
Comme évoqué dans notre article [ « East to West » (2019) Introduction ], les premières étapes de ce « roadtrip » se superposent en partie avec celles de la Lincoln Highway ; (mais aussi avec l’I90 (Boston/Seattle) que l’on retrouvera à de nombreuses reprises, ou avec l’US 12 (Détroit /Grays Harbor), voire l’US 20 (Boston/Newport), toutes alignant plus de 4000 km). Première route transcontinentale ouverte dès 1913 aux véhicules à moteur, elle relie New York à San Francisco. Pour notre part, nous suivrons donc cet itinéraire durant nos 5 premières villes-étapes de NYC à Cedar Rapids, ensuite nous bifurquerons vers le nord de l’Iowa. Ce parcours traversera successivement les états de New York, du New Jersey, de Pennsylvanie, de l’Ohio, de l’Indiana, de l’Illinois et de l’Iowa. Abraham Lincoln, qui a donné son nom à la route, avait été la victime des guerres intestines américaines (assassiné en 1865 par un militant sudiste) est l’un des présidents américains les plus admirés pour diverses réalisations, dont les plus saillantes restent la loi du Homestead Act (revendication de la propriété privée -1862), la proclamation de l’émancipation des esclaves (1862-63, le XIIIème amendement a été voté après sa mort en Déc 65). Il fit 2 mandats dont le dernier fut interrompu par sa mort brutale une semaine à peine après la fin officielle de la guerre de Sécession. Nous avions croisé la route de cet homme illustre sur la 66 (car enterré à Springfield, Il), nous la retrouverons au Mont Rushmore et bien sûr … au quotidien sur les coupures de 5 $ !

NEW YORK city : la ville ‘martyr’ de la démesure architecturale de la pointe sud de Manhattan, de la prime aux migrants en transit à Ellis Island, du music-hall autour de Times Square, des ‘bobos avant-gardistes’ de Bowery, Tribeca et de Brooklyn, des tenues extravagantes et hallucinées, du communautarisme du Bronx, d’Harlem et de mid-town, des galeries et musées d’art de l’Upper East Side, des mafiosi « à fines rayures » de Little Italy et des joueurs de xiangqi à Chinatown et des taxis jaunes tout partout autour… notre quartier préféré de NYC reste néanmoins cet Upper West Side traversé en diagonale par Broadway, appuyé sur Central Park avec ses airs de province, ses terrasses envahissant les trottoirs, son atmosphère nonchalante entre Fairway market, Big Nicks, La Caridad 78 et Barnes & Noble…

Dimanche 8 sept 2019 : Arrivée en fin d’après midi à JFK en provenance de Paris Orly. La location d’un véhicule est prévue dès l’aéroport pour pouvoir démarrer direction le New Jersey dès le lendemain au matin. La route jusqu’à Manhattan n’a pas de secret a priori car elle n’a guère changé depuis des décennies, mais elle réserve toujours des surprises quant au volume des bouchons des retours du weekend… Donc partis allègrement vers Van Wyck Expressway et passés Flushing Meadows, il nous faudra bifurquer sous la contrainte d’un trafic bloqué vers Jackson Heights, Woodside, Long Island city (25.A) pour arriver au tunnel de Queens – Midtown et déboucher au milieu de Manhattan à hauteur de la 37° rue. Droite toute, 5 blocs, puis à gauche dans la 42° pour croiser la 5°, la 7°, passer au pied du Chrysler Building, voir défiler Grand Central, Bryant Park, Madame Tussaud au milieu des néons de Times Square. Droite encore à l’orée de la route qui longe l’Hudson jusqu’à la sortie menant tout droit vers la 79°. Une première immersion dans ce trafic devenu soudain fluide et toujours agréable à suivre, tant la mécanique semble adaptée à ces rues larges à sens unique, où la seule préoccupation est d’anticiper un virage. Notre hôtel est situé dans ce quartier qui nous est devenu cher au fil des visites à NYC, l’Upper West Side avec sa dimension de quartier à taille humaine…Point de très hauts buildings par ici, entre le fleuve et Central Park, un intérêt touristique mineur (sinon à la rigueur pour son Beacon Theatre et son musée d’histoire naturelle, sans omettre une halte au pied du Dakota building et avoir une énième pensée pour John & Yoko), mais en contrepartie une vie de village avec ses bars, ses restaurants (certains ont néanmoins disparu récemment – signe des temps sans doute remplacés par des boutiques de mode ? mais Big Nicks, Viand, Fred’s, La Caridad 78, Nice Matin et tant d’autres sont présents autour et sur Amsterdam avenue), ses magasins d’alimentation aux horaires élastiques (Fairway Mkt, Citarella, Zabar’s). Arrivée tout en douceur devant l’hôtel Lucerne, un lieu quasi historique (le bâtiment datant de 1904, actuellement en profonds travaux de rénovation de la façade). Le service et les chambres sont à l’image de la ville : efficace et d’un kitsch désuet, mais l’immersion dans l’univers new-yorkais n’en est que plus rapide. La literie est moelleuse, cela ne fait aucun doute… mais l’ensemble est quelque part un peu suranné. https://www.thelucernehotel.com/fr . (*) Côté restauration, un solide repas dans un vrai « diner » de Broadway, au Viand Cafe à côté du ‘Beacon theater’, où l’atmosphère et les plats oscillent entre Grèce (le patron) et le Mexique (les employés)… La décoration ne crée par un choc assurément, mais la nourriture est solide et copieuse. A cette heure tardive, c’est une bonne option donc à prix modeste pour NYC, tout ou presque y est disponible : http://viandcafenyc.com/food-delivery-TW/viand-cafe-new-york-city.1953.r?QueryStringValue=FeYlzsiZczzMUeTzb5dWJQ== (*) Au retour à NYC (voir la 2sde partie du blog), changement radical pour loger à Chinatown. Le quartier est à proximité directe du siège du gouvernement de la ville de New York, ‘NY City Hall’ (dont le maire actuel subit à juste titre une volée de bois vert de la part des New-Yorkais quant à sa gestion… New York est sale, infestée de sans abris agressifs, et le retour d’une réelle insécurité a été notée ces derniers mois…). L’intérêt de cette localisation est de rayonner sur le sud et le milieu de Manhattan de Little Italy (dont le caractère authentique a cédé le pas devant l’afflux de touristes dans les pizzerias ; à éviter) à Tribeca, Soho, Greenwich et Chelsea, les quartiers ‘boboisant’ en remontant vers l’Hudson. Au coeur de Chinatown, on trouve quelques bonnes adresses : 1 hôtel qui a des chambres avec vue (c’est rare à NY), le ‘Mulberry’ au 52 de la rue éponyme, https://www.hotelmulberry.com, 1 cantine chinoise le ‘Wo Hop’ au 15 & 17 Mott St. (une rue célèbre à l’époque des Incorruptibles), 1 restaurant italien dissimulé derrière une façade terne et sans fard, le Forlini’s situé juste à l’écart du périmètre italien 93, Baxter St.

LANCASTER : au carrefour des communautés Mennonite et Amish, au pays des calèches et des chapeaux noirs, au cœur du Dutch County…un pays somme toute assez curieux avec ses personnages habillés en blanc et noir, chapeaux à larges bords vissés sur la tête pour les hommes, coiffes blanches pour les femmes… un monde à part, comme à l’écart du temps. Des regards de défiance comme un ultime geste de préservation de la communauté… La ville au milieu des champs fait figure de petite agglomération tranquille (60 000 hab.) à la vie rythmée par le cliquetis des roues de calèche sur les pavés… A quelques encablures de Lancaster, il ne faut pas manquer le « Red Caboose Motel », créé par un original dont l’Amérique recèle de nombreux spécimen, M. Donald M. Denlinger, qui a racheté 19 wagons ‘N-5 Caboose’ lors d’une vente aux enchères des chemins de fer de Pennsylvanie pour les transformer en chambre de motel … sur roues, mais désespérément sédentaires.

Lundi 9 septembre 2019 : Départ tranquille après un petit déjeuner sur Amsterdam avenue .. à l’Amsterdam Cafe qui fait à la fois bar, épicerie, restaurant… « cheap & convenient for all »… Quitter Manhattan est aussi simple que d’y entrer, mais cette fois par le Lincoln tunnel côté nord vers le New Jersey… La traversée commence par des zones industrielles et franchit quelques anciens ponts métalliques dans la zone de Newark avant de rejoindre l’I 95, puis I 276/76 au nord de Philadelphie. Bird-in-hand dépassé, l’hôtel du jour nous tend les bras à une intersection avant le centre de Lancaster (‘Fulton Steamboat Inn’, une incongruité de voir un steamer au milieu des champs, mais semble-t-il le destin de Robert Fulton, un industriel né à quelques encablures et ayant fait sa renommée dans le transport fluvial expliquerait tout .. https://fultonsteamboatinn.com/ ). Le ‘Dutch county’ est une terre qui nous intrigue toujours un peu avec la présence de ces colons venus de Bavière et alentours et qui visiblement n’ont guère modifié leurs habitudes de vie depuis le 18° siècle. Les attelages tirant des calèches d’où dépassent chapeaux plats noirs et barbes drues ont fait la réputation de ces routes entre vallons et collines. Tout y est parfaitement soigné dans un paysage bucolique avec des fermes rutilantes nichées dans les escarpements. On y croise aussi ces femmes en voiture hippomobile allant « à la ville » dans leur jupes longues et bonnets à volants toutes empruntées par cette timidité reconnaissable entre mille. D’antiques engins agricoles tirés par des chevaux comme aux belles heures de l’agriculture d’avant guerre (celle de 1914 s’entend !). De facto, ces Amish et Memmonites sont à l’écart du monde et souhaiteraient y rester. (Nous rencontrerons plus tard des Hutterites du côté du Montana ; à peine dissemblables mais mieux ancrés dans la modernité). On contemple donc ici dans ces collines parfaitement dessinées et sur des petites routes sinueuses l’immobilisme séculaire à 160 miles seulement de la ville « qui ne dort jamais ».

PITTSBURGH : la ville de l’acier, florissante au XIX° siècle, elle connait le déclin des grandes cités industrielle au cours des années 1970 / 1980. Elle y perd 1/3 de ses habitants … et se regénère lentement à la confluence de ses deux rivières : Monongahela et Allegheny. L’intérêt premier réside dans sa vie culturelle riche de son mécène Andrew Carnegie et de l’enfant du pays, Andy Warhol. « To be seen » : https://carnegiemuseums.org/ ; et surtout https://www.warhol.org/

Mardi 10 septembre 2019 : Petit déjeuner « on the road » à 150 m de distance de l’hôtel au Waffle House, l’une de ces inénarrables chaines de fast food (Denny’s, Ihop, Golden Corral, Wendy’s, Craker Barrel, Starbucks…) qui jalonnent routes et sorties d’autoroutes pour le petit déjeuner et bien plus. Stéréotype parfait de l’univers américain : banquettes, serveuses et serveurs avec des uniformes parfois hérités d’Hollywood (référence à Pulp Fiction… à moins que ce ne soit l’inverse). Elles et ils sont incompréhensibles au premier abord prononçant à toute vitesse un « charabia typique de leur profession », mais auquel nous restons souvent hermétiques. C’est parti pour un café allongé (trop), du sucre à tous les niveaux sur les gaufres, les crêpes, pancakes arrosés de larges traînées de sirop d’érable, l’addition est vite déposée avant même d’avaler la dernière bouchée…La route à venir vers Pittsburgh est agréable, verte et bien éloignée des clichés industriels de la région, serpentant à travers bois et collines jusqu’à atteindre les faubourgs de l’ancien centre sidérurgique. Entourée de collines (dont certaines faites de charbon, le fameux « Pittsburgh seam »), cette cité est lovée au creux d’une vallée où coulent et se mélangent les rivières Monongahela et Allegheny. La trace des migrations de l’est européen est repérée de loin par les dômes de l’église orthodoxe de St Mary. Depuis Emerald View Park, la vue embrasse toute la ville. Nous avons établi notre campement d’un soir dans le quartier de Greentree orienté au sud ouest vers la route du départ pour le lendemain pour éviter les fastidieux et récurrents encombrements du centre ville. Rien de très original dans ce Hampton Inn, sinon son coté pratique : Id, carte de crédit pour l’enregistrement, clés magnétiques, espace « laundry », machine à glaçons, cookies « party » à 19h, facture glissée sous la porte dès potron-minet & pt déjeuner libre service avant de partir. Avant de dîner dans le même quartier qui possède tous les attributs nécessaires (ce soir là dans une brasserie sans signe distinctif à l’extérieur autre que son parking, dotée de 2 salles et d’un bar où règnent une pénombre qui nécessiterait une lampe de poche pour déchiffrer le menu..mais qui sert in fine une cuisine plutôt au dessus de la moyenne – l’Aracri Greentree Inn http://www.aracrisgreentreeinn.com), la visite du centre ville s’impose avec de jolis ponts à câbles peints en jaune sur fond de Skyline et son musée consacré au génie local, A. Warhol. Inutile de sortir du périmètre signalé comme étant Downtown, autour il n’y a rien. Mais notre curiosité est satisfaite pleinement le lendemain matin en parcourant ‘Grandview Avenue’ aux premières lueurs du matin..


FORT WAYNE : que dire de Fort Wayne – Indiana – sinon que la cité n’a rien à voir avec les westerns, pas le moindre cowboy par ici, encore moins de relation directe avec John Wayne, et que si il y a bien un fort ici on le doit à un certain Jean-Baptiste Bissot, Sieur de Vincennes (1704). Le fort n’avait donc aucune vocation à protéger la colonie d’une attaque indienne venue on ne sait d’où, mais plutôt pour sécuriser un commerce de fourrures contre les appétits anglais qui tentèrent de se l’approprier. Le premier recensement de 1744 faisait état d’une population composée de 40 français et (d’environ) 1000 Miami (du nom de la tribu indigène qui vivait là). Pas de célébrité connue, peu de monuments emblématiques (hormis la Lincoln Tower ci-dessous, le plus haut building de l’Indiana en 1930, le théâtre Embassy – 1928 et quelques églises ), on entre ici dans le Midwest agricole, l’une des « Amériques profondes »… La ville de Fort Wayne faisait partie de la Rust Belt (ceinture de la rouille) synonyme de la désindustrialisation de ces états dans les années 80 ; elle s’est tournée aujourd’hui vers une économie de services.

Mercredi 11 septembre 2019 : C’est une longue étape qui s’annonce aujourd’hui pour rejoindre Fort Wayne depuis Pittsburgh en longeant le lac Erie (> 500 km) ; la route commence à prendre une tournure plus monotone après les collines de Pennsylvanie. La ville est à mi-distance entre Cleveland et Chicago. C’est un prélude aux grandes plaines du Midwest. Ce mercredi est aussi un jour anniversaire dans toute l’Amérique, drapeaux en berne, réseaux d’information en boucle sur la commémoration sinistre et … malgré tout une indifférence quasi générale à l’arrivée dans cette ville-étape loin des soubresauts du monde et de l’actualité. A Fort Wayne, on recense quelques bâtiments anciens regroupés autour de la fameuse Lincoln Tower (banques, cour de justice) qui bénéficie d’un éclairage avantageux et rougeoyant le soir venu du au mérite de son grand âge, quelques rues et avenues disposées en damier autour, et pour faire bonne mesure, une touche artistique, la municipalité ayant donné libre cours à quelques peintres de rue pour s’exprimer et égayer une cité qui serait sinon pour le moins tristounette. L’activité du soir se concentre dans un quadrilatère formé de Main St au nord, Jefferson Blvd au sud et fermé à l’ouest par Broadway et à l’est par Lafayette St. Quelques bars et restaurants font scintiller leurs néons jusqu’à pas trop tard, car la vie ici est rythmée par la rigueur. Seuls quelques fumeurs isolés et autres buveurs de bière en terrasse dénotent un peu.. Les quartiers d’habitation sont situés au nord de la rivière St Joseph ; le Downtown se vide donc de sa population à la fermeture des bureaux. Un restaurant, ‘Proximo’, https://www.proximofw.com se distingue lui de par son aspect moderne et sa terrasse agréable lors de cette soirée automnale. On ressent ici la première brise d’ouest ; en témoigne ce bison monumental peint sur le mur d’un parking… Côté hébergement : le plus pratique est de résider au plus proche d’une entrée / sortie sur l’autoroute ; le « Wyndham Garden Fort Wayne » tout au nord de la ville est une option parmi d’autres similaires à la sortie directe de l’I 69.
JOLIET : ici, on croise la célèbre route 66 (voir notre article complet sur le déroulé du parcours… ) et c’est le bonheur de retrouver ces néons, ses personnages célèbres ou pas, ses motels et restaurants à spécialités pour motards et chauffeurs épris de grands espaces , … Joliet c’est – entre autres – un pont … levant, une prison historique, un musée et un centre ville attrayant. Les « Blues Brothers » ont laissé leur empreinte sur la ville…

Jeudi 12 septembre 2019 : Etape plus courte aujourd’hui pour relier Joliet au sud de Chicago et faire l’expérience du trafic intense sur les axes du sud de la métropole des grands lacs. C’est aussi le plaisir de retrouver un endroit déjà parcouru… un souvenir de notre descente de la route 66 en 2012 et ainsi pouvoir apprécier les changements en ville : a priori, rien de nouveau côté « Historical Museum » où la conquête de l’espace côtoie toujours tranquillement l’arrivée des premiers pionniers et les vestiges de la ‘Mother Road’… un peu plus de laisser-aller, semble-t-il, au pénitencier (Old Joliet Prison) où les panneaux explicatifs, les portraits des Blues Brothers ont disparu (ce sont souvent des bénévoles qui gèrent « les bureaux de tourisme » et qui font du mieux qu’ils peuvent). Serait-ce aussi que la mémoire de cette route connaîtrait une désaffection de la part d’un plus jeune public moins sensible à l’évocation de ces périples migratoires qui tendaient vers un avenir plus radieux ? (Cf. les « Raisins de la colère« ). Difficile pour nous de rendre compte précisément de l’attrait de la Route 66 sur un seul point de chute comme Joliet. A priori, son centre parait toutefois fortement assoupi en ce début du mois de septembre : le « Rialto » trône fièrement sur N Chicago St, mais sans programmation récente affichée, le « Joliet Route 66 Diner » semble fermé, seul le « Chicago St. pub » (un vrai bistrot typiquement « country » avec ses soirées musicales), attire la clientèle des environs la plus colorée qui vient consommer quelques pintes devant un ‘bon’ match de baseball interminable en plein milieu d’après midi … Gare aux retours du soir ! La ville se situe à l’intersection de la ‘Route 66’ et de la ‘Lincoln Highway’ ce qui confère soudainement un sens particulier à notre voyage : le rappel d’une traversée heureuse en 2012 et l’espoir d’une route sereine en 2019. La profusion des signes particuliers à dénicher sur la route 66 doit être vaste, car d’une visite à l’autre on en découvre de nouveaux : peintures murales, affiches, panneaux signalétiques, etc… une vraie mine pour les amateurs… Pour dîner, le cuistot en chef du « Chicago Pub » ne nous inspirant pas plus que cela, il s’avère donc plus prudent de se rabattre sur une zone commerciale proche de notre hôtel en bordure de l’I 55 et avoir un choix plus varié ; c’est dans un véritable temple du steak que nous décrocherons le ‘seau de cacahuètes’ comme un trophée (voir ci-dessous), ceci en guise d’entrée en matière. La carte s’expose dans une vitrine réfrigérée à l’entrée où figurent le ‘US Choice Sirloin’, le ‘New York Strip’, le ‘Fort Worth Ribeye’, le ‘Bone-In Ribeye’, le ‘Porterhouse Ribeye ou encore le ‘Dallas Filet’ .. « Texas Roadhouse » est résolument une chaîne bruyante, animée, mais diablement drôle toute entière dédiée au culte du steak, cet emblème national, toute tendance ‘vegan’ étant ici considérée comme vulgairement impie 😉

CEDAR RAPIDS : qui connait Cedar Rapids, Iowa ? L’archétype de la ville fondée par des immigrants (a priori, tchèques et slovaques par ici…) qui se veut être le modèle de la cité heureuse et qui cumule les distinctions dans ce sens : http://www.cedar-rapids.org/discover_cedar_rapids/about_us/recognition_and_rankings.php Allons donc vérifier en passant si cela est vrai ! Au delà de cette réputation ambitieuse, CR reste dans l’histoire récente de l’Iowa pour avoir été dévastée en partie par des inondations en 2008, la rivière Cedar étant sortie de son lit naturel, et la ville contribue à l’essor de l’industrie agro alimentaire avec sa production de ‘corn flakes’ de la firme célèbre Quaker Oats Cny (groupe PepsiCo). Néanmoins, la culture n’est pas absente de CR, où résida le peintre Grant Wood de 1924 à 1935 et dont le http://www.crma.org/Content/Grant-Wood/Gallery.aspx présente une série de peintures entre réalisme, austérité, ruralité et naïveté (il est connu plus particulièrement pour son tableau iconique « American Gothic » exposé à Chicago Art Institute).


Vendredi 13 septembre 2019 : A chaque jour, son état et aujourd’hui c’est l’Iowa qui se découvre sous nos yeux. Le maïs devient « roi des prairies » et les champs s’étalent alors à perte de vue. Une remarque qui ne vaut toutefois pas pour une observation scientifique : jusqu’au Mississippi, aucune difficulté géographique ne vient entraver notre route, et cela a du en être de même pour les pionniers qui organisèrent leurs convois de charrettes pour aller toujours plus loin vers l’ouest. L’horizon est plan, la route est une ligne droite, jusqu’à atteindre Davenport, ou plutôt non, ….bifurquons un peu avant pour faire étape à LeClaire et franchissons le grand fleuve ! LeClaire est un gros village très résidentiel traversé par le chemin de fer qui longe le fleuve. La cité est avant tout réputée dans tout le pays pour avoir vu naître William Frederick Cody alias Buffalo Bill, pas encore maître de cirque. Bien sûr, et comme toujours aux USA, un musée lui est en partie consacrée, agrémenté de tout un bric-à-brac digne d’une véritable brocante où les objets hétéroclites dépassent largement le cadre de la carrière de notre héros du jour… Pourquoi faire étape à LeClaire au delà de la personne de Bill ? (a) pour le Mississipi et les récits de Mark Twain (Les Aventures de Tom Sawyer / Les Aventures de Huckleberry Finn) ; (b) pour se rendre compte sur place de l’influence des pionniers et trappeurs franco-canadiens qui ont exploré ces régions, souvent noué des relations avec les populations natives et qui ont laissé partout la trace de leur passage souvent éclairé. Antoine LeClaire a ainsi ardemment participé à l’installation de ces nouvelles cités et contribué à leur développement (Davenport, LeClaire, Moline..) ; (c) pour se restaurer enfin lors d’un pique-nique au bord du fleuve…Au bout de la route, il y aura Cedar Rapids, une ville qui s’est développée sur le fleuve éponyme et qui se jette dans l’Iowa River avant de rejoindre le Mississippi. Le paysage reste invariablement plat, constellé de silos en aluminium comme posés tel des obus au droit des fermes et qui scintillent de loin au soleil ; les champs s’étendent toujours à l’infini sans que l’on y voit quiconque y travailler en cette saison intermédiaire…La capacité d’attraction de Cedar Rapids est telle que nous avons choisi de faire escale dans un village proche, Mount Vernon, sympathique bourgade de quelques milliers d’habitants. Accueilli d’emblée par un chaleureux « Welcome in our town » au premier carrefour, où nous quémandons une information. Comme souvent aux USA, la ville se résume à sa Main St. ou 1st Street et à 2 ou 3 perpendiculaires. Tout ou presque y est concentré et c’est là que se passe la vie sociale autour d’un verre au bar après la journée de travail, ou d’un plat au restaurant du coin. L’adresse à ne pas ignorer ici est d’ailleurs le « Palisades Cafe », sympathique restaurant familial : http://www.cafepalisades.com où l’on dégustera des plats bien élaborés. Notre auberge pour la nuit se situe quant à elle un peu à l’écart sur l’US 30. Le cœur de ville autour d’un imposant collège a la quiétude tranquille de l’Amérique rurale. 21h, il s’éteint lentement…

SIOUX FALLS : le Midwest s’étire en longueur, et cette fois du côté du Dakota du sud à la limite des états de l’Iowa et du Nebraska. Pas sûr que l’on y croise beaucoup plus d’indiens que de cowboys à Fort Wayne, mais… la présence de tribus amérindiennes semble avérée dans les environs et sur les bords de la rivière Big Sioux. On retrouve aussi la trace de la Nouvelle France dans cette région : ce sont ici aussi quelques colons français qui ont osé franchir les rapides les premiers au début du XVIII°… Amérique des traditions agricoles, le grenier à blé tient il toutes ses promesses de prospérité à l’écart des turbulences du monde ? L’attractivité de Sioux Falls réside dans son relatif isolement qui en fait un centre commercial actif.. et ses chutes sur la rivière.

Samedi 14 septembre 2019 : Passé Cedar Rapids s’engage sans doute l’une des plus longues lignes droites du voyage sur l’US 20 au cœur des épis de maïs. A droite, à gauche sous un ciel un peu encombré, ce ne sont que des champs, des silos, des champs, des silos… Passé Sioux City on prend à droite sur l’I 29 et nous sommes ravis de descendre de notre carrosse au motel « La Quinta » qui surplombe un nœud d’autoroutes (il est toujours pratique de démarrer au matin depuis un motel proche d’un entrée de motorway afin d’éviter de s’égarer dans les artères de la ville, car notre Tom-Tom a quelquefois des réveils délicats et tardifs…). Le centre ville n’est guère distant que de 4/5 km et de toute façon, il est inconcevable aux USA en 2019 de se déplacer d’un lieu à l’autre sans voiture ; quelque fois même les trottoirs ont été purement et simplement ‘oubliés’… Donc le centre ville atteint, nous sommes plongés au sens premier comme figuré dans les rapides de la « Big Sioux River ». Le site à son charme avec le rugissement de l’eau entre 2 rives où le savoir-faire américain a été mis en oeuvre pour apprivoiser le côté sauvage des chutes en faire un lieu de balade ponctué de « perches à selfies ». La rivière était canalisée pour partie afin d’alimenter un moulin à farine, le ‘Queen Bee Mill’ (1881), dont il reste quelques vestiges. La centrale hydroélectrique a été reconvertie en tour d’observation qui surplombe le site. La partie active de la ville est située à faible distance entre les 9° et 13° rues et particulièrement le long de Main ou de Phillips avenues. On est ici entré au Dakota du sud… Le restaurant « McKenzie River Pizza » sert d’avantageuses pizzas qui seront la récompense d’une journée bien remplie. La nuit au motel « La Quinta Inn » bien localisé à l’entrée / sortie de l’ I 29 permet de préparer sereinement la suite de notre trajet et de reprendre la route du Dakota, vers l’ouest, toujours vers l’ouest… A suivre sur la seconde partie de l’itinéraire : https://usaontheroad.home.blog/2019/08/10/traversee-3-east-to-west-2019-ville-par-ville-jour-apres-jour-de-sioux-falls-a-seattle
Petit addendum en forme de réflexion macroéconomique : lorsque l’on est à l’étranger, et les US n’y échappent pas actuellement compte tenu des élucubrations économiques de ‘Potus’ ; on cherche donc à comprendre la nature des échanges entre le pays visité et la France, (voire l’Europe)… On a donc trouvé 3 traces de l’influence française aux « States » .. les voici, (le Perrier en sus, et ça ne fait pas franchement rêver…😉 :
Autre constat plus sérieux sur l’état des relations entre USA & Asie cette fois (Chine, Vietnam, Indonésie, Bangla Desh…), la totalité des vêtements proposés dans les magasins US et les chaines type Walmart sont importés de ces pays, la majorité des biens d’équipements aussi sans compter ce qui vient d’Amérique Centrale en moindre quantité… De facto, si ‘Potus’ met ses menaces de taxes à exécution, il met aussi ses compatriotes devant des rayons vides… Ça parait moins sensible pour le Bourgogne et le Roquefort, qui concernent une clientèle aisée, bien que les vins français perdront alors l’avantage qu’ils ont actuellement d’être souvent vendus moins chers que les US… A suivre donc … (Les olives seront aussi concernées par la hausse des droits de Douane, donc adieu les « nicioses » de ce coté de l’Atlantique…).























































































