devant sur l’I-15 via Mesquite. Las Vegas, la ville où la nuit est mieux éclairée que le jour et où il convient de « ne pas tirer sur le pianiste, car celui-ci fait tout ce qu’il peut ». La ville du jeu, des néons, des bunnies, des slot machines n’avait pas encore connu la folie brute et sauvage d’un homme en 2015 (Cf. le massacre de 2017 qui s’est soldé par 58 morts et 527 blessés ; l’affaire n’a encore pas connu son épilogue). Las Vegas est pourtant une atmosphère de fête, où les paumés côtoient les plus fortunés qui veulent « renverser les tables et nettoyer les tapis ». Les machines à sous éblouissent et cliquètent, les roulettes ne connaissent pas la pause et les serveuses sont éreintées par leur allées venues chargées d’alcools et de bières sensés redonner de l’allant et de la foi à tous les parieurs d’un jour ou d’un soir.

L’échappée finale est en direction de l’océan pacifique. Mais un crochet s’impose par la Death Valley qui intrigue avec ses températures démentes. L’air brulant envahit l’habitacle du SUV dont il est conseillé de stopper l’airco afin de limiter la chauffe du moteur. Il fait « tiède », mais c’est la condition impérative pour franchir l’obstacle…

L’I-15 rejoint la mythique Route 66 à Barstow. A quelques kilomètres du croisement entre l’interstate et la route US 58, la zone est désolée. On est à Hinkley, là où la PG&E (Pacific Gas and Electricity) fut au coeur d’un scandale écologique en utilisant des quantités de chrome hexavalent pour entretenir ses compresseurs et en rejetant tout ou partie dans des bassins non étanches. L’endroit est sinistre, l’usine à gaz est bien présente, l’atmosphère parait suspendue. Erin Brokovich est repartie vers d’autres luttes… (Cf. filmographie ci-dessous).

L’I-15 déroule ensuite son tapis de bitume vers San Bernardino, la banlieue oubliée, économiquement sinistrée, puis on ne résiste pas à faire un bout de chemin sur la trace de la vieille route par Claremont, La Verne, Pasadena, West Hollywood, Beverly Hills afin de stopper net et d’éteindre le moteur à Santa Monica. Le Pacifique crée une barrière infranchissable en renvoyant ses rouleaux sur la plage, immense et presque vide en raison d’un vent frais.

Après New York, Chicago, Denver, la capitale de Californie est l’ultime plongée de ce voyage dans l’une des grandes métropoles américaines : gigantisme, cosmopolitisme, la ville aux multiples quartiers ethniques vit une grande mutation urbanistique. Les « Anges » relèvent le défi du XXI° siècle.


Notre adresse d’hôtel à LA ; la juste mesure proche de Rodeo Drive à équidistance de Downtown & Santa Monica par W Pico blvd : Mister C Beverly Hills, Beverwil Dr 1224 Los Angeles 90035

Filmographie succincte, instinctive pour clore cette traversée et s’en rappeller les bons moments.

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Géographie

KEY WEST (2017)

« Le monde est un endroit magnifique qui vaut la peine de se battre » Ernest Hemingway

L’US-1 qui descend de la frontière canadienne jusqu’à … Key West !

Key West, un chapelet d’îles qui semble partir à la découverte de la baie de Floride jusqu’à un point inaccessible dans le Golfe du Mexique … Key West, le terminus de cette enfilade n’est plus qu’à 145 km de Cuba et par très beau temps, si la terre était plate, on verrait l’hôtel Nacional flanqué de ses 2 tours… Au total, un millier d’îles dont certaines sont presque rattachées au continent (Key Biscayne et Virginia Key), puis les Upper keys, les Middle Keys, les Lower Keys dont fait partie Key West. Ce sont 257 km à parcourir depuis Miami downtown jusqu’à Key West sur une route, parfois une autoroute (l’Overseas Highway) semblant survoler la mer…Sur la route, on traverse des zones de marina, de camping, ou de ‘rien’… La mangrove a envahit certaines zones dans la partie la plus proche du continent et restreint la vue sur la mer de chaque côté. Certains ponts sont des prouesses techniques, en témoigne le « 7-Miles bridge ». Les agglomérations traversées sont entièrement dédiées au tourisme, boating et pêche au gros : Key Largo, Islamorada, Marathon, mais le ‘must’ reste Key Largo, le dernière à pouvoir être atteinte par route. D’autres îlots comme les Dry Tortugas ne sont reliées que par la voie maritime… Au nord de Bahia Honda, les îles du Backcountry sont préservées de toute habitation et sont visitables à qui possède un bateau.

Le climat tropical des Keys assure un ensoleillement maximal toute l’année, mais les mois d’août et septembre peuvent réserver la surprise de voir un ouragan, un cyclone se lever et tout balayer sur la terre. Il convient donc de surveiller les alertes météo durant cette période au risque de devoir être évacué en urgence… A noter au plan pratique, que la route n’est pas – loin s’en faut – une quatre voies sur tout le trajet. Il en résulte des embouteillages monstres les weekends, jours fériés et durant les périodes de vacances. De même, il est très prudent et conseillé de réserver un hébergement à l’avance, car les possibilités ne sont pas illimitées.

Bien qu’il n’y ai vécu que quelques années, le personnage emblématique de Key West est Ernest Hemingway. Il s’y installe, avec sa seconde épouse Pauline Pfeiffer en 1928, mais ayant mis en scène sa vie privée, il finit par étouffer. En 1931, Pauline donne un troisième fils à son mari, Gregory. Quand L’adieu aux armes paraît, 80 000 exemplaires s’écoulent en quelques mois. Hemingway devient une célébrité, les journaux s’arrachent ses nouvelles, Hollywood achète les droits et l’argent coule à flots. Il entreprend la tournée des bars, adopte une armée de chats (presque tous polydactyles et qui reposent toujours dans le cimetière de son jardin), s’offre un bateau pour pêcher au gros dans la mer des Caraïbes. Il a le temps de faire creuser une piscine, la fait remplir d’eau de mer et déclare à Pauline qu’il ne lui reste qu’un penny. Mais grand voyageur, il ne tenait guère en place et la pêche en haute mer ne lui suffit plus. Il fuit à Cuba en 1939 où il s’installera jusqu’en 1960. Il ne reviendra en Floride que très occasionnellement jusqu’à son suicide en 1961. Sa maison au 907 de la rue Whitehead est devenu un incontournable pour les afficionados de l’écrivain, dont les frasques, les coups de gueule, les coups d’éclat sont célèbres.

Ecrits à Key West : « Mort dans l’après midi », « Pour qui sonne le glas », « Les Neiges du Kilimandjaro »
https://www.hemingwayhome.com/

La transition semble être faite par Hemingway lui même avec l’île voisine de Cuba … cette borne symbolise la situation politique de la Floride dans le contexte de la guerre froide, que nul n’a pour l’instant réussi à réchauffer au point de permettre des relations apaisées entre les 2 pays. La Navy tient d’ailleurs en activité une base importante à Key West face à l’ennemi héréditaire…

Duval street est l’artère principale de Key West : restaurants, bars (dont le célèbre « Sloppy Joe’s » fréquenté par EH et aujourd’hui scène locale des groupes de rock et de country), boutiques à touristes multiples. Il faut apprécier cet endroit et surtout les rues adjacentes hors saison lorsque le flux touristique s’est replié sur le continent.

https://sloppyjoes.com/

La ville regorge de villas au style colonial, tropical ou victorien. Tennessee William fut un autre résident de l’île, plus assidu (mais moins tonitruant que EH) ayant résidé ici régulièrement entre séjours à l’hôtel et dans sa villa de 1941 à 1983. Il habitait au 1431 Duncan Street ; un musée rend hommage à l’auteur du « Tramway nommé Désir » au 513 de Truman avenue.

L’attraction la plus célèbre, et quotidienne de Key West est le coucher du soleil à Mallory Square Dock (cf. photo en entête de l’article). Une adresse pour résider au calme dans le confort d’une villa coloniale au milieu des palmiers : The Gardens Hotel, 526 Angela Street.

Le temps d’une bière au coucher du soleil 😉
https://www.gardenshotel.com/

On quitte Key West à regret en ayant le sentiment de laisser derrière soi un de ces « bouts du monde » où l’atmosphère transfigure les gens..

La carte à Key West…

Retour à Miami via l’US-1 !

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