
- CHICAGO, IL
- SPRINGFIELD, IL
- ST LOUIS, MO
- LEBANON, MO
- JOPLIN, MO
- TULSA, OK
- OKLAHOMA City, OK
- ELK City, OK
- AMARILLO, TX
- TUCUMCARI, NM
- ALBUQUERQUE, NM
- GALLUP, NM
- FLAGSTAFF, AZ
- KINGMAN, AZ
- NEEDLES, AZ
- VICTORVILLE, CA
- SANTA MONICA, CA
- …soit un total de 2250 miles, éq. 3621 kilomètres
CHICAGO : le point de départ se situe près (en face) du musée d’art de Chicago (Art Institute of Chicago) et proche du Millers pub et du Berghoff restaurant, une institution de la gastronomie germano-américaine. Historiquement ce point de départ était sur Jackson blvd, mais en raison d’un changement de sens de circulation, il est passé sur E Adams street. Mais une tolérance existe pour concilier tout le monde et démarrer ce roadtrip chez Lou Mitchell sur W Jackson blvd au n° 565.

Quitter le somptueux « Lake Shore » de Chicago est un déchirement, mais l’attrait de la Route 66 intrigue ! Qu’allons nous y trouver au fil des étapes… et puis il faut partir à l’heure car la route sera longue…(environ 2280 miles, soit 3670 km) en 21 ou 22 jours et cela sans compter les écarts tolérés… Avant de quitter Chicago, si il y a une visite à faire, c’est pour le toit terrasse de l’une des tours de la ville, dont la ‘Sears tower’, le plus haut building de la 66. La vue vaut le détour !


SPRINGFIELD, 1ère étape dans l’Illinois : la route passe par Lyons, Willowbrook, Plainfield (old route 1930), Joliet, Elwood, Wilmington, Gardner, Dwight, Odell, Pontiac, Chenoa, Lexington, Bloomington, Mc Lean, Atlanta, Lincoln, Elkhart, Williamsville…
A Willowbrook, une halte au Dell Rhea’s Chicken Basket permettra de s’adapter à la gastronomie de la route 66 (tenter ainsi l’aventure avec un « Famous Fried Chicken basket » et clore celle-ci sur un « Key Lime Pie » le tout sur une nappe à carreaux vintage) ; vers Plainfield, il s’agit d’un itinéraire optionnel qui emprunte la Old Route de 1930 (c’est l’un des nombreux tronçons où la route originelle se perd un peu et qu’il convient alors de rechercher le nez sur les cartes) ; à Joliet, plusieurs lieux vous attendent du Joliet Area Historical Museum (pour une entrée en matière sur la région et bien au delà de la route) au Rialto Square Theatre (construit en 1926, la 66 naissait alors la même année) en passant par le célèbre Joliet Correctional Center (qui a servi lors du tournage des films ‘Les Blues Brothers – 1980 Blues Brothers 2000 – 1988, puis pour la série ‘Prison Break‘ en 90 épisodes de 43 minutes !). Un premier géant (ici avec son marteau piqueur) trône à la hauteur du ‘Silver Cross Field Ballpark’ (ce sera le 1er d’une série de marqueurs qui rythment l’itinéraire, à ne rater sous aucun prétexte...).
Seconde alerte aux géants à Wilmington, le Gemini Giant avec son look de cosmonaute (qui fait aussi la renommée du ‘Launching Pad Drive Inn’ voisin), la 1932 Standard Station est la pièce maîtresse d’Odell (impeccablement restaurée avec sa pompe unique rouge et ses pubs Miller Tires de part et d’autre) ; à Pontiac, le Old Log Cabin Restaurant date de 1926 et sert une authentique cuisine américaine (et prévenant, ils précisent : « This is not Burger King… »). Enfin, la visite du Route 66 Hall of Fame Museum est incontournable (ouvert du 1er/4 au 31/10, géré amoureusement par The Route 66 Association of Illinois http://www.il66assoc.org/ et rempli de centaines de souvenirs, dont le van VW de Bod Waldmire, un cartographe célèbre pour ses cartes et dessins de la route). Au nord de Lexington, on trouvera un bout de la route 66 abandonnée et dénommée Memory Lane (à parcourir à pied). Ensuite : on arrive à Bloomington (siège d’une usine de friandises Ferrero, ex Nestlé), Mc Lean (le Dixie Travel Plaza, auparavant Dixie Truckers Home – 1928 – est une halte incontournable pour les routiers entre autres : boutique, self service, toilettes…), Atlanta (voir bien sûr son Hot Dog Giant, la statue de Paul Bunyon, ses peintures murales, sa bibliothèque octogonale...), puis Lincoln (nouvelle alerte aux géants avec celui du président éponyme Giant Abe Lincoln). Avant Elkhart, à Broadwell une étape pour se souvenir du ‘Pig Hip Sandwich‘ désormais rangé au rang des vestiges du Pig Hip Museum, avant d’arriver à Williamsville (siège de deux endroits dédiés aux aficionados de la voiture : le Dream Car Museum et le Die Cast Auto Sales. Enfin Springfield pour la nuit, patrie de Lincoln (dont une statue – alerte Giant The Railsplitter – sensée le représenter jeune hache entre les mains est située près du Illinois State Fairground, ensuite non loin chercher la station Mahan’s Filling Station délicatement encastrée derrière le restaurant Fulgenzi’s Pizza & Pasta). Une adresse pour la restauration : le Cozy Dog Drive-In … ‘home of the famous hot dog on a stick’ ! Seconde alerte géant sur Springfield, celui là plus connu que le précédent car sur la route, le Lauterbach Giant (placé à dessein de devant le garage Lauterbach’s Tire & Auto Service et qui porte un drapeau US dans ses bras remplaçant le pneu initial… patriotisme oblige !). Arrêt au Route 66 Hotel & Conference center : certes pas le plus confortable car un peu vieillot, mais assurément le plus typique dans sa décoration : https://www.rt66hotel.com/

SAINT-LOUIS, 2ème étape ; arrivée dans le Missouri : la route se poursuit via Chatam, Auburn, Thayer, Waggoner, Litchfield, Staunton, Hamel, Mitchell…
Ici, vous aurez à faire un choix entre la route pré 1930 via Chatam, Auburn, Thayer, Virden, Girard, Nilwwod Carlinville, Gillepsie (entre Chatam & Auburn, vous trouverez une portion assez rare d’1,4 mile de chaussée pavée – Red Brick Road – … une vraie route de légende) et la route post 1930 via Waggoner, Lichtfield, Mt Olive. A Thayer, le monument Battle of Virden raconte une bataille sociale sanglante entre mineurs de charbon et la milice du patronat en 1898. A Girard, un arrêt ‘ice cream’ est recommandé au Doc’s Soda Fountain ou au Whirl-A-Whip Restaurant, tous deux a priori ressuscités d’un passé glorieux par de nouveaux propriétaires. A Benld, le Coliseum Ballroom (1924) n’est plus que ruine suite à un incendie en 2011. Waggoner est le lieu du recueillement auprès de la chapelle de Our Lady of the Highways, toujours bien utile avant de prendre la route… A Mt Olive, la Soulsby Service Station (Shell – 1926) a été restaurée par une association locale pour retrouver son lustre d’antan. Un peu après à Livingstone, un éléphant rose accompagne un surfeur géant « Surfer dude« . A Staunton, le Henry’s Rabbit Ranch est en fait une station service dédiée aux lapins… la loufoquerie n’est jamais très loin sur la 66. Une preuve de plus à Mitchell, juste avant St Louis, avec son Luna Cafe, où Al Capone fit des siennes dans la salle de jeu de l’établissement (baraquement en bois à l’enseigne remarquable). Passé la rivière Mississippi par le Chain of Rocks Bridge (décrivant un angle de 22°), on débouche sur l’état du Missouri et St Louis. Difficile de rater la Gateway Arch https://www.gatewayarch.com qui borde le fleuve, fait face aux bateaux à roue qui attendent les touristes et délimite le quartier des affaires. Passés sous l’arche, qui commémore l’expédition de Lewis & Clark, on est réputé passer résolument à l’ouest : cette ville agréable, siège de quelques sociétés minières mérite une étape ; l’hôtel Moonrise saura vous transporter dans l’espace pour une nuit https://moonrisehotel.com/ .

LEBANON, 3ème étape ; toujours au Missouri : avec la traversée entre autres de Eureka, Allenton, Pacific, St Clair, Stanton, Sullivan, Bourbon, Cuba, Rolla, Arlington, Waynesville, Hazelgreen…
La traversée du Missouri commence par un choix cornélien : Old route pre-1932 ou Route post-1932 ? Pas sûr que la première halte à Eureka apporte une réponse satisfaisante, mais à vous de voir… Le Route 66 State Park d’Eureka est surtout connu pour avoir été une zone vidée de ses habitants dans les années 80 (Times beach) en raison de la présence de dioxine. A Allenton, le Red Cedar Inn, ouvert après la prohibition en 1932, n’est plus qu’une façade, car il est fermé. Gray Summit abrite un jardin botanique Shaw Nature Reserve, où la biodiversité locale est expliquée aux visiteurs. De tels endroits sont rares aux US, où la préoccupation écologique reste une affaire presque marginale. Le Lewis Cafe est le point central de St Clair https://www.lewiscafe.net/, traditionnel bien dans la note de la route. A Stanton, on replonge dans l’histoire de l’ouest et de ses personnages mythiques : ici Jesse James dont la mort reste une énigme. Deux lieux particuliers à visiter, le Jesse James Wax Museum et les Meramec Caverns où le bandit se cachait avec son frère Frank… Cuba – the 66 Mural City – est une halte mémorable pour les amateurs de peintures murales. Le Wagon Wheel Motel, avec son enseigne néon, peut s’avérer être l’occasion d’une étape, sinon la route se poursuit vers Fanning, où le Giant Rocking Chair de l’US 66 Outpost est bien planté sur ses 4 pattes au bord de la chaussée. Près de l’échangeur Waynesville / Buckhorn sur l’I44, on note la présence d’un Giant Bowling Pin et d’un panonceau dans l’axe du premier pour un Adult Store. A Hazelgreen, un pont métallique (1923-Bridge) franchit la rivière Gasconade. Le prochain gros bourg, après Rolla, est Lebanon (rien de plus à voir avec le Liban que Cuba avec l’île du même nom 😉 , où le Munger Moss Motel (1946) est l’une des auberges emblématiques de la route. Restaurées en 1971, mais retombées dans leur jus historique, les chambres du motel sont réparties autour d’une piscine fraîche. On ne se lasse pas des reflets lumineux de l’enseigne la nuit venue… https://mungermoss.com. (Halte obligée, malgré une suspicion de ‘bedbugs’ dans ce lieu historique à tous points de vue). Lebanon s’est doté de son petit musée Route 66 Museum pour ne pas être en reste sur les villes-étapes voisines.
La longue route qui peut se parcourir en choissisant ses étapes en fonction de son rythme personnel, de ses centres d’intérêt (un peu toujours les mêmes néanmoins) et surtout la possibilité de s’arrêter pour une nuit dans l’un « homes away from home », à savoir l’un des motels mythiques de la route, bien que le confort soit quelquefois désuet et sommaire. (voir parmi les hôtels cités dans les articles avec (*). La R66 doit être suivie avec le maximum de précision ; elle a parfois disparu au profit d’une autre numérotation ; à d’autres moments, la route originale est impraticable et devient alors souvent parallèle à une route ou autoroute refaite plus récemment, elle se confond alors avec ces nouveaux tronçons ; quelquefois, on peut avoir aussi le choix entre 2 options de la 66 (selon les époques). Par contre des excursions proches sont possibles dès lors que l’on revient sur la route à l’endroit où on l’a quittée…(voir plus bas les outils indispensables pour suivre l’itinéraire en ne gâchant rien).

https://www.historic66.com/
JOPLIN, 4ème étape et continuation au Missouri : via Strafford, Springfield (bis), Halltown, Phelps, Maxville, Carthage, Carterville, Webb city…
Il est des endroits sans cachet, ni intérêt sur cette route. Strafford, petite bourgade assoupie sur une ligne droite qui mène à Halltown en est un. Donc il faut savoir s’échapper et filer au plus vite vers d’autres horizons. A Springfield (Mo) l’enseigne du Rest Haven Court retient l’attention, pas les chambres…Halltown ne retient pas beaucoup plus l’attention, sauf par son Las Vegas Hotel & Restaurant, tout en bois, au charme désuet (pas certain que les chambres soient toujours à louer par contre…). A Paris Springs, la station renovée Gay Parita Sinclair Station ravira les amoureux des pompes à essence. Phelps n’a par contre pas grand chose à offrir. Passons… Carthage est connue mondialement pour l’architecture de son Boot’s Court Motel, aujourd’hui recyclé en location et surtout la délirante chapelle (et son parc attenant) Precious Moments Chapel, entièrement dévouée à Dieu (une débauche de figures enfantines, d’angelots et de petits personnages mi bande dessinée « Fripounet & Marisette », mi liturgie et bien sûr la divine boutique qui va avec …). Webb city est plus intéressante avec ces nombreux édifices : le Route 66 Middle West Hotel (un site déclaré ‘historique‘) le Route 66 Movie Theatre, la Bruner Pharmacy, la Aylor House et le Civic Theater. Il y subsiste également 2 stations-services : l’U.S. Filling Station (1920) et le Route 66 Welcome Center au sein d’une station des années 50. Arrêt à la Quinta Inn de Joplin, (un hôtel de chaîne tout à fait standard à tous les niveaux… du seau de glaçons aux cookies du soir et aux gaufres du petit déjeuner). En 1933, Bonnie Parker & Clyde Barrow se cachèrent dans une villa de Joplin sur W 34th. Peintures murales, stations-services, restaurants à néons colorés sont à découvrir ‘downtown’.
TULSA, 5ème étape dans l’Oklahoma après une courte incursion au Kansas : via Galena, Baxter Springs (Ks), Quapaw, Narcissa, Vinita, Chelsea, Foyil, Catoosa…
K comme Kansas ! Une originalité, sinon une anomalie que ces 13 miles (seulement) parcourus dans l’état du tournesol. 13 petits miles qui néanmoins permettent de découvrir la petite agglomération de Galena. La perle de Galena réside en son musée tenu par des bénévoles disponibles et diserts sur l’étendue de leurs trésors, y compris les locomotives, chars d’assaut et autres véhicules exposés à l’extérieur. Plus coquin s’avère être le Haunted Staffleback Bordello (aujourd’hui vidé de ses péripatéticiennes !), à proximité du Kan-O-Tex Service Station & Diner. Passé cet intermède au Kansas, l’Oklahoma s’ouvre devant nous. Le premier tronçon nous mène à Tulsa, via Quapaw (peintures murales liées à l’histoire des mineurs de charbon et à l’industrie locale), Miami (Waylan’s Ku Ku Burger), Vinita (seconde ville la plus vieille de l’état : motels et stations un peu délabrés se succèdent, y compris le plus grand Mc Do construit en 1957 !! et qui enjambe l’autoroute de toute son arche jaune – un ancètre des restoroutes…), Foyil (un must-to-see que constitue le World’s Largest Totem Pile, 27 m de haut sur 8 de diamètre, 28 tonnes de ciment, 6 d’acier et 100 d’agrégats et de sable), Claremore (et son mémorial, son boulevard, sa statue, son hôtel Will Rogers du nom de l’acteur et écrivain natif du lieu qui donna son nom à la 66 sous la formule Will Rogers Highway), Verdigris (baptisé ainsi par des trappeurs français sans doute égarés dans ce coin ; aujourd’hui connu pour ses ponts métalliques parmi lesquels le Bird Creek bridge) et finalement Catoosa (la baleine bleue – Blue Whale – souriante patauge dans son étang). Arrêt ce jour au Hyatt Place Southern Hills au centre de cette ville, moderne avec son ‘skyline’, lovée le long de la rivière Arkansas. Alerte ‘géant’ à Tulsa, en hommage aux découvreurs de l’or noir, le Golden Driller. En ville, l’art déco a été plus qu’un style architectural, il a essaimé sur le 11th St. Une autre attraction est le Coleman Theater qui lui est extérieurement tout de stuc espagnol.
Parmi les diverses publications, guides et albums dédiés à la route 66, le « EZ66 Route 66 –Guide for Travelers » de Jerry Mc Clanahan fait autorité sanctionnant la moindre curiosité et détaillant la route mieux qu’un Garmin ou Tomtom.

Consulter le site « Historic Route 66 » à l’onglet Books & Maps

OKLAHOMA City, 6ème étape et capitale meurtrie (attentat de l’extrème droite de 1995) de l’état éponyme : via Red Fork, Oakhurst, Bristow, Stroud, Davenport, Warwick, Wellston, Arcadia…

Toujours plus à l’ouest, le ruban d’asphalte se déroule sur une longue ligne droite sur l’I 44 entre les 2 principales villes de l’état Tulsa & Oklahoma City. Chez Ollie’s Station Restaurant à Red Fork, on peut « jouer au petit train » tout en déjeunant ; le Santa Fe Railway est toujours à l’heure. Oakhurst est une ville quasi fantôme… Bristow s’honore d’avoir transformé astucieusement sa gare de chemin de fer en musée en préservant la charpente (Bristow Train Depot and Museum). Sapulpa honore son industrie et ses ouvriers par une bouteille de coke « Giant Coke Bottle » à l’entrée de la ville ; le stand Happy Burger est ouvert depuis 1957 ! A Stroud, le fameux Rock Cafe n’était plus qu’un souvenir lors de l’incendie qui l’a ravagé en 2008. Une reconstruction a été entreprise sur les murs existants ; son enseigne rouge est visible de loin. Chandler dispose de son Route 66 Interpretive Center où l’on peut s’installer confortablement sur un siège de Cadillac pour regarder les vidéos. L’auteur du guide EZ66, Jerry McClanahan tient boutique dans ce bled et expose dessins, etc dans sa galerie McJerry’s Route 66 Gallery (tél avant d’arriver pour savoir s’il est ouvert !). Wellston a un joli pont surplombant Captain Creek, le 1933 Iron Bridge. La pièce maitresse d’Arcadia est sa grange ronde, 1898 Round Barn. Une petite soif s’étanche au Pop Bottle at Pops, qui propose plus de 400 sortes de sodas, le plus grand choix au monde ! http://www.pops66.com/ Vous avez ensuite le choix des itinéraires pour pénétrer à Oklahoma City, soit par la vieille route (Beltline Option), soit par Capitol Option. Cette dernière mène droit au Capitole et à son derrick, symbole de l’importance du pétrole dans le développement de l’état. Une visite commémorative au https://oklahomacitynationalmemorial.org/ rafraichit la mémoire sur l’existence d’une extrême droite suprémaciste, raciste et fasciste dans ce pays. Halte confortable proche de l’I 40 au Staybridge Suites Oklahoma City. Une visite dans l’excellent National Cowboy & Western Heritage Museum semble incontournable pour appréhender l’ouest profond à venir… https://nationalcowboymuseum.org/

ELK CITY, 7ème étape ; toujours en Oklahoma aux confins du Texas : via Yukon, El Reno, Geary, Weatherford, Clinton, Canute…
Yukon est – parait-il – la capitale tchèque de l’Oklahoma, les bohèmes ayant émigrés en masse par ici. Ils contribuent quelque part au mythe des Oakies cherchant un avenir meilleur vers l’ouest. Ici, l’horizon est néanmoins barré par les silos de la Yukon Mill & Grain Company « Yukon’s best flour« . Impossible de citer bien sûr tous les néons des motels, commerces situés sur le parcours depuis Okl. City, mais cela fait partie de la surprise de la route « Oh ! regarde à gauche, tu as vu à droite… » On se rapproche peu à peu des terres d’élevage et les ‘vegans’ peuvent passer leur chemin devant l’enseigne « Watch your curves, eat more beef« . Passé El Reno, une voie alternative mène sur la route pré-1933 via Calumet et Geary (deux noms biens français, le second dérivé de Edmond Gasseau Choteau Le Guerrier)… ca se termine sur une piste en cul de sac ! Weatherford est sur la terre des indiens Cheyenne et Arapaho. Alerte ‘géant’ (Giant Indian) sur le bord de route au croisement de 4th et Locust, il s’agit effectivement d’un indien, le bras levé.. Clinton est célèbre pour son Oklahoma Route 66 Museum https://www.okhistory.org/sites/route66.php. Canute fait partie de ces cités où fourmillent les signes de vieux commerces, motels, cafés, garages aujourd’hui abandonnés pour les 4/5° et aux néons déglingués. Un avion Lockheed T33 marque l’entrée dans Elk City, lieu de notre étape du soir. Bienvenue au Hampton Inn & Suites Elk City.
AMARILLO, 8ème étape ; ‘l’étable’ du Texas : en passant par Shamrock, Lela, McLean, Alanreed, Jericho, Groom, Conway…
La frontière texane est proche… cet état fier qui fut autonome de manière éphémère accueille les visiteurs avec ses pancartes souvent perforées par les cowboys de pacotille des environs.

Avant la frontière, on traverse plusieurs petites bourgades, Sayre (et son Western Motel, sa peinture murale sur le Route 66 Bar, le Beckham Co Courthouse fut filmé dans une scène des Raisins de la Colère), Erick patrie de Roger Miller, auteur du fameux tube King of the Road https://www.youtube.com/watch?v=Qk_hPTN50UE. (Un musée lui est consacré, le Roger Miller Museum). D’autres doux dingues du même village ont pris le relais, applaudissez Harley & Annabelle : https://www.youtube.com/watch?v=hra52C2avDo. Passé le dernier bled avant la ligne d’état, Texola siège d’une minuscule prison, la route s’annonce droite comme le manche d’une poële (traduisez « Panhandle » ;-)
Shamrock est le lieu d’une casse automobile fournie en épaves de la route ; quelques modèles détonnent un peu et feraient les beaux jours des amoureux de la conduite auto. Au prochain carrefour de l’US 83, la superbe station U-Drop Inn / Tower Conoco a été restaurée et, propriété de la ville, sert à la Chambre de Commerce locale. Mc Lean abrite un confidentiel Old Route 66 Museum / Devil’s Rope https://www.barbwiremuseum.com/ . Pas très loin, le Cactus Inn Motel est photogénique. La nature se fait plus aride à l’ouest de Mc Lean. Alanreed dispose de 3 itinéraires pour suivre la 66, rien que çà : une piste au sud, une 2 voies pavées sur la 3ème rue et une 4 voies baptisée I40. En 1907, la ville possédait une banque, un hôtel, deux églises, un salon, deux épiceries, une quincaillerie, une écurie et une forge, pas certain qu’il y ait plus aujourd’hui… Jericho est pire encore, puisqu’il s’agit d’une cité fantôme. Tout juste quelques plaques autrement dénommées « Historic Marker » signalent tel ou tel édifice ou monument disparu. Groom se fait remarquer par son chateau d’eau penché (intentionnellement ; Leaning Tower of Groom) et sa croix la plus haute … du Texas, voire de l’Ouest (Cross of our Lord Jesus Christ – 57 m). A Conway, un humoriste a enterré des coccinelles VW (Bug Ranch) comme une réponse amusée au Cadillac Ranch plus connu et à voir après Amarillo. On entre dans cette dernière par l’I 40 access road et on aperçoit de très loin le Giant Big Texan, qui signe l’entrée du complexe du même nom : maison-mère du « Free 72 Oz Steak Diner » (le diner d’une table est offert, si le steak est englouti en moins de 60 minutes…), des pitchers de bière, etc… Pas grand chose à voir en ville et de fait, un choix opportun de séjourner à l’ouest de la ville, prêts à redémarrer le lendemain : Holiday Inn – Amarillo West.

TUCUMCARI, 9ème étape et première halte au Nouveau Mexique ; la ligne droite historique : via Vega, Adrian (le point médian de la route), San Jon…
Sortis d’Amarillo par l’I40 (parallèle à la 66), on longe le Cadillac Ranch (1974) un peu éloigné de la route ce qui tend à diminuer la première impression du lieu d’exhibition. Passé une clôture, il faut se munir d’une bombe de peinture pour ajouter sa touche à l’ouvrage (des bombes plus ou moins vides trainent ici et là au pied des 10 cadillacs). Vega a vu sa Magnolia Gas Station restaurée en pierres grises un peu austères. Le prochain stop est un moment important de la route, puisqu’il s’agit précisément du point médian géographique de la route 66, Adrian avec son panneau symbolique entre West Tucumcari / East Amarillo, son Mid-Point Cafe (et ses tartes aux fruits). La localité frontalière s’appelle Glenrio, déserte… Le Nouveau Mexique devient notre nouveau terrain d’exploration. San Jon est aussi délabrée. Il faut filer vers Tucumcari pour retrouver l’esprit et les signes extérieurs de la 66. Tee Pee Curios, Motel Safari, Tucumcari Historical Museum, Del’s Restaurant sont des endroits reconnus de la cité, mais c’est le Blue Swallow Motel qui remporte la palme (et qui doit figurer en bonne place sur tous les albums consacrés à R66), avec ses chambres cosy pas très grandes, dans un style assez kitsch, mais sonores (24h/24 roadtrucks obligent) et suspectes de ‘bedbugs’ vivant en colonies serrées… La ville qui peut connaitre des journées (très) chaudes en été dispose d’un lac à proximité pour s’aérer et se rafraîchir.

ALBUQUERQUE, 10ème arrêt (avec possibilité de faire un complément de visites à Santa Fe et Taos) ; via Montoya, Newkirk, Cuervo, Santa Rosa, Milagro, Clines Corner (US 285 pour le Santa Fe loop), Moriarty, Tijeras, Carnuel…
A la sortie de la ville, une sculpture stylisée signifie que le chemin est bien le bon vers Montoya (Historic Richardson Store délabré), Newkirk (Route 66 Service Station abandonnée), puis Cuervo (Frontier Bar en ruine). Le Route 66 Auto Museum est un peu plus pimpant à Santa Rosa. Autre signe que nous dérivons calmement, mais résolument vers l’ouest « sauvage », la route franchit le Rio Pecos après Santa Rosa et la loi sera désormais celle du Juge Roy Bean (voir notre article « Un tour au Texas & Nouveau Mexique – 2009 »). Moriarty s’enorgueillit de maintenir vivant quelques vestiges de la route, comme le Sunset Motel, la Whiting Bros Gas Station, le El Comedor de Anayas Restaurant. C’est un peu avant cette localité que l’on tourne à droite direction Santa Fe pour celles et ceux qui veulent tester l’ambiance de cette ville hautement ‘bobo’ et pas du tout ‘hobo’. Ce ‘Santa Fe Loop‘ comme il se nomme était en fait la voie initiale et le passage via Albuquerque n’a été décidé qu’en 1937. Donc in fine, passer ou non par Santa Fe est affaire de goût…le principal est sauf : rester sur l’itinéraire…Albuquerque, c’est la ville des chapeaux, chez Man’s Hat Shop installé depuis plus de 70 ans sur Central Av. C’est aussi et surtout le Aztec Motel (1932), le KiMo Theater, le magasin Maisel’s Indian Jewelry (1939) et le Route 66 Diner. Notre halte se situe un peu à l’écart près des monts Sandia et du fleuve Rio Grande : Hyatt Regency Tamaya 1300 Tuyuna Trail, Santa Ana Pueblo.

GALLUP, dernière étape au Nouveau Mexique, la 11ème : via Rio Puerco, Mesita, Laguna, San Fidel, Grants, Bluewater, Prewitt, Coolidge…
Rio Puerco, un pont (Rio Puerco Bridge 1933) désaffecté, mais un casino flambant neuf. Vers Mesita, la route ondule de Owl Rock à Dead Man’s Curve, puis descend vers Laguna. A Budville, le Budville Trading Co existe depuis 1928. A Cubero, Hemingway aurait écrit partie de son « vieil homme et la mer » au Villa Cubero Trading Post, mais cela reste sujet à caution, car il semble l’avoir déjà écrit en d’autres lieux… A Mc Cartys, la Santa Maria Mission est perchée sur le bord de la route. L’uranium était extrait du sous sol de Grants et le New Mexico Mining Museum est là pour le rappeler. Prewitt abrite le Tomahawk Bar à la façade rose. La marque du Continental Divide (entre Pacifique et Golfe du Mexique) est signalée entre Thoreau et Coolidge. La voie de chemin de fer, qui suit la route, procure un spectacle insolite lorsque les trains lourds sont en compétition avec les routiers. Gallup, l’indienne : il y a ici profusion de trading posts, de galleries, des néons, des peintures murales dont une réalisée avec des néons sous le titre « Here We are On Route 66, Gallup NM ». Alerte ‘géant’ avec le Giant Kachina célébrant la nation indienne. Celui-ci est contrebalancé par le Giant Muffler-Man Cowboy… pour ne pas faire de jaloux. Il n’y a que l’embarras du choix pour dormir à Gallup et avec des $$, le El Rancho hotel vous embarque à Hollywood. Les célébrités se sont succédées dans cet établissement, Errol Flynn venant à cheval commander à boire au 49er Lounge Bar et une galerie à l’étage vous font parcourir le bottin mondain des USA. Pour notre part, ce sera le temps d’une visite avant de rejoindre notre home (tout aussi décent) : La Quinta Inn & Suites.
FLAGSTAFF, la 12ème étape au cœur de la forêt rafraichissante de l’Arizona : via Lupton, Allantown, Chambers, Navajo, (arrêts conseillés à Painted Desert & Petrified Forest de part et d’autre de la I-40 / 66), Holbrook, Winslow, (arrêt conseillé à Meteor Crater – exit 239 I-40), Winona…
Après cette avalanche de signes (très) distinctifs de la Route 66 dans une seule et même ville, on reprend le 4×4 avec une espèce de « gueule de bois » ayant le sentiment de quitter un endroit un peu délirant faisant une synthèse entre la conquête de l’ouest, la magie de la route, l’espoir d’une vie meilleure. Defiance, Manuelito, on égrène des noms ‘exotiques’ sur cette portion qui longe le Rio Puerco en dehors de l’I 40. Le trajet grimpe doucement au travers de Devil’s Cliff. On est ici en pays Navajo et on entre en Arizona : Lupton (Geodesic dome at Ortega’s indian market), Houck (Fort Courage), Sanders, Chambers, Navajo (la limite d’état est marquée par un ‘Giant Tee Pee‘ planté au sein d’un trading post devant une barrière rocheuse ; business indien oblige). Avant Holbrook (nombreux motels historiques rénovés ou non dont le Wigwam Motel – 1950 – unique en son genre, fait de Tee Pees alignés devant lesquels trône une « old vintage car » différente), côté droit on entre dans le « Painted Desert« , (El Desierto Pintado) ainsi nommé par son premier visiteur, un explorateur espagnol (en fait une partie du Petrified Forest National Park) ; une route serpente au travers de collines dont les couleurs changent avec les lumières successives du jour. De l’autre côté de l’I 40, la « Petrified Forest » recèle ces fameux troncs d’arbre pétrifiés, fossilisés, transformés en roches aux couleurs chaudes ; gisant çà et là dans la rocaille au détour de chaque virage. Epoustouflant paysage brûlé par le soleil ( au demeurant, c’est l’unique parc national traversé par la Mother Road : https://www.nps.gov/pefo/index.htm – faire le Blue Mesa Trail – 1 mile – pour découvrir la nature d’un peu plus près et avoir la chance de croiser la route de quelques Collared Lizards…).

Holbrook est à équidistance de Gallup, notre dernière étape et de Flagstaff, la prochaine. Alerte ‘géant’ au Rainbow Rock Shop avec ses dinosaures alignés sur le trottoir. Ensuite à Joseph City, plus vieux campement de Mormons en Arizona (1876), vous serez accueilli par un lapin au Jack Rabbit Trading Post : « If you haven’t been to the Jackrabbit, you haven’t been to the southwest« . Dans la ville suivante de Winslow, c’est un hommage aux Eagles et à leur chanson ‘Take it easy » qui se trouve à l’angle de Kinsley/2nd sous le panneau indiquant « Standing on the corner« . Les motels abondent dans la cité, dont La Posada hotel, un vénérable établissement de 1928. Stations-services, trading posts, un théâtre et autres restaurants typiques ne sont pas en reste, ce qui fait de Winslow une halte impérative pour le photographe, si ce n’est pour le gastronome :-). Meteor City qui n’est plus ni une ville, ni même un village signale cependant que vous être proche d’un autre site mémorable, le Meteor (ou Barringer) Crater. Il s’agit d’un cratère d’impact d’une météorite de 300 000 tonnes et de 50 mètres de diamètre qui a laissé une cavité de 1400 mètres de diamètre sur 190 de profondeur. Two Guns est une ville fantôme, Twin Arrows sont 2 flèches plantées dans le sol et dernier vestige d’un établissement disparu lui aussi. Winona n’a guère à offrir d’autre que son vieil Old Iron Bridge. Il apparait que la végétation change un peu à mesure que la route s’élève et que l’on entre dans la Coconino National Forest. Devant nous, la ville / carrefour de Flagstaff nichée au pied des San Francisco Peaks : l’I 17 au sud mène à Phoenix, l’I 40 (R66) traverse la ville d’est en ouest, vers le nord et Page et l’Utah, on peut emprunter la route 89, vers le Grand Canyon (South Rim), il faudra prendre la 180. La température soudain fraîchit à 2106 m et la ville prend des airs de station alpine. Alerte ‘géant’ au Granny’s Closet avec une réplique d’un Muffler Man à la hache. Le centre ville agréable de Flagstaff recèle d’autres curiosités, telle que le Monte Vista Hotel et son enseigne sur le toit, l’hôtel Weatherford (1897), le Museum Club et sa guitare géante. Halte nocturne au Little America Hotel niché dans une pinède de ponderosas le long de l’I 40, un établissement distingué avec piscine, restaurant…

KINGMAN, 13ème étape et deuxième en Arizona : via Parks, Williams (avec une bifurcation sur la droite par la route 64 pour le Grand Canyon), Ash Fork, Seligman, Peach Spring, Hackberry…
Si vous décidez de continuer vers le South Rim, inutile de revenir sur vos pas par la 180, mais rejoindre l’I 40 / R66 à Williams par l’US 64 (en suivant le train à vapeur qui fait la jonction avec le Grand Canyon) et ainsi reprendre le cours de la Mother Road à cet endroit qui regorge de motels et de restaurants (tourisme de masse s’entend..) : Rod’s Steak House au néon de bœuf géant, Twisters 50’s Soda Fountain, Old Smokey’s Restaurant sont des adresses sûres. Puis, la route défile en passant via Ash Fork (Desoto’s Beauty and Barber Shop, Hi-Line Motel, Copper State Motel), Seligman (Aztec Motel, Supai Motel, Route 66 Motel), Truxton (Frontier Motel & Cafe), Hackberry (et son fameux Hackberry General Store), Antares (connu principalement pour son Ranchero Motel et sa tête de Moai, Giganticus Headicus ; pourquoi un tiki ici ? on vous répondra immanquablement « and why not ? »)… tout ceci avant d’aboutir en fin de journée fourbus par les stops multiples à Kingman. Etape classique : confort d’une chaîne reconnue et sans surprise avec son petit déjeuner standardisé, sa salle de bain moulée d’une pièce ;-), sa ‘laundry room’ et sa machine à glaçon obligatoire… Holiday Inn Express Hotel & Suites. Kingman est le siège de l’ Historic Route 66 Association of AZ dans son Powerhouse Visitor Center ; un musée est situé au 1er étage. Autres découvertes à faire : le Trovatore Motel, le Kingsman’s Landmark Steakhouse, Mr. D’z Route 66 Diner, les réservoirs du Kingman Water Tank, l’AT&SF Railroad Depot (ou s’arrête quotidiennement l’Amtrak SouthWest Chief – L.A / Chicago), le Hill Top Motel (Best view in Kingman…).
NEEDLES, 14ème étape et l’Arizona se referme derrière nous : via Oatman (et sa route historique en lacets, la ‘Oatman highway’), Topock…
Sur la trace de l’or ! En direction de Oatman, la route devient lacets, virages en épingle ; depuis Cool Springs et jusqu’à Golden Shores on s’éloigne temporairement de l’I 40 pour suivre l’une des sections les plus authentiques : l’Oatman Highway à travers les Blacks Mountains. Au col de Sitgreaves, l’altitude n’est que de 3,595 ft (1.096 m), mais offre un excellent point de vue. Goldroad fut un lieu de recherche effrénée d’espoir et d’utopie. Oatman et ses ânes (‘wild burros‘) qui flânent en rue a connu les riches heures de la ruée vers l’or ; elle se contente aujourd’hui de la manne des touristes. Son Oatman Hotel & Café (1902) est le joyau de la petite cité. On n’entend plus siffler les balles dans le vieux Glory Hole Saloon et ses murs tiennent encore debout miraculeusement. Le retour sur l’I 40 à hauteur de Topock signifie aussi que nous quittons l’Arizona pour entrer (ô moment d’histoire !) dans le dernier état à traverser, la Californie ! La limite d’état est gravée dans le sol par la rivière Colorado. Ce sera le lieu de notre étape du jour : BW Colorado River Inn. Needles est annoncée par son 66 Motel et le Welcome Wagon ; c’est une ville importante pour le chemin de fer.
VICTORVILLE, 15ème arrêt en Californie : via Chambless, Amboy, (arrêt obligatoire au Bagdad Café), Ludlow, Newberry Springs, Barstow (voir notre récit d’une visite à Hinkley sur l’article « Un itinéraire sur les routes de l’ouest »), Helendale, Oro Grande…
Needles sert aussi de base pour une excursion dans le Mojave National Preserve, qui est coincé entre les I 15 et I 40 et a la beauté dure et singulière d’une terre désolée, aride, inhospitalière : https://www.nps.gov/moja/index.htm. C’est aussi l’occasion de faire un détour par Las Vegas, la cité du jeu, du mariage ‘factice’ et accessoirement des tueries de masse sans motif apparent (1er octobre 2017). [Avertissement : Ce ‘détour’ autorisé par les puristes ne doit pas être l’occasion de ‘déserter’ la Route 66 et donc doit se concevoir comme un simple aller retour via l’US 95 et non pas en récupérant la I 15 au départ de Las Vegas, car alors le trajet sur la 66 serait tronqué…]. A l’ouest de Needles, la 66 prend 2 itinéraires possibles : (a) post 1931 désormais confondue avec l’I 40 via les Sacramento Mountains, (b) via Goffs à la limite du désert de Mojave. La jonction de cette dernière portion avec l’I 40 se fait à Fenner. Il fait chaud et sec … la station service Hi Sahara Oasis semble un mirage dans ce bout de désert. Le « Route 66 Public Art Corridor » dans les environs de Chambless perpétue une solide tradition de la 66 depuis des décennies, une forme d’art ‘participatif’ qui invite chacun à s’approprier – ou à initier – une partie d’oeuvre ; les uns accrochent leurs chaussures sur des fils barbelés ou taguent leurs noms et d’autres slogans variés sur un corridor de plusieurs miles entre Essex et Amboy. Attention toutefois aux « snakes » qui rôdent dans les environs… L’arrêt suivant est à la fois dédié aux cinéphiles et aux assoiffés de tous bords, car il s’agit sur un bout de route annexe de se rafraîchir la gorge au Bagdad Café à Newberry Springs (ex Sidewinder Café)… Quelques personnages dignes du long métrage le hantent à longueur d’année en cultivant le mythe. Passé Daggett, on aborde Barstow et on ne quitte pas le 7ème art, puisqu’on arrive au croisement de l’I 40 (laquelle s’arrête curieusement ici) et I 15 (qui prend le relais direction LA). Barstow est à quelques miles de Hinkley et sa trop fameuse usine de la PG&E … la pollution au chrome VI a eu raison de la vie à Hinkley, où les maisons se vident autour du site industriel. Les champs et cultures alentours replantés par la compagnie d’énergie pour donner le change et absorber la contamination dans les sols et la nappe phréatique ne font qu’illusion… Erin Brockovich (voir notre article « Mon Amérique au cinéma ») a certes gagné un combat juridique et médiatique, mais les habitants de la zone ont tout perdu… santé, biens immobiliers, exploitations agricoles… et sans doute gagné quelques indemnisations sur les 300 millions de $ auxquels a été condamnée la PG&E. (La visite de la zone contaminée a quelque chose de réellement surréaliste, car on est replongé immédiatement dans ce film avec ces maisons murées par du contreplaqué, ces panneaux de protestation dérisoires, et cette usine – pas très grosse avec ses bassins de traitement des eaux – gardée par des vigiles suspicieux et immédiatement en alerte dès qu’un véhicule s’approche…). De Barstow à Victorville, le trafic se fait plus soutenu avec les retours de Las Vegas : à Helendale, un perroquet signale la Old Polly Gasoline qui était vendue chez Newton’s Towing (en d’autres temps) ; le tintement sonore des bouteilles de verre multicolores attirera votre oreille en passant devant le Bottle Tree Ranch d’un artiste prénommé Elmer. Victorville, cité épargnée par les foules qui cinglent vers L.V ou L.A mérite un arrêt tant ses curiosités sont nombreuses : Emma’s cafe, New Corral Motel, Green Tree Inn, California Route 66 Museum (un de plus, jusqu’à l’overdose…). Un arrêt prolongé au Hilton Garden Inn Victorville a zone ont tout perdu… santé, biens immobiliers, exploitations agricoles… et sans doute gagné quelques indemnisations sur les 300 millions de $ auxquels a été condamnée la PG&E. (La visite de la zone contaminée a quelque chose de réellement surréaliste, car on est replongé immédiatement dans ce film avec ces maisons murées par du contreplaqué, ces panneaux de protestation dérisoires, et cette usine – pas très grosse avec ses bassins de traitement des eaux – gardée par des vigiles suspicieux et immédiatement en alerte dès qu’un véhicule s’approche…). De Barstow à Victorville, le trafic se fait plus soutenu avec les retours de Las Vegas : à Helendale, un perroquet signale la Old Polly Gasoline qui était vendue chez Newton’s Towing (en d’autres temps) ; le tintement sonore des bouteilles de verre multicolores attirera votre oreille en passant devant le Bottle Tree Ranch d’un artiste prénommé Elmer. Victorville, cité épargnée par les foules qui cinglent vers L.V ou L.A mérite un arrêt tant ses curiosités sont nombreuses : Emma’s cafe, New Corral Motel, Green Tree Inn, California Route 66 Museum (un de plus, jusqu’à l’overdose…). Un arrêt prolongé au Hilton Garden Inn Victorville est donc amplement justifié, juste avant de plonger vers San Bernardino et Los Angeles….

SANTA MONICA, 16ème étape et dernière ligne (presque) droite vers l’objectif final : via Cajon Summit, San Bernardino, La Verne, Pasadena, Hollywood (Santa Monica blvd), Beverly Hills…
La Der des Der, l’étape ultime, la 16ème et … déjà un pincement au cœur que l’océan soit une barrière infranchissable avec ce satané 4×4 devenu une seconde maison à défaut d’une seconde peau…

Dans la descente de la Cajon Pass vers la grande banlieue de L.A, on revoit défiler les kilomètres et on se remémore quelques images gravées au terme de ces 21 jours de route… San Bernardino était une ville sinistrée lors de notre passage, en faillite comme quoi cela arrive même aux meilleurs (la Californie serait à elle seule la 5 ou 6ème puissance économique mondiale..!). La route 66 prend des allures de voie de grande banlieue alternant feux rouges et arrêts de bus… (Rialto dispose de son Wigwam Motel tout rénové ; les « Route 66 memories » se succèdent à un rythme soutenu, mais la magie n’est plus la même dans ce trafic infernal de la mégalopole. Il faut ici être attentif à tous instants ; pas le temps de peaufiner les détails. Ce sont les noms qui se succèdent qui font rêver : Rancho Cucamonga, Claremont, Glendora, Arcadia, Monrovia, Pasadena, puis on pénètre dans le saint des saints par Sunset Boulevard, puis bifurcation à gauche par Santa Monica Blvd jusqu’à l’océan, à gauche toujours sur Ocean Avenue pour stopper net à la hauteur du Santa Monica Pier ! Si le point d’arrivée a été légèrement déplacé pour des raisons logistiques, la fin de la route est signalée à la fois sur le ponton et dans la pelouse proche de Palisades Park par le Will Roger Highway Marker. C’est aussi l’endroit où les beatniks s’apercevaient qu’après L.A c’était la mer, puissante, et à vrai dire pas très pacifique et que définitivement la route s’arrêtait là !
Après un temps légitime d’émotions entremêlées, la dernière ligne droite nous emmène vers ce petit bijou de Mr. C Hotel sur Beverly Drive à Beverly Hills, son bar vintage, ses fauteuils et canapés, son cocktail Bellini : un autre mythe du cinéma vient de tomber tout près avec Pretty Woman !
The End ! Pincement au cœur en découvrant la plaque commémorative « Will Rogers Highway » et le panneau « End of the trail » sur le ponton de bois blanc qui abrite toujours une fête foraine. Les images se bousculent un peu et il faudra mettre tout cela à plat pour (re) dérouler le long tapis d’asphalte.. et revoir l’aventure de la famille Joad partie d’Oklahoma vers un avenir meilleur (« Les raisins de la colère », E. Hemingway).

- Récapitulatif : nos suggestions d’hébergement :
- Chicago : hôtel BURNHAM (*)
- Chicago : hôtel HAMPTON Inn & Suites Downtown
- Springfield : ROUTE 66 hôtel (*)
- Saint Louis : MOONRISE hôtel (*)
- Lebanon : MUNGER MOSS hôtel (*)
- Joplin: La QUINTA Inn
- Tulsa : HYATT Place Southern Hills
- Oklahoma city : STAYBRIDGE Suites
- Elk city : HAMPTON Inn & Suites
- Amarillo : HOLIDAY Inn
- Tucumcari : BLUE SWALLOW motel (*)
- Albuquerque : HYATT Regency Tamaya Santa Ana Pueblo
- Gallup : La QUINTA Inn
- Kingman : HOLIDAY Inn Express
- Needles : BW Colorado River Inn
- Victorville : HILTON Garden Inn
- Beverly Hills : Mr C Beverly Hills (*)
- Renseignements sur demande…
Et plus encore / and many more !

Et parce qu’il est parfois compliqué, voire moralement indécent, de refermer un pareil périple sur un simple billet d’avion, il est hautement suggéré de revivre une partie de la Route en sens inverse, le Southwest Chief d’Amtrak y pourvoira. Départ de la superbe, presque désuète mais iconique gare de L.A au style purement hispanique (Union station fête ses 80 ans en mai 2019) https://www.unionstationla.com/ et arrivée à Chicago après 46 heures de trajet via Barstow, Flagstaff, Gallup, Albuquerque, La Junta, Topeka, Kansas City… Juste le temps de recoller les morceaux et de mettre les bonnes images dans les bonnes cases de l’album de la 66 !





























































































































































































































































































































































































































































































































