Géographie

KEY WEST (2017)

« Le monde est un endroit magnifique qui vaut la peine de se battre » Ernest Hemingway

L’US-1 qui descend de la frontière canadienne jusqu’à … Key West !

Key West, un chapelet d’îles qui semble partir à la découverte de la baie de Floride jusqu’à un point inaccessible dans le Golfe du Mexique … Key West, le terminus de cette enfilade n’est plus qu’à 145 km de Cuba et par très beau temps, si la terre était plate, on verrait l’hôtel Nacional flanqué de ses 2 tours… Au total, un millier d’îles dont certaines sont presque rattachées au continent (Key Biscayne et Virginia Key), puis les Upper keys, les Middle Keys, les Lower Keys dont fait partie Key West. Ce sont 257 km à parcourir depuis Miami downtown jusqu’à Key West sur une route, parfois une autoroute (l’Overseas Highway) semblant survoler la mer…Sur la route, on traverse des zones de marina, de camping, ou de ‘rien’… La mangrove a envahit certaines zones dans la partie la plus proche du continent et restreint la vue sur la mer de chaque côté. Certains ponts sont des prouesses techniques, en témoigne le « 7-Miles bridge ». Les agglomérations traversées sont entièrement dédiées au tourisme, boating et pêche au gros : Key Largo, Islamorada, Marathon, mais le ‘must’ reste Key Largo, le dernière à pouvoir être atteinte par route. D’autres îlots comme les Dry Tortugas ne sont reliées que par la voie maritime… Au nord de Bahia Honda, les îles du Backcountry sont préservées de toute habitation et sont visitables à qui possède un bateau.

Le climat tropical des Keys assure un ensoleillement maximal toute l’année, mais les mois d’août et septembre peuvent réserver la surprise de voir un ouragan, un cyclone se lever et tout balayer sur la terre. Il convient donc de surveiller les alertes météo durant cette période au risque de devoir être évacué en urgence… A noter au plan pratique, que la route n’est pas – loin s’en faut – une quatre voies sur tout le trajet. Il en résulte des embouteillages monstres les weekends, jours fériés et durant les périodes de vacances. De même, il est très prudent et conseillé de réserver un hébergement à l’avance, car les possibilités ne sont pas illimitées.

Bien qu’il n’y ai vécu que quelques années, le personnage emblématique de Key West est Ernest Hemingway. Il s’y installe, avec sa seconde épouse Pauline Pfeiffer en 1928, mais ayant mis en scène sa vie privée, il finit par étouffer. En 1931, Pauline donne un troisième fils à son mari, Gregory. Quand L’adieu aux armes paraît, 80 000 exemplaires s’écoulent en quelques mois. Hemingway devient une célébrité, les journaux s’arrachent ses nouvelles, Hollywood achète les droits et l’argent coule à flots. Il entreprend la tournée des bars, adopte une armée de chats (presque tous polydactyles et qui reposent toujours dans le cimetière de son jardin), s’offre un bateau pour pêcher au gros dans la mer des Caraïbes. Il a le temps de faire creuser une piscine, la fait remplir d’eau de mer et déclare à Pauline qu’il ne lui reste qu’un penny. Mais grand voyageur, il ne tenait guère en place et la pêche en haute mer ne lui suffit plus. Il fuit à Cuba en 1939 où il s’installera jusqu’en 1960. Il ne reviendra en Floride que très occasionnellement jusqu’à son suicide en 1961. Sa maison au 907 de la rue Whitehead est devenu un incontournable pour les afficionados de l’écrivain, dont les frasques, les coups de gueule, les coups d’éclat sont célèbres.

Ecrits à Key West : « Mort dans l’après midi », « Pour qui sonne le glas », « Les Neiges du Kilimandjaro »
https://www.hemingwayhome.com/

La transition semble être faite par Hemingway lui même avec l’île voisine de Cuba … cette borne symbolise la situation politique de la Floride dans le contexte de la guerre froide, que nul n’a pour l’instant réussi à réchauffer au point de permettre des relations apaisées entre les 2 pays. La Navy tient d’ailleurs en activité une base importante à Key West face à l’ennemi héréditaire…

Duval street est l’artère principale de Key West : restaurants, bars (dont le célèbre « Sloppy Joe’s » fréquenté par EH et aujourd’hui scène locale des groupes de rock et de country), boutiques à touristes multiples. Il faut apprécier cet endroit et surtout les rues adjacentes hors saison lorsque le flux touristique s’est replié sur le continent.

https://sloppyjoes.com/

La ville regorge de villas au style colonial, tropical ou victorien. Tennessee William fut un autre résident de l’île, plus assidu (mais moins tonitruant que EH) ayant résidé ici régulièrement entre séjours à l’hôtel et dans sa villa de 1941 à 1983. Il habitait au 1431 Duncan Street ; un musée rend hommage à l’auteur du « Tramway nommé Désir » au 513 de Truman avenue.

L’attraction la plus célèbre, et quotidienne de Key West est le coucher du soleil à Mallory Square Dock (cf. photo en entête de l’article). Une adresse pour résider au calme dans le confort d’une villa coloniale au milieu des palmiers : The Gardens Hotel, 526 Angela Street.

Le temps d’une bière au coucher du soleil 😉
https://www.gardenshotel.com/

On quitte Key West à regret en ayant le sentiment de laisser derrière soi un de ces « bouts du monde » où l’atmosphère transfigure les gens..

La carte à Key West…

Retour à Miami via l’US-1 !

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« Un peu à l’écart des autres régions du Sud avec son appendice plongeant dans les Caraïbes, le Floride s’est signalée depuis la guerre par son exceptionnelle croissance démographique. […] C’est une autre histoire de création : le premier jour, il y eut le soleil ; le second jour, le tourisme ; le troisième, les oranges ; le quatrième, les Latinos ; le cinquième, l’industrie ; le sixième, la banque ; le dimanche Miami se reposa en fumant un joint, puisque cette capitale du « vice » – pour paraphraser le titre d’un feuilleton télévisé à succès – est aussi devenue, dans les années 1970, celle des narcodollars ! » R. Brunet, Géographe

La Floride est née en 1513 lorsque Juan Ponce de Léon l’a explorée ; elle est devenue un territoire américain en 1821 et le 27ème Etat de l’union en 1845. Elle a 14 ports, 100 parcs d’Etat, 4 forêts nationales, plus de 2,900 km de côte dont environ 1930 km de plages. La Floride a aussi 370,000 chambres d’hôtels et 1,250 parcours de golfs, et la ville la plus peuplée est… Jacksonville (850 000 h), Miami de son côté n’a que 420 000 h mais compte environ 3,1 millions d’habitants dans son agglomération élargie.

Miami ; EAST hôtel (dans l’ascenseur sidéral)
https://www.east-miami.com/

Au palmarès des villes américaines Miami ne figure pas toujours en bonne position. Elle apparait souvent distancée par Los Angeles, New York, San Francisco, voire Atlanta ou Chicago. La faute sans doute aux arguments développés en préambule ? Et pourtant, elle ne manque pas d’arguments. Elle allie architecture, bord de mer, climat idéal, modernité et exotisme (première ville cubaine après La Havane…). Son seul vrai défaut serait d’être un peu souvent exposée aux cyclones !

L’agglomération de Miami forme une ville longue à l’image de la péninsule floridienne, de Palm Beach – Boca Raton au nord à Coconut Grove (cf. Vizacaya Gardens ci-dessous) au sud en passant par Fort Lauderdale, Miami Beach, Downtown – Little Havana, Brickell.

Sur Mac Arthur Causeway

Le coeur de Miami bat entre downtown, Brickell, Little Havana et Miami Beach sur son île réliée à la terre ferme par des ponts qui chevauchent d’autres îles privées, réservées, cloturées et fermées aux regards extérieurs. Les stars ne se réfugient pas ici sur les hauteurs comme à Pacific Palissade, Bel Air, Sunset boulevard, mais au ras des eaux sur Palm, Hibiscus ou Star Island.

Miami concentre la plus forte commaunuté latino, particulièrement cubaine et anti castriste des USA. La prise de pouvoir de Fidel Castro à Cuba en 1959 vint modifier l’équilibre de la cité. 500 000 cubains vinrent s’installer à Miami entre 1960 et 1980. Ils importèrent avec eux leur culture et leurs traditions. Le quartier de Little Havana n’a toutefois rien de commun avec la capitale cubaine au plan de l’architecture notamment…

Une adresse de référence…

Dans les années 20, Miami vécut une période d’expansion intense. George Merrick le légendaire promoteur immobilier créa la ville de Coral Gables. Carl Fisher commença la construction d’hôtels de luxe, de terrains de golf et de polo. En 1926, un ouragan vint cependant détruire toutes les constructions qui venaient à peine d’être achevées. La promotion immobilière repartit de plus belle en 1935, des hôtels et immeubles d’habitations furent édifiés pour constituer le célèbre « quartier Art Déco ».

Miami, c’est aussi une plage longue, immense, large, ponctuée de postes d’observation pour surveillants de baignade et de kiosques de boissons, sandwiches.

Pendant la Seconde Guerre l’armée occupa littéralement la ville, si bien qu’a la fin de la guerre un grand nombre de militaires vinrent s’y installer . Le développement de Miami continua de plus belle, de superbes hôtels furent construits tels que le Fontainebleau ou l’Eden Roc.

Le Street-Art complète singulièrement l’architecture art déco de Miami Beach et la palette des couleurs des constructions de plage. Pour découvrir de vrais talents, il faut se rendre dans le quartier de Wynwood.

http://www.thewynwoodwalls.com/

La Villa Vizcaya ou le Musée et les Jardins Vizcaya édifié par James Deering est un édifice construit dans le style d’une villa nord italienne du XVIᵉ siècle. Il est localisé à Coconut Grove et procure une agréable promenade dans un univers rafraichissant, mais totalement rococo !

Culture, Géographie

MIAMI (2017)

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