« Le monde est un endroit magnifique qui vaut la peine de se battre » Ernest Hemingway

Key West, un chapelet d’îles qui semble partir à la découverte de la baie de Floride jusqu’à un point inaccessible dans le Golfe du Mexique … Key West, le terminus de cette enfilade n’est plus qu’à 145 km de Cuba et par très beau temps, si la terre était plate, on verrait l’hôtel Nacional flanqué de ses 2 tours… Au total, un millier d’îles dont certaines sont presque rattachées au continent (Key Biscayne et Virginia Key), puis les Upper keys, les Middle Keys, les Lower Keys dont fait partie Key West. Ce sont 257 km à parcourir depuis Miami downtown jusqu’à Key West sur une route, parfois une autoroute (l’Overseas Highway) semblant survoler la mer…Sur la route, on traverse des zones de marina, de camping, ou de ‘rien’… La mangrove a envahit certaines zones dans la partie la plus proche du continent et restreint la vue sur la mer de chaque côté. Certains ponts sont des prouesses techniques, en témoigne le « 7-Miles bridge ». Les agglomérations traversées sont entièrement dédiées au tourisme, boating et pêche au gros : Key Largo, Islamorada, Marathon, mais le ‘must’ reste Key Largo, le dernière à pouvoir être atteinte par route. D’autres îlots comme les Dry Tortugas ne sont reliées que par la voie maritime… Au nord de Bahia Honda, les îles du Backcountry sont préservées de toute habitation et sont visitables à qui possède un bateau.

Le climat tropical des Keys assure un ensoleillement maximal toute l’année, mais les mois d’août et septembre peuvent réserver la surprise de voir un ouragan, un cyclone se lever et tout balayer sur la terre. Il convient donc de surveiller les alertes météo durant cette période au risque de devoir être évacué en urgence… A noter au plan pratique, que la route n’est pas – loin s’en faut – une quatre voies sur tout le trajet. Il en résulte des embouteillages monstres les weekends, jours fériés et durant les périodes de vacances. De même, il est très prudent et conseillé de réserver un hébergement à l’avance, car les possibilités ne sont pas illimitées.

Bien qu’il n’y ai vécu que quelques années, le personnage emblématique de Key West est Ernest Hemingway. Il s’y installe, avec sa seconde épouse Pauline Pfeiffer en 1928, mais ayant mis en scène sa vie privée, il finit par étouffer. En 1931, Pauline donne un troisième fils à son mari, Gregory. Quand L’adieu aux armes paraît, 80 000 exemplaires s’écoulent en quelques mois. Hemingway devient une célébrité, les journaux s’arrachent ses nouvelles, Hollywood achète les droits et l’argent coule à flots. Il entreprend la tournée des bars, adopte une armée de chats (presque tous polydactyles et qui reposent toujours dans le cimetière de son jardin), s’offre un bateau pour pêcher au gros dans la mer des Caraïbes. Il a le temps de faire creuser une piscine, la fait remplir d’eau de mer et déclare à Pauline qu’il ne lui reste qu’un penny. Mais grand voyageur, il ne tenait guère en place et la pêche en haute mer ne lui suffit plus. Il fuit à Cuba en 1939 où il s’installera jusqu’en 1960. Il ne reviendra en Floride que très occasionnellement jusqu’à son suicide en 1961. Sa maison au 907 de la rue Whitehead est devenu un incontournable pour les afficionados de l’écrivain, dont les frasques, les coups de gueule, les coups d’éclat sont célèbres.

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La transition semble être faite par Hemingway lui même avec l’île voisine de Cuba … cette borne symbolise la situation politique de la Floride dans le contexte de la guerre froide, que nul n’a pour l’instant réussi à réchauffer au point de permettre des relations apaisées entre les 2 pays. La Navy tient d’ailleurs en activité une base importante à Key West face à l’ennemi héréditaire…

Duval street est l’artère principale de Key West : restaurants, bars (dont le célèbre « Sloppy Joe’s » fréquenté par EH et aujourd’hui scène locale des groupes de rock et de country), boutiques à touristes multiples. Il faut apprécier cet endroit et surtout les rues adjacentes hors saison lorsque le flux touristique s’est replié sur le continent.

La ville regorge de villas au style colonial, tropical ou victorien. Tennessee William fut un autre résident de l’île, plus assidu (mais moins tonitruant que EH) ayant résidé ici régulièrement entre séjours à l’hôtel et dans sa villa de 1941 à 1983. Il habitait au 1431 Duncan Street ; un musée rend hommage à l’auteur du « Tramway nommé Désir » au 513 de Truman avenue.
L’attraction la plus célèbre, et quotidienne de Key West est le coucher du soleil à Mallory Square Dock (cf. photo en entête de l’article). Une adresse pour résider au calme dans le confort d’une villa coloniale au milieu des palmiers : The Gardens Hotel, 526 Angela Street.


On quitte Key West à regret en ayant le sentiment de laisser derrière soi un de ces « bouts du monde » où l’atmosphère transfigure les gens..

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